AVANT-PROPOS. XX
à ses exemples et à sa mémoire. On ne lii pas sans en être touché le témoignage que leur rend Marguerite Perier dans ces simples paroles : « Voilà quelle a été la vie de toutes les personnes (( de ma famille. Je suis restée seule... Je dois « dire comme Simon Machabée, le dernier de tous (( ses frères : Tous mes parents et tous mes frères (( sont morts dans le service de Dieu et dans l'art mour de la vérité. Je suis restée seule. A Dieu « ne plaise que je pense jamais à y manquer ! » Ce zèle, il est vrai, ne fut pas toujours aussi éclairé qu'il était fidèle et fervent. Plus d'une fois ils exagérèrent les maximes et les pratiques de la religion au delà des bornes raisonnables, et oublièrent que la destinée de l'homme icibas est d'unir la vie d'action à la vie de contemplation, que la conduite d'une âme vraiment chrétienne ne consiste pas à sacrifier l'une à l'autre, mais à les régler l'une par l'autre, et à les unir dans cette juste proportion dont la recherche est celle de la perfection même. Mais toutes les passions, celles même dont la source est la plus pure, ont leurs inévitables excès; et il vaut mieux respecter les exagérations de la vertu que prendre le soin facile de les relever et se donner le vain plaisir d'en triompher. D'ordinaire ce n'est pas du côté du ciel que les cœurs des hommes inclinent le plus, et ce n'est point là que la morale est le plus en péril. Et puis n'est-il