‹ Lettres, opuscules et mémoires de Madame Périer et de Jacqueline, soeurs de Pascal, et de Marguerite Perier, sa nièceChapitre 40 sur 97 · SUR LE MÊME SUJET · texte numérisé non relu

SUR LE MÊME SUJET

Père de ce grand univers,

Si l'ardeur de faire des vers, Par des puissants ressorts tient mon âme enchantée,

J'avoue humblement devant tous

Que je tiens cette ardeur de vous ; De vous, dis-je, ô grand Dieu ! sans l'avoir méritée.

Oui, je tiens de votre bonté

Ce beau don si fort souhaité Par les ardents désirs de tant de belles âmes ;

Et par un secret jugement,

Mon jeune et faible entendement Est par vous éclairé de ces divines flammes.

Seigneur, un cœur méconnaissant * Ne peut pas paraître innocent A votre sainte face. Est-il donc pas bien juste

• Edit. V,C,: « Un cœur reconnaissant... « — Ce qui forme un contre-sens.

Qu'éprise d'un divin brandon, J'use de votre même don Pour rendre complimenta votre nom auguste?

Gomme les torrents, les ruisseaux,

Les fleuves et toutes les eaux Retournent en la mer, lieu de leur origine,

Ainsi, grand Dieu! mes petits vers.

Sans souci de tout l'univers, Retourneront à vous, vous leur source divine *.

(Août 1638.)

STANCES

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