‹ Lettres, opuscules et mémoires de Madame Perier et de Jacqueline, sœurs de Pascal, et de Marguerite Perier, sa nièceChapitre 26 sur 105 · Pascal · texte numérisé non relu

Pascal

I^âi oublié de vous dire que madame Redon a été et est eficôf e assez mal ; je crois qu'elle vous écrira et vous èH dira toutes les circonstances. Tous mes enfants vous §âlûènt ici très-humblement, et nous vous souhaitons tous Une bonne et une heureuse année.^

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Je 'sttîs bien fâchée, monsieur, de n'avoir point reçu la lettre que vous m*avez fait Vhonneur de m'écrira il y a deux mois, et dont vous me parlez dans celle que 'ai reçue il y a deux jours. J'y aurais satisfait en ce •qui m*êtàit possible, qui est très-peu de chose. Je n'ai point vu guérir de cancer j j'ai seuleâient oui dire à la femme qui me gardait dans mes couches qu'elle en avait

§raéri i elle me disait qu^elle faisait déchet da&s le foUf defii cloportes^ et qu'elle en faisait prendre la poudre au malade, et qu'elle mettait un emplâtre de Villemagne sur la partie malade ; mais je ne sais pourquoi j'ai né^ gligé d'écrire tout ce qu'elle m'en a dit ; je m'en acctasé, ear je ne sais point du tout ni la dose de la poudre, ni dans quoi on la prend, ni à quelle heure$ ni combien de temps il faut continuer ce remède. Je suis bien fâchée d'avoir si peu de satisfaction à Vous donner là*^dessus, mais je n'en sais pas davantage* Je vout) rends grâces, monsieur, de la part que vous avez voulu prendre à mon accident) et je vous supplie de vouloir témoigner pour moi à madame la marquise l'obligation que je lui ai de la bonté qu'elle me fait Thonneur de mé témoigner en cette occasion» Je suis bien obligée à M. le duc de Rouannes de penser déjà à mon logement, et encore plus de ce qu'il le propose dans son quartier. Vous pou* vez bien juger, monsieur» qu'il n'y en a pointdans tout Paris qui me soit plus agréable que celui-là i et si ma* dame de Gaumartin en était voisine, je pourrais bien sans peine me résoudre à ne passer guère les ponlB ; mais je vous avoue que je lui ai de si grandes obliga** tiens, que je la mets au premier rang entre les person** nés que je considère» et ce n'est pas un des moindres avantages que madame la marquise m'ait procurés, et je puis dire que je lui suis redevable de toutes choses. Vous m'aves donné au cœur, monsieur, quand j'ai In dans votre lettre que j'avais des amis dans le faubourg. C'est un grand attrait pour moi, qui n'en puis trouver aucun au pays où j'habite. J'y trouve bien de la consi-

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dération et de Testime, bien des visites en toutes les occasions ; mais du secours, du conseil, de la consolation dans mes affaires, c*est ce que je ne trouve point du tout, quoique j'en aie un grand nombre et que tout le monde soit convaincu des injustices qu'on me fait. Hais chacun regarde cela dans.rindifférence. Je vous avoue que cela m'est bien sensible, et assurément on se trompe bien quand on croit que j'ai de l'attache ici. Je vous assure que non, et que je n'y suis nullement attachée, mais enchaînée et garrottée, et que j'y souffre une violence qui ne se peut exprimer. Quand je dis que je n'ai point d'amis ici, ce n'est pas que j'y aie des ennemis; au contraire, j'y suis considérée plus qu'on ne saurait dire, mais c'est que le naturel du pays est d'estimer beaucoup les gens et de ne s'intéresser que de ses propres affaires. Si j'étais en société, je serais bien secourue et bien soutenue ; mais comme personne n'a de part dans mes affaires, personne ne s'en soucie. Je crois que vous me connaissez assez pour comprendre que cette sorte de vie ne me plait guère. Aussi je vous avoue que j'y souffre beaucoup, et d'autant plus que je cache une grande partie de mes sentiments à mes enfants qui seraient accatilés s'ils savaient à quel point je auis affligée. C'est pou|i*quoi je vous prie de ne me faire aucune réponse là-des|^us, afin qu'ils ne sachent pas que je vous en ai parlé.

Adieu, monsieur, priez Dieu pour nous, et croyez que je suis, autant qu'on le peut être, votre très-obéissante servante,

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