‹ Lettres, opuscules et mémoires de Madame Périer et de Jacqueline, soeurs de Pascal, et de Marguerite Perier, sa nièceChapitre 95 sur 97 · EXTRAITS D UN MANUSCRIT ANONYME CONCERNANT LA VIE DE PASCAL · texte numérisé non relu

EXTRAITS D UN MANUSCRIT ANONYME CONCERNANT LA VIE DE PASCAL

M. Arnoul de Saint- Victor, curé de Cliamboursy, dit qu'il a appris de M. le prieur de Barillon, ami de madame Perier, que M. Pascal, quelques années avant sa mort, étant allé, selon sa coutume, un jour de fête, à la promenade au pont de Neuilly avec quelques-uns de ses amis dans un carrosse à quatre ou six chevaux , les deux chevaux de volée prirent le frein aux dents à l'endroit du pont où il n'y avait point de gardefou, et s'étant précipités dans l'eau, les lesses qui les attachaient au train de derrière se rompirent, en sorte que le carrosse demeura sur le bord du précipice, ce qui lit prendre la résolution à M. Pascal de rompre ses promenades et de vivre dans une entière solitude ^ [MS, anonyme

1 Le portrait de Pascal par le peintre Quesnel est aujourd'hui en la possession de M. Guerrier de Romagnat. Nous avons eu occasion de mentionner ce portrait dans l'Introduction de noire édition des Pensées, Lettres et Fragments de Pascal, p. lxxii.

2 IIP Recueil MS. du P. Guerrier, p. 291.

3 Ce passage est le seul que Ton rencontre qui soit relatif ii raccident du pont de Neuilly. Il n'y est nullement question, comme on voit, du dérangement d'esprit que Pascal en aurait éprouvé. Ce n'est que dans une lettre de l'abbé Boileau qu'il est fait mention, d'après un simple ouï-dire, d'un abîme que Pascal croyait voir à son côté (fauche.

p. GUERRIER. ^'7^

de la bibliothèque des PP. de l'oratoire de Clermont. )

M. Pascal avait des adresses merveilleuses pour cacher sa vertu , particulièrement devant les gens du commun, en sorte qu'un homme dit un jour à M. Arnoul qu'il semhlait que M. Pascal était toujours en colère et qu'il voulait jurer; ce qui est assez plaisant, mais qui ne serait pas bon à écrire. [Ibid.),

M. Arnoul de Saint-Victor dit que quand on demandait conseil à M. Pascal, il écoutait beaucoup et parlait peu. [Ibid.].

M. Pascal étant allé voir M. Arnoul à Saint-Victor avec le duc de Rouannez, vit entrer fort confusément un troupeau de moutons ; il demanda à M. Arnoul s'il en devinerait bien le nombre. Celui-ci lui ayant répondu que non, il lui dit tout d'un coup, en comptant un moment sur ses doigts, qu'il y en avait quatre cents. M. de Rouannez demanda à celui qui les conduisait combien il y en avait ; il lui dit ; Quatre cents. [Ibid.)

EXTRAIT D'DN RECUEIL DE DIFFÉRENTES HISTOIRES, QUI EST DANS LA BIBLIOTHÈQUE DES PP. DE L'ORATOIRE DE CLERMONT ^

C'est une histoire tout à fait étrange que celle que madame Perier nous a contée de son frère. 11 n'a-

i 1er Recueil MS. du P. Guerrier, p, dccxvu.

n2 P. GUERRÏKU.

vait encore que deux ans lorsqu'il tomba dans la plus clrange maladie du monde. Il ne pouvait voir d'eau ni d'aulres liqueurs; il ne pouvait souffrir son père et sa mère ensemble quoiqu'il vît fort bien l'un et l'autre séparément. Il élait sec comme les enfants qui sont en cbarlre, de sorte que l'on n'en allendait plus que la mort.

Un mal si extraordinaire fît dire à plusieurs qu'il élait ensorcelé et le soupçon en tomba sur une vieille femme à qui Ton faisait cbarité dans la maison et à qui la nourrice l'avait fait porter quelquefois. Le bruit en fut si grand, qu'enfin M. Pascal le père désira de s'en éclaircir. Il tire à part cette femme, la menace de la mettre en justice si elle ne guérit son fils, et il lui commande de le faire sans nouveau sortilège. La vieille, après s'en être excusée, le promit; mais demanda une autre cbose pour la faire mourir (parce que le sort était à la mort) au lieu de lui. Il lui voulut donner un cbeval, mais elle se contenta d'un cbat, et comme elle en emportait un, elle fut rencontrée par des personnes qui la querellèrent dans la montée, de sorte qu'étant épouvantée, elle jeta ce cbat par la fenêtre qui était assez basse et néanmoins il tomba roide mort. Ensuite elle alla clioisir dans le jardin quelques berbes assez communes qu'elle mêla avec de la farine et en fit ainsi une espèce de gâteau qu'elle fit mettre sur le nombril de l'enfant.

