A MADAME LA DUCHESSE D^ÉGUILLON
Toi, divin Apollon, de qui l'art admirable
Passe l'esprit humain, donne-moi ton savoir
Pour louer des vertus qu'on ne peut concevoir :
Cette duchesse enfin qu'on voit incomparable.
Mais j'ai beau t'invoquer, tu m'es inexorable,
Et m'ôtes l'espérance ainsi que le pouvoir
De jamais satisfaire à ce juste devoir
Qui ferait que mon heur n'aurait point de semblable.
Mais non, sage Apollon, je ne te blâme plus
De rendre mon travail et mes vœux superflus,
En ne m'accordant pas cette faveur extrême.
Je reconnais ma faute, et je vois à présent
Que tu n'es pas injuste en me le refusant.
Puisque c'est un pouvoir que tu n'as pas toi-même.
(Janvier 1640.)