LETTRE DE MADAME PERIEB A M. VALLANT
Il est bien juste, monsieur^ qu'après avoir pris la liberté de vous recommander madame Redon, je vous rende grâces des assistances et des consolations qu'elle a reçues de vous. Elle m'en a témoigné son ressentiment en tant de manières, que je ne saurais vous l'exprimer. C'est moi, monsieur, qui vous en ai la principale obligation, puisque vous l'avez fait à ma considé* ration et à ma prière ; mais je vous en ai tant d'autres qu'en vérité je n'ose pas y penser, parce que je me vois tout à fait hors d'état et incapable de pouvoir les reconnaître. J'aurais dû faire ce que je fais aujourd'hui dès l'arrivée de madame Redon, mais l'accident terrible qui m'est arrivé* m'avait si fort ébranlé la tète, qu'il a fallu tout ce temps pour la raffermir ; je ne vous en dis pas les particularités. M. de Rebergues vous les pourra faire voir ; on les lui a mandées ; il pourra vous dire aussi une partie des horribles embarras où je suis plongée par les affaires. J'avais espéré qu'une année m'en pourrait tirer ; mais en voilà trois, et il m'en vient toujours de nouvelles. Je crois que l'un sert d'exemple à l'autre ; car tous ceux à qui j'ai affaire me chicanent pour les choses du monde les plus claires ; et ce qu'il y a de plus affli-
■ Portefeuilles VaUant*
* C'était un accident analogue à celui qui faillit faire périr Pascal au pont de Neuilly. M*^* Parier reTenait de la campagne» quand la voiture où elle était fut emportée par les chevaux et versa.
Il y a dans les portefeuilles de Vallant une lettre de Marguerite Perier qui rend compte à ce médecin des circonstances de l'accident et raconte comment la frayeur qu'elle en ressentit la guérit de la fièvre quarte.
M MADAMB PBRIBR.
géant et de plus piquant, c'est que tout cela me vient de la facilité de M. Perier et de rexlrème indulgence qu'il a eu# pour tous ceux qui lui déYaient. Enfin, monsieur, }% ne «aurais Vous dire oe que je souffre i mais il faut 84 sbumetti^e aux ordres de Dieu s ce n'est pas à nous de choisir les souffrances par lesquelles il lui plaît de nous éprouver. Priez4ë, s'il vous plait, qu'il me fasse là grâce de me sanctifier dans cet état qui est plus pé^ nible que vouH ne sauriéi le comprendre. Je suis, moa*nenri votre ttis^humble et très-obéissante servante,