‹ Lettres, opuscules et mémoires de Madame Périer et de Jacqueline, soeurs de Pascal, et de Marguerite Perier, sa nièceChapitre 22 sur 97 · LETTRE DE MADEMOISELLE GILBERTE PASCAL A M. PASCAL, SON PÈRE · texte numérisé non relu

LETTRE DE MADEMOISELLE GILBERTE PASCAL A M. PASCAL, SON PÈRE

Monsieur mon père,

Je me réjouis de ce que toutes les fois que j'ai le bien de vous écrire, je suis contrainte de vous dire toujours la même chose, qui est le bon état auquel est, grâces à Dieu, toute la maison qui n'a pour le présent d'autre envie que celle d'avoir l'honneur de vous voir. En attendant quoi nous n'avons point d'autre consolation que l'espérance d'avoir bientôt de vos nouvelles. Je vous conjure au nom de tous de nous en envoyer le plus souvent que vous pourrez. Cependant je vous dirai que depuis mon mal d'œil la première sortie que j'ai faite c'a été chez madame la connétable où madame de Morangis me mena avant hier et me fit toutes les offres imaginables d'assistance, comme elle a accoutumé, me témoignant le ressentiment qu'elle avait de l'accident de ma sœur ^. Elle me dit aussi que la reine lui en avait demandé des nouvelles et qu'elle avait témoigné d'être touchée de ce que ce malheur lui était arrivé. Je lui demandai s'il

» 1er Recueil MS du P. Guerrier. Pag. cccxxxix.

' La petite vérole dont Jacqueline venait d'être atteinte.

était vrai ce que Ton m'avait dit que la reine était grosse. Elle me dit que non et que la reine devait arriver en cette ville cette semaine, et que la première fois qu'elle irait au Louvre elle m^ mènerait et chez Mademoiselle. M. de Morangis aussi me demanda de vos nouvelles; à mon grand regret, je ne lui en pus dire de bien certaines.

En attendant lesquelles je demeure,

Monsieur mon père,

Votre très-humble et très-obéissante servante et fille,

G. Pascal.

A Paris, ce 3 décembre 1658.

A M. Pascal, président en la cour des aides de Clermont-Ferrnnd, à Clermont.

Il y a quelque temps que nous fîmes voir à M. Arnauld la solution que M. Gommiers avait donnée à tous vos problèmes. Il la comprit fort bien et la réduisit en chiffres pour les premiers problèmes qui se trouvèrent conformes à vos solutions. Il n'eut pas le loisir alors d'en chercher la démonstration ; mais il en

* Ille Recueil MS du P. Guerrier, pag. 52.

Ce billet qui n'est pas daté semble adressé à Pascal par une de ses sœurs, et on peut TaUribuer indifféremment soit à madame Perler, soit à Jacqueline,

Su MADAME P£RIER.

parla à un jeune homme qui demeure dans la même maison que M. de Roannez, qui a beaucoup d'ouverture pour la géométrie. Je ne sais si vous l'avez connu, il s'appelle M. le marquis de Sainte-Mesme. M. Arnauld lui proposa donc cette solution générale de M. de Gommiers sans faire de figure, et il lui en envoya le lendemain cette démonslratton générale qui est la même que celle que vous avez envoyée. M. Arnauld la trouve très-belle, etc.

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