A LA REINE
Madame, Si Ton a mis au jour quelques copies de ces petits avortons indignes de la lumière, c'a été sans aucune intention de les faire voir au public, mais parce qu'il eût été autrement trèsdifficile de satisfaire à la curiosité du trop grand nombre de personnes qui les désirent, sans autre sujet sinon que c'est l'ouvrage d'une fille qui entre ^ dans sa douzième année. Et si
' Voici les vers que Mil» de Scudéry avait adressés à Jacqueline : Mademoiselle de Scudéry à la petite Pascal.
Aimable et jeune Gassandre, Une autre de votre nom, Voulant tromper Apollon, Vit mettre sa ville en cendre.
Mais vous, sans vouloir quitter Ce dieu qui vous fait chanter,
Par tant d'ouvrages divers, Vous enflammez tout le monde Du feu qui brille en vos vers.
' Anne d'Autriche.
* Edit. V. C. : « ... qui entre encore dans..
je les offre à Votre Majesté, ce n'est ni pour leur acquérir sa protection, contre l'envie et la trop grande sévérité des critiques, car ils ne méritent ni envie, ni censure, ni protection ' ; mais pour ce qu'ils sont véritablement vôtres, ayant déjà eu l'honneur de les présenter à Votre Majesté; et qu'après Dieu, de qui nous viennent toutes les lumières, il n'y a rien qui m'ait plus puissamment animée à la poésie que le plaisir d'employer le peu d'habitude qu'il lui a plu m'y donner à publier le contentement qu'a reçu toute la France, en la bénédiction dont la divine bonté a voulu combler votre vertueuse et sacrée personne ^. Ainsi, quand je lui fais ce mauvais présent, je ne fais que lui donner ce qui lui appartient légitimement. C'est, madame, ce qui me fait espérer qu'il sera reçu de Voire Majesté avec la même douceur dont elle a daigné favoriser les originaux, et me donne l'assurance de me dire. Madame,
De Votre Majesté,
La très-humble et très-obéissante servante et sujette,
Jacqueline Pascal.
Xole du père Guerrier : « J'ai transcrit cette épîlre sur riinprimé dont le litre e.sl : Vers de la petite Pascal^ 1038, sans nom d'imprimeur. Dans ce petit in-4'', j'ai trouvé les pièces suivantes, savoir: 1° Sonnet à la reine sur le sujet de sa grossesse, présenté à S. M. — 2" Epigramme sur le mouvement que la reine a senti de son enfant, l>i-ésenté aussi h S. M. — 3° Stances à la reine, pour remercier S. M. du bon accueil qu'elle a daigné faire aux vers précédents, présentées de même a S. M. — 4"Epigramme à Mademoiselle, faite sur-le-champ par son commandement. — 5" Autre épigramme à madame d'Aulefort faite le même jour sur-le-cliamp, par le commandement aussi de Mademoiselle. — G" Stances à madame de Morangis.
« La suite manque. »
' Edit. V. C. ; « .. ils ne méritent pas ni... » = fden). : .. ... vei tueuse cl divine personne. »