‹ Lettres, opuscules et mémoires de Madame Périer et de Jacqueline, soeurs de Pascal, et de Marguerite Perier, sa nièceChapitre 38 sur 97 · A MADAME DE MORANGIS · texte numérisé non relu

A MADAME DE MORANGIS

SONNET

I Juillet 1638.)

Pour bien peindre Philis, vrai miracle des cieux J Ses divines vertus qui n'ont point de pareilles, Les appas de son corps, qui captivent nos yeux, Et ceux de son esprit qui charment nos oreilles,

Je dirais que son œil. toujours victorieux, Fait que tous les mortels lui consacrent leurs veilles , Que ses attraits sont tels qu'ils captivent les dieux, Et les font étonner de leurs propres merveilles.

Mais pour bien exprimer ses rares qualités, Ma peinture n'a pas d'assez grandes beautés ; Toujours de mes couleurs quelqu'une est mal plaisante.

Quittons donc ce dessein plein de témérité, Car je ressens pour peindre une divinité Mon pinceau trop grossier et ma main trop pesante.

DIXAIN.

{ Juillet \6^S.)

Claris, ne soyez pas cruelle A l'égal que vous êtes belle :

» Edit. V. C. : « Fasse conx-ci... " — Ce qui est un non-sens.

PO KSI ES. ^25

Et nourrissez dedans l'espoir

Ce bel amant qui chez SiWie,

S'en vient se redonner la vie

Dans le bonheur de vous y voir.

Belle Claris soyez contente,

Puisque nous voyons que son feu, L'espoir et le désir d'être un jour son neveu Firent d'un même accord qu'il l'appela sa tante.

STANCES

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