Aussitôt qu'on le lui eut mis, il tomlia en une létbargie dans la(juellc on le crut mort; les médecins y étant appelés le jugèrent mort. 11 n'y eut que le père qui y

p. GUKRIUKR. 475

ctanl survenu cmpcclia qu'on ne l'enscvelil, et qui soulinl qu'il n'élait pas encore morl. Quelque temps après celle vieille femme vint heurler à la porte ; le père ayant su que c'était elle y courut et ne put s'empêcher de la frapper. Elle, sans s'étonner, lui dit qu'il avait raison de la Lallre, parce qu'elle avait oublié de lui dire ce qui devait arriver; mais qu'elle l'assurait que son fils n'était pas mort et qu'il serait dans cet élat jusqucs à minuit et qu'ensuile on le trouverait guéri. On attendit donc jusques à ce temps-là, soutenant toujours que l'enfant n'élait point mort. Enfin deux heures après minuit, il commença à se réveiller, vit son père et sa mère ensemble sans effroi, ce qui témoigna qu'il était guéri. Il eut néanmoins encore quelque peur de l'eau ; mais peu de temps après, il se jouait avec de l'eau, et dans quatre ou cinq jours il fut tellement remis qu'il ne paraissait pas avoir élé malade.

La vieille femme avoua qu'elle avait élé portée à l'ensorceler, parce qu'ayant prié M. Pascal le père de solliciter pour elle dans une affaire qui était injuste, il refusa de le faire.

Madame Perier fit ce récit au Menil S le 14 août ■1661. D

* Celait une maison de campagne, appartenant à M. de la Blalterie, près Glermont. {Note du P. Guerrier. )

APPENDICE

N" L — Acte de baptême de Pascal,

Extrait des registres des actes de baptêmes de la paroisse de Saint- Pierre de la ville de Glermont-Ferrand, chef-lieu du département du Puy-de-Dôme, an 1625, déposés aux archives de l'hôtel de ville.

Le 27*' jour de juin 1 625, a esté baptisé Blaize PASGHAL, fils à noble Estienne Paschal , conseiller eslu pour le roy en l'élection d'Auvergne, à Glairmont ; et à noble damoizelle Anthoinette Begon ; le parrin noble Blaize Paschal, conseiller du roy en la séneschaussée et siège présidial d'Auvergne, audit Glairmont; la marrine dame Anthoinette de Fontfreyde.

Au registre ont signé Pascal et Fontfreyde.

On trouve dans le même registre, à la date du 10 octobre 1625, l'acte de baptême de Jacquette Pascal, sœur de Biaise Pascal : elle est déclarée née le 5 dudit mois d'octobre 1625. Son parrain a été noble Brémond Pascal; et sa marraine, damoizelle Jacquette Durand, consorte à noble Begon, conseiller eslu pour le roy en l'élection d'Auvergne.

Le père de Biaise Pascal était, a cette époque, conseiller du roi et président de la cour des aides à Mont-Ferrand.

APPENDICE

N° II. — Généalogie des Pascal,

Pascal (Jean).

Debort ( Luque )

Pascal (Martin).

Pascal de Moqs

(Marguerite).

Pascal (Antoine).

Enjobert (Anne).

Pascal (Antoinette).

Parrinet (Florin).

Pascal (Luque).

Florand (Abraham).

Pascal (Etienne).

Enjobert (Jeanne).

Pascal (Martin) {trésorier de France, à Riom). Pascal (Marguerite).

Pascal (Etienne).

Begon (Antoinette).

Pascal (Gilberte).

Perier (Florin).

Pascal (Biaise).

Savaron (Jacquette).

Pascal (Robert).

(Antoine).

(Martin).

(Gilberte).

(Jacqueline).

(Jeanne).

(Marguerite).

(Françoise), qui épousa Defrétat (André).

Pascal (Jeanne).

Enjobert (Robert).

PASCAL (Blaise]. — Pascal ^Jacqueline).

Pascal (Bremond), Brugier (Jeanne).

Pascal (Mathieu).

APPENDICE

Pascal (Gabrielle).

