‹ Lettres, opuscules et mémoires de Madame Périer et de Jacqueline, soeurs de Pascal, et de Marguerite Perier, sa nièceChapitre 41 sur 97 · P©UR REMERCIER DIEU, AU SORTIR DE LA PETITE VÉROLE · texte numérisé non relu

P©UR REMERCIER DIEU, AU SORTIR DE LA PETITE VÉROLE

Moteur de ce grand univers, Inspirez-moi de puissants vers ; Envoyez-moi la voix des anges.

Non pas pour louer les mortels, Mais pour entonner vos louanges Et vous remercier au pied de vos autels.

Votre souveraine bonté, Du haut du ciel, a visité Le plus chétif ver de la terre, Et garanti du coup fatal Un corps plus fragile que verre, Parmi tous les excès d'un incroyable mal.

Ainsi l'on voit qu'en vérité, Grand Dieu ! votre bénignité S'est montrée en moi bien extrême,

» Edit. F, C. : « ,., vers leur source...

Me garantissant d'un péril Où, sans votre bonté suprême, Mes ans allaient finir dans leur plus bel avril.

Oh ! que mon cœur se sent heureux , Quand au miroir je vois les creux Et les marques de ma vérole :

Je les prends pour sacrés témoins, Suivant votre sainte parole.

Que je ne suis de ceux que vous aimez le moins :

Je les prends, dis-je, ô souverain !

Pour un cachet dont votre main Voulut marquer mon innocence ; Et cette consolation Me fait avoir la connaissance Qu'il ne faut s'affliger de cette affliction.

Mais, grand Dieu ! mon travail est vam ; Il faut un esprit plus qu'humain Pour bien raconter vos merveilles ; Et ce grand excès de bonté, Charmant les yeux et les oreilles, Excède mon pouvoir et non ma volonté.

(Novembre 1638.;»

A MOiNSElGiNELK L'ÉMINENTISSIME CAKDllNAL DUC DE lUCHELlELl.

ÉPIGRAMME

Je me plaignais du sort, ô duc incomparable ! Qui semblait interdire à mes yeux de vous voir, Et pour rendre mon sort doublement misérable, M'en donnait l'espérance et non pas le pouvoir.

POl^SIES. < 29

Mais depuis Theureux jour où mon âme ravie, Dans le bien de vous voir contentant son envie, Goûta plus de plaisirs qu'on n'en peut espérer, Je bénis sa clémence avec ma destinée, Qui m'avait réservé dedans une journée Tout le bien que jamais j'eusse pu désirer.

(Mai 1639.)

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