‹ Lettres, opuscules et mémoires de Madame Perier et de Jacqueline, sœurs de Pascal, et de Marguerite Perier, sa nièceChapitre 64 sur 105 · UTSTÈRX M LA MORT DS J.-G · texte numérisé non relu

UTSTÈRX M LA MORT DS J.-G

qui lui est le plus oontraire, je forme moyennant la grflce de Dieu une habitude qui passant en naturel ^ soit la mort véritable à mon égard, et soit comme la plaie du cœur de mon Sauveur après laquelle il ne pouvait plus vivre naturellement : afln que par cette plaie sortent tous les restes de la faiblesse et de la force humaine, qui ne servent qu*à me rendre incapable du bien et capable du mal lequel résidait dans ce cœur et qui, par un prodige funeste, reste encore en nous aprèd être morts au monde. Et il faut sans cesse rouvrir cette plaie, afin qu'elle ne fie referme jamais tout à fait.

XXVIII. Je vois Jésus mort en trois lieux différents : à la croix, à la vue de tout le monde ; descendu de la croix au milieu de ses amis, et dans le tombeau dans une entière solitude ; et en ces trois lieux il est également mort.

Gela m'apprend qu'en quelque état que je me puisse trouver, de conversation ou de solitude, je dois toujours être morte au monde ^ aussi bien en l'un comme en l'autre.

XXIX. Lorsque Jésus est sur la croix environné du peuple, je lui vois les mains pleines de clous qui l'y attachent, et il les a vides lorsque les siens l'ont ôté de lA croix, et aussi lorsqu'il est seul dans le sépulcre.

Gela m'apprend que si la divine Providence me donne en maniement des choses temporelles, je m'y dois sou-* mettre, quoique ce soit des liens qui me tiennent atta* chée aut choses de la terre ; et qu'il faut en même temps

■ Edit. F. C, : « ....en ^MtuféUê... *

que Taversion que j'aurai pour toutes les attaches fasse qu'elles me tiennent lieu des clous de mon Sauveur» qui lui faisaient de cruelles plaies, en même temps qu'ils tenaient son corps attaché à la croix, et par la croix à la terre qui la soutenait.

Et j'apprends du temps où il a eu les mains vides, qu*en quelqu'état que je sois, de commerce avec les hommes ou de retraite, je puisse avoir les mains vides de tout maniement et de toute affaire, s'il plaît à Dieu de m'en décharger.

XXX. On revêt Jésus-Christ, après sa mort, d'ornements convenables aux morts.

J'apprends de là à témoigner par mes habits que je suis morte pour le monde.

XXXI. Encore que Jésus fut revêtu des ornements, néanmoins ils étaient conformes à son état, parce qu'il était effectivement mort.

Cela m'apprend qu'encore qu'il soit vrai que je doive témoigner par mes habits que je suis morte au siècle, je n'y dois rien avoir de singulier et d'extraordinaire ; mais simplement conforme à mon état présent.

XXXII. Le drap dans quoi on ensevelit Jésus n'était pas à lui ^

J'apprends de là à ne me pas attacher aux choses qui sont les plus proches de moi et qui me sont les plus utiles, et à ne les pas regarder comme m'étant propres, mais étrangères.

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