LETTRE DE LA MÊME A M. TARTIÈRB , SEIGNEUR DE LA SERVE
Vous êtes si obligeant, monsieur, qu'on a recours à vous dans toutes les occasions. En voici une qui me touche sensiblement, et où je vous demande très-humblement votre secours. M. Audigier a eu la pensée de faire imprimer un petit mémoire que j'ai fait, il y a vingt
me donner dans son amitié, je ne pourrais me dispenser en cette rencontre de TOUS faire connaître, monsieur, que le fait de sa prétendue rétractation est une calomnie la moins vraisemblable à tous ceux qui ont connu M. Pascal et la plus fausse, en effet, qui ait jamais été pensée. Et aussi le malentendu qui en fut la cause s'est expliqué par la rétractation de la personne qui avait donné sujet à ce bruit, de la manière que madame Perier vous l'expliquera par sa lettre; et je dois ajouter à son témoignage et a son récit que personne au monde n'a jamais mieux su que moi les sentiments de M. Pascal sur ce sujet et pendant sa maladie et à sa mort , et je puis, monsieur, vous assurer par ma connaissance, de la vérité de cette histoire dont je ne répète pas le récit que vous en fait madame Perier. Ainsi, monsieur, je m'assure avec elle et sa famille et tous les amis de M. Pascal, et pour l'estime que vous avez de son mérite, que vous laisserez à madame Perier le droit naturel du sort de la pièce qui est tombée entre vos mains, et qu'au lieu de l'obligation du bon offlce que vous pensiez rendre, on vous aura celle de n'en pas rendre un très-mauvais et à la mémoire de M, Pascal et à la mémoire de madame sa sœur. En voilà trop pour vous recommander une demande aussi juste, et où vous êtes sans autre intérêt que d'obliger les personnes qui vous prient de le faire d'une autre manière. Je profite de cette occasion pour vous assurer de mon respect et de mon attachement à votre service, et je vous demande la grâce d'en assurer aussi mademoiselle Audigier et, si j'ose aussi, M. et madame Tartière. Je suis de tout mon cœur, monsieur, etc.,
« DOHÂT.
« A Clermont, ce i5 janvier 1682. »
Copié sur l'original. ( Note du P. Guerrier. )
* l" Recueil MS, du P. Guerrier, pag. lvii.
\ 10 MADAME PERIËR.
ans, de quelques particularilés de la vie de mon frère, et d'y joindre une préface où il veul insérer des choses Irès-fausses cl qui sont contre l'honneur de mon frère. Ce sont des co'omnies qui courent depuis longtemps et dont sans doute vous avez oui parler. Vous jugez bien, monsieur, que je ne puis pas le souffrir ; ainsi je serais obligée d'agir contre lui par toutes les voies possibles pour l'empêcher. C'est une personne pour laquelle j'ai toujours eu beaucoup de considération et un attachement particulier pourtoute sa famille. J'aurais un trèsgrand déplaisir d'en venir là ; c'est pourquoi, monsieur, je prends la liberté de m'adresser à vous pour vous supplier instamment d'aller au-devant d'une chose qui aurait des suites fâcheuses. J'ai un privilège que je ferais assurément bien valoir. Je connais votre prudence ; ainsi j'attends tout de vous. Vous rendrez service par là à M. Audigier et vous vous acquérerez sur moi une obligation très-étroite ; je la joindrai à tant d'autres dont je vous suis redevable. J'attends la fin de mes affaires pour vous en témoigner tout à la fois mes ressentiments et ma très-humble reconnaissance ; mais ce ne sont que des paroles que je vous supplie de regarder comme très-sincères, et de me faire la grâce de croire qu'on ne peut pas être plus parfaitement et avec plus de respect que je suis, monsieur, votre, etc.
G. Pascal.
Avec votre permission, j'assurerai ici mademoiselle voire sœur de mon très-humble service.
Copié sur roriyinal. ^Note du P. Guerrier. )