‹ Lettres, opuscules et mémoires de Madame Perier et de Jacqueline, sœurs de Pascal, et de Marguerite Perier, sa nièceChapitre 21 sur 105 · Pascal · texte numérisé non relu

Pascal

apostille de la main de pascal.

J'ajouterai à ce que dessus qu'avant4iier, an petit coucher du roi, une batterie dangereuse fut entreprise contre nous par deux personnes de la cour, les plus élevées en qualité et en esprit, et qui allait à la ruiner en la tournant en ridicule, et qui eût donné lieu d'entreprendre tout; mais le roi y répondit si obligeamment et si sèchement pour la beauté de l'affaire et pour nous, qu'on rengaina promptement. Je n'ai plus de papier. Adieu ; je suis tout à vous.

LETTRE DE MADAME PERIER A M. VALLAIfT '•

28 août 65.

Si je ne jugeais de la bonne volonté que par les pa-

■ MSS. de la Bibl. roy. Résidu de Saint^Germain; porte feuilUi Tallant.

rôles, votre long silence^ monsieur, m*aurait fait craindre que vous n'eussiez diminué quelque chose de celle que vous m'avez fait l'honneur de me témoigner jusques ici» mais comme j'en ai jugé par les effets et que j'ai su les soins continuels que vous avez pris de mes enfants» je vous assure» monsieur, que je ne vous ai accusé ni de paresse, ni d'oubli» et que j'ai seulement murmuré contre les continuelles occupations qui me privaient de la consolation de recevoir de vos nouvelles. J'ai bien de la douleur de ce qu'ayant manqué de vous rendre grâces de toutes vos bontés aussi souvent que je le devais» je n'ai point d'occasion de vous témoigner par mes services que j'en ai toute la reconnaissance imaginable; et qu'ainsi vous avez lieu d'en douter. En vérité» monsieur» vous me feriez injustice, et je vous crois trop équitable pour appréhender cela. Il y a quelque temps que je pris la liberté de vous écrire en faveur de M. Lecomte» mais il ne m'a point mandé ce qu'il a fait de ma lettre ; cependant je n'ai point témoigné à madame la marquise ' l'obligation que je lui ai d'une grâce qu'elle lui a possible faite à ma considération , parce que je l'ignore. C'est une faute bien grande et de laquelle je vous supplie, monsieur, de lui faire mes excuses, s'il y a lieu de cela. Au reste, je ne puis m'empècher de me plaindre de ce que votre lettre finit si court» ni de vous demander des nouvelles particulières de toute la maison, de la santé de mademoiselle de Chalais, si la sœur Catherine est toujours des vôtres, si madame Anne est

« Madame de Sablé. .

tt MADAMB PEBIEB.

mariée et 6i Madame a quelque fille auprès d'elle à sa place qui lui soit agréable. Je suis tout à fait fâehée de ce que vous n'avez pas pu voir notre première présir dente da^s son mal» car je m-iniagine que vous eussie; mieux remontré que tous les autres , aussi bien que M. Laperte qui a toujours dit que ce n*était point un cancer. Et 9 en effet, il me semblait qu'on était bi^^ prompt à lui donner ce nom» car il n'y avait que douze jours qu'elle sentait du mal lorsqu'on fit une QonsuUaiiop en cette ville, où tous les médecins et chirurgiens dirent que c'était un véritable cancert à la réserve de M. Laporte et d'un chirurgien qui soutinrent que ce n^en était pas, ou pour le moins quand c'en serait qu'on ne le pourrait pas si tôt connaître ; et il me semblait qu'ils appuyaient leur sentiment sur de bonnes raisons. Cependant tous les médecins et chirurgiens de Paris en ont eu un contraire, et se sont trompés. Je n'ai pu m'empécherde croire qu'ils avaient Tesprit si plein du mal de la reine, que tout leur paraissait cancer. Et il me semblait que vous regarderiez les choses si exaç(^7 ment que vous en jugeriez mieux que les autres, et N. Laporte aurait été bien aise que son opinion eût élé appuyée de la vôtre, car il a une estime toute particulière pour vous. Il vous salue très-humblement, et M. Domat, M. Perier et madame Baudouin. Margot Demat a été à l'extrémité de la petite vérole ; mais elle en est revenue. M. Guerrier nous mande toutes les obligations qu'il vous a. Je vous prie de croire que j'y prends une très-grande part. J'avais oublié de vous faire les recommandations de nos petits garçon^ §t ^'^^^^f 4^^

a plus de prati<iae ici que les meilleurs chirurgiens. Je suis» monsieur^ vetre très-obéissante servante,

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