AVANT-PROPOS. %V
II est fait menlion du lostanient de Pascal dans sa Vie, par madame Perier. C'est à l'aide de cette indication que nous avons essayé de découvrir ce document précieux. Malheureusement les recherches faites II ce sujet parmi les minutes du
« vif qu'il y ait dans la ville. Elle était aimée par tout ce qu'il y avait de « beaux-esprits. M. Pascal, qui s'est depuis acquis tant de réputation, « et un^autre savant étaient continuellement auprès de celte belle saie vante. » Nous ne parlerions pas de ce passage des Mémoires de Fléchier, si M. Cousin n'en eût tiré des conséquences arbitraires et exagérées. On n'a pas oublié qu'il publia dans la Revue des Deux Mondes du -lo^septembrc 1842, le Discours de Pascal sur les passions de l'amour. Mais avant d'arriver à ces pages sereines et chastes du grand penseur, il fallait traverser un commentaire étrange, sorte de vestibule rempli de poussière et de bruit. En publiant à notre tour le Discours de Pascal (a), nous fîmes remarquer (c'était notre devoir d'éditeur) que M. Cousin avait entièrement méconnu le caractère de cet écrit : Pascal, l'homme de la pensée pure, ce génie tout spiritualiste, se trouvait transformé en une sorte de petit maître épicurien et donnant, avec plus de délicatesse qu'Ovide il est vrai, des préceptes de galanterie. Telle fut l'illusion produite par ce malencontreux commentaire que des personnes du goût le plus judicieux et fort capables assurément de reconnaître le slyle unique de Pascal, refusèrent de lui attribuer le Discours sur les passions de l'amour.
Quoi qu'il en soit, M. Cousin, réimprimant de nouveau ce discours (&), l'accompagne d'une note dans laquelle il s'empare triomphalement du passage de Fléchier. « Si à Clermont, dit-il, iPascal a « pu être sensible à l'esprit et à la beauté, quelle merveille qu'il l'ait « été, et bien plus sérieusement à Paris, dans les cercles brillants « qu'il fréquentait?»
Non, il n'y a aucune merveille en cela. Il est tout naturel que Pascal ait été, et plus qu'un autre peut-être, sensible à l'esprit et à la beauté; et, pour le croire et l'affirmer, il ne fallait pas même avoir lu le Discours sur les passions de l'amour. Loin d'être incompatible
(a) T. î«' de notre édition des Pensées, p. i05.
(b) A la suite du Rapport sur la nécessité d'une nouvelle édition des Pensées; ouvrage dans lequel l'auteur vient d'introduire plusieurs cartons et quelques ^ddilions.