Delaire (Jean).

Pascal (Gilberte).

Fedict (François).

Fedict (Jean).

(Clément).

(Brémond).

(François).

(Guillaume).

(Magdelaine).

(Gilberte).

Pascal (Antoine) (receveur général du taillon). Enjobert (Anne).

Pascal (Jacques).

Savaron (Anne).

Pascal (Robert). (François).

Pascal (Etienne).

Arnaud (Marie).

Pascal (Anne).

De Gien (Pierre).

Pascal (Claude).

Dulac (Christophe).

Pascal (Antoinette).

Parrinet (Florin).

Parrinet (Jeanne).

Perier (Jean).

Parrinet (Geraud).

De Bartelais (Anne).

Parrinet (Denis).

(Clément).

(Jacqueline).

Perier (Florin). — Perier — Perier (Min-ie).— Perieb (Marguerite). Pascal (Gilhorle). (Catherine). Aubert (Antoine). Cliabre (Louis).

Perier (Etienne).

(Louis).

(Jacqueline.

(Marguerite).

Aubert (Pierre).

(Jean).

APPENDICE

Parrinet (Jeanne).

Olivier (Anne).

Olivier (Jean).

(Cliarles).

(Anne).

(Françoise).

Parrinet (Marguerite).

Perier (Michel).

Perier (Florin). — Perier — Perier — Perier. — Perier (Jeanne). (Jean). (Etienne). (Denis;.

Brun (Marguerite).

Perier (Pierre).

(Jean).

(Marguerite).

(Gabrielle). (Anne).

Laville (François)

La\ille (Marguerite).

(Jeanne).

Pascal (Luque).

Florand (Abraham).

Florand (Abraham).

Du Mas (Claude).

Florand (Jacques).

Florand (Marie).

Chanarlanges (Etienne).

Chanaiianges

(Antoine). (Marie)." (Antoinette).

Jargaud (Anne). Delespine (Pierre). Cohade (Gilbert).

Florand (Alix).

l E'sparvier (Pierre).

Esparvier (Antoinette)

Florand (Luque). Florand (François).

Esparvier (Antoine). Doranches (Marguerite).

Florand (Marie).

De Valéry (Jacques).

Esparvier (Marie).

Cohade (Antoine).

Cohade (Abraham).

(Marie).

De Valéry (François),

Esparvier (?vlarie).

liouchet (Jean).

APPENDICB.

Pascal (Etienne).

Enjobert (Jeanne)

Pascal (Martin).

Brughas Durand

(Antoinette). (Peironnelle).

(i^^ femme.) (2'= femme.)

Pascal (Guillaume).

Pascal (Biaise). Pascal (Etienne).

(Gillot).

(Jean).

(Antoinette).

(Claude) qui épousa :

Besson (Guillaume).

Pascal (Jeanne)

(Marguerite).

(Anne).

(Marguerite).

Pascal (Jacqueline).

Brunet (Gilbert).

Brunet (Martin).

(Bonne).

(André-Jean).

Pascal (Biaise).

' Servant (Anne).

Pascal (Pierre) (François) (Biaise).

(Françoise).

(Jacqueline).

(Peironnelle) .

Pascal (Jacqueline).

Pascal (Magdelaine).

Desolias (Jean).

Desolias (André).

i (Antoinette).

(Gabrielle).

^" (Ysabeau) .

(Peironnelle) (Jacquette).

(Marie).

(Gabrielle).

(Marie) qui épousa :

Montorcier (Victor).

4S0 APPENDICE

N^ III. — Extrait du Testament de Pascal.

Du testament de Biaise Pascal, escuyer, demeurant ordinairement à Paris, près le Port [sic) Saint-Michel, passé par-devant Quarré et Guneau, notaires au Gbâtelet de Paris, le ô^ jour d'août mil six cent soixante-deux, a été extrait ce qui suit :

Iiem donne et lègue ledit sieur testateur à l'hôpital général de cette ville de Paris un quart du di^oit appartenant audit sieur testateur sur les carrosses publics établis depuis peu en cette dite ville de Paris'; à la charge néanmoins de consentir, s'il y échet, qu'au lieu de la part appartenant de présent à M. le grand prévôt sur lesdits carrosses, il appartienne à l'advenir audit sieur grand prévôt un sixième au total d'iceux, en telle sorte qu'au lieu d'un pareil sixième qui appartient à présent audit sieur testateur au total desdits carrosses, il ne lui appartiendra plus qu'un sixième aux cinq sixièmes restants ; et à condition de contribuer par ledit hôpital à proportion aux mêmes frais, charges, clauses et conditions dont ledit sieur testateur est tenu.

