Outre ce soin et ces visites générales, nouspren
droiis dos temps parliculiers pour les visiter chacune en particulier, quand il y en a plus d'une malade. Ces visites se font avec la plus grande douceur et cordialité que l'on peut, soit pour les écouter si elles ont quelque chose à nous dire, ou pour les exhorter au bien et à prendre leur mal en patience, et à l'offrir à Dieu en l'honneur et pour l'amour des souiïrances de noire seigneur Jésus-Christ; et quoiqu'il les faille traiter doucement et charitablement, il ne faut pas pourtant les eulrotcnir dans une délicatesse qui les rende difiîcilos à servir, ou de mauvaise humeur. Il faut au contraire les faire rendre à tout ce que l'on veut par motif de vertu.
9. Quand il arrive que la maladie est dangereuse, il faut prendre avis de la mère abbesse et du médecin pour l'administration des sacrements, selon leur âge et capacité, et de notre c()té redoubler tous nos soins et nos assistances spirituelles et corporelles, pour faire en sorte qu'elles soient entièrement contentes, afin de leur dégager l'esprit de l'occupation qu'elles pourraient prendre d'elles-mêmes, et qu'ainsi elles puissent s'occuper de Dieu autant que leur maladie, leur âge et leur vertu, les en rendent capables, sans trop les presser néanmoins; puisqu'au contraire nous devons avoir un soin particulier que nos entretiens ne leur soient point à charge. C'est pourquoi, quelquefois on viendra les visiter seulement pour les divertir, et selon qu'on les trouvera portées à s'entretenir de Dieu, on pourra mêler quelque parole de piété.