Aussitôt que les enfants seront guéries, on les
fera revenir avec les aulres, de peur qu'elles ne se dérèglent : ce qui est à craindre dans la jeunesse, qui ne demande le plus souvent que la liberlé. Mais quoiqu'elles soient revenues dans la chambre, on aura grand soin de les nourrir et de leur donner du repos autant qu'elles en auront besoin pour le parfait recouvrement de leur santé.
1 1 . Pour les légères incommodités qui leur surviennent, on lenr donnera tous leurs besoins, mais on ne les flattera pas trop; car il se trouve des enfants qui font quelquefois semblantd'élre malades. J'en ai vu quelques-unes de cette sorte, quoique par la grâce de Dieu, il y a longtemps que cela n'est arrivé parmi les nôtres. Mais quand cela arrive, il ne faut pas faire semblant de croire qu'elles nous veuillent tromper, mais au contraire il faut les plaindre beaucoup, et leur dire qu'il est vrai, et qu'elles sont mal, et aussitôt les mettre au lit dans une chambre à part avec une sœur qui les garde, mais qui ne leur parle point du tout, leur disant que cela leur ferait mal de leur parler et qu'il leur faut du repos. On les met un jour ou deux aux bouillons et aux œufs. Si le mal était effectif, ce régime leur est fort bon, et s'il ne l'est pas, il est sans doute que dès le lendemain elles diront qu'elles n'ont point de mal; et ainsi on les guérit de leur hypocrisie, sans leur donner occasion de murmurer; ce qui arrive quand on leur dit qu'elles n'ont pas le nu\l dont elles se plaignent, et même les expose à faire des mensonges, et à se feindre encore davantage.