Item donne et lègue ledit sieur testateur, aux mêmes conditions que dessus, à l'hôpital général de la ville de Clermont en Auvergne, un autre quart du même droit, si mieux n'aime ledit hôpital de Clermont, dans trois ans prochains du jour du décès dudit sieur testateur, prendre la somme de trois mille livres une fois payée pour ladite portion, laquelle, en ce faisant, retournera à ladite damoiselle sœur dudit sieur testateur, qui ne pourra rien prétendre à la jouissance

APPENDICE. 4SI

qu'aura eu ledit hôpital de ladite portion; pendant ledit temps. Item donne et lègue, etc.

(Extrait collationné par le notaire Guneau.)

Lettre de M. Perîer, beaii-frère de Pascal, aux administrateurs de l'hôpital de Clermont.

De ^Paris, ce 5 septembre.

Monsieur, (sic)

Je m'adresse à vous comme ayant une conoissance particulière de l'honneur de vostre amitié, et ayant aussi celuy d'estre vostre confrère, pour vous pryer de porter au premier bureau de messieurs les administrateurs de l'hospital général l'extrait du testament de feu M. Pascal, que je vous envoyé, affîn qu'ils poursuive [sic] le légat qu'il a fait à cet hospital général et qu'ils y mettent tel ordre qu'ils adviseront. Son droit aux caresses consistoit en un sixièmedes cinq sixièmes, c'est-à-dire en ung septième du total. 11 a disposé d'autres deux quarts en d'autres œuvres pies, et en a laissé le quatrième quart à ma femme. J'ai creu, messieurs, estre obligé de vous donner cet advis tant en qualité de son héritier des biens qu'il a laissé et de son exécuteur testamentaire qu'en celle que j'ay l'honneur d'avoir, quoyque je m'en acquitte très-mal, d'administrateur aussy de vostre hospital général. Si je puis contribuer quelque chose pour le service des pauvres et pour le vostre, messieurs, en particulier, je vous prye de disposer en toute liberté de

Messieurs,

Vostre très-humble et très-obéissant serviteur et confrère, Perier.

4S2 APPENDICE

NMV. Lettre du duc de ROANNEZ, du W septembre -1662, à Arnauld de Pomponne *.

Je n'ai pas douté que vous n'ayiez été bien touché de la mort de M. Pascal. Vous y avez assurément beaucoup perdu ; car il vous estimait très-particulièrement, et dans les entretiens que j'ai eus avec lui sur votre sujet il témoignait prendre plaisir à dire du bien de vous. Je vous avoue que cette perte est un coup pour moi, auquel je n'étais point préparé, et dont je ne puis me consoler. La bonté que vous avez de me plaindre et les témoignages que j'ai reçus de M. votre père 2 en cette occasion, sont assurément les choses du monde qui me pouvaient autant soulager dans ma douleur.

J'ai bien de l'impatience de voir la fin de votre exil. Jç souhaiterais fort de vous trouver ici à mon retour de Poitou. Je pars dans huit jours pour y aller. J'espère que je serai assez à temps pour voir juger le procès que nous avon§ avec M. de Guitaut. M. de Crenan demeure ici, qui aura soin de nos affaires % Je vous prie de croire qu'il n'y a personne qui vous soit plus acquis que moi, ni qui désire plus mériter l'honneur de votre amitié.

Ce 10 septembre.

Suscripiion : A Monsieur, monsieur de Pomponne.

» Nous publions cette lettre sur Toriginal autographe dont nous devons la communication à l'obligeance de M. Monraerqué. L'orthographe du duc de Roannez étant fort incorrecte, nous n'avons pas cru devoir nous y conformer.

* Arnauld d'Andilly.

8 Le procès dont parle le duc de Roannez était relatif à l'affaire des carrosses. M. de Crenan était un des intéressés dans celle entreprise. ( Voy. la note au bas de la page 26 ci -dessus.)

APPENDICE. 485

N* V. Epitaphe d'Etienne Pascal, composée par son fils Biaise Pascal K

Ci gît, etc..

