‹ Lettres, opuscules et mémoires de Madame Périer et de Jacqueline, soeurs de Pascal, et de Marguerite Perier, sa nièceChapitre 32 sur 97 · STANCES ACROSTICHES · texte numérisé non relu

STANCES ACROSTICHES

(Avril 1658.)

Poétiques pensers qui ranimez ma veine,

Ha ! vous me surmontez ; hélas ! je n'en puis plus.

Je m'abandonne à vous, ma résistance est vaine. Les soins que vous prenez ne sont point superflus. Bons dieux, d'où me naît (donc) cette insolente envie ; Et quoi ! puis-je... * à mal louer Silvie?

Retirez-vous, pensers;... non : vous m'avez charmée; Tout obstacle, aisément, je pourrai surmonter, Enfin' vous me rendez tout à fait enflammée Du dessein que j'ai pris de vous bien contenter. Et pour mieux satisfaire, à notre belle envie, Mon esprit se dispose à bien louer Silvie.

0 desseins trop hardis, qui transportez mon âme,

Ne troublez plus, de grâce, un esprit abattu.

Tous mes efforts sont vains, et quoiqu'ils soient de flamme

Ils me semblent trop bas pour sa haute vertu.

Ne m'inspirez donc plus une trop haute envie !

Je puis bien adorer, mais non louer Silvie.

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