Illustre par son grand savoir qui a été reconnu des savants de toute l'Europe ; plus illustre encore par sa grande probité qu'il a exercée dans les charges et les emplois dont il a été honoré ; mais beaucoup plus illustre par sa piété exemplaire. Il a goûté de la bonne et de la mauvaise fortune, afin qu'il fût reconnu en tout pour ce qu'il était. On l'a vu modéré dans la prospérité et patient dans l'adversité. Il a eu recours à Dieu dans le malheur, et lui a rendu grâces dans le bonheur. Son cœur a été tout entier à son Dieu, à son roi, à sa famille et à ses amis. Il a eu du respect pour les grands et de l'amour pour les petits ; et il a plu à Dieu de couronner toutes les grâces de la nature, qu'il lui avait départies, d'une grâce divine qui a fait que son grand amour pour Dieu a été le fondement, le soutien et le comble de toutes ses autres vertus.

Toi, qui vois dans cet abrégé la seule chose qui nous reste d'une si belle vie, admire la fragilité de toutes les choses présentes; pleure la perte que nous avons faite; rends gloire à Dieu d'avoir laissé quelque temps à la terre la jouissance de ce trésor ; et prie sa bonté de combler de sa gloire éternelle celui qu'il avait comblé ici bas de plus de grâces et de vertus que l'étendue d'une epitaphe ne permet d'en écrire.

Ses] enfants accablés de douleur ont fait poser cette epitaphe en ce lieu, qu'ils ont composée de l'abondance du

* MSS. de la Bibliotbèqae royale, fonds de l'oratoire, n» 160, p. 100 du cahier imiuilé: Dicerses pièces concernant MPascal, elc.

484 APPENDICE

cœur, pour rendre hommage à la vérité et ne paraître pas ingrats envers Dieu.

N° VI. — Extrait de l'histoire de la ville de Rouen *. 2 vol. in-I8, Rouen, 1668.

Parlons maintenant de l'antiquité de l'illustre Confrairie de la Conception de la Vierge. Ce fut du temps de l'archevêque Jean de Bayeux, en l'an 1072 qu'elle fut instituée à Rouen par les plus notables habitants de la ville, qui s'obligèrent de porter toute leur vie un respect particulier à la sainte Vierge, et en dressèrent même quelques statuts et ordonnances. Et en l'an 1486, maître Pierre Daré Escuyer, sieur du Château- Roux, conseiller du roi et lieutenant général à Rouen, ayant été élu prince de la même confrairie, étant échauffé d'un zèle plus ardent que ses prédécesseurs, proposa des prix aux poètes qui auraient mieux rencontré sur le sujet de la Conception delà sainte Vierge, et fit ordonner par messire Robert de Croimare, pour lors archevêqne de Rouen, certaines lois et mesures que devaient observer ceux qui voudraient présenter quelques ouvrages.

Le Puy, c'est-à-dire le théâtre où les poésies devaient être lues et examinées fut premièrement tenu en l'église paroissiale de S. Jean, et celui qui remporta le prix pour le meilleur chant royal, fut un nommé maître Louis Chapperon. Ceci est rapporté dans un ancien registre qui appartient à M. de la Fosse, chanoine et pénitencier en 1 église de Rouen, dans lequel sont écrites toutes les pièces qui ont remporté le prix. »

* Voy. la note au bas de la page 152, ci-dessus.

APPENDICE. 4S5

« Sept ans après, à savoir l'an -1495, on ajouta un

second prix pour le débatu, qui fut un chapeau de laurier. L'an 1497, dom SiniondeBlaru, commandataire du prieuré de Saint- Antoine de Rouen, adjousta à la palme une potence d'argent doré et au laurier une clochette d'argent; depuis ce temps les prix furent arbitraires selon la libéralité des princes.

« Dans ces derniers temps on a donné le prix de la

Rose, pour la meilleure ballade ; celui de la Tour, pour la meilleure stance, de la fondation de M. le premier président Groulart; pour le débatu de la stance, le soleil, de la fondation de M. Torcy ; pour' la meilleure ode le miroir d'argent,

de la fondation de M. Halle, archidiacre; etc »

{Seconde partie, pag. 63.)

« Palinods de Rouen. Ce mot de Palinods ne veut dire autre chose que le récit et le jugement de diverses poésies, ou (si on veut s'arrêter aux dictions grecques dont il est composé, à savoir TvàXtv et <àH), il signifie un c liant réitéré, faisant allusion à la dernière ligne de chaque strophe, qui retourne dans le même sens, qui pour cette raison est appelée ligne palinodiale » ; ainsi cette façon de parler qui n'était que pour les savants est devenue commune parmi les peuples qui depuis ont appelé le lieu où ces poésies sont lues et examinées du nom de Palinods. »

(Idem y pag. 61.)

' Dans les premiers temps les concurrents avaient soin de ramener le même vers à la fin de chaque siroplie.

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