‹ Lettres, opuscules et mémoires de Madame Perier et de Jacqueline, sœurs de Pascal, et de Marguerite Perier, sa nièceChapitre 63 sur 105 · MYSTÈRE DE LA MORT DE J · texte numérisé non relu

MYSTÈRE DE LA MORT DE J

besoin d'une telle réparation, et prêchaient sans cesse aux chrétiens la grandeur de leurs devoirs ; et parmi tout cela sa bouche a effectivement gardé le silence*

Cela m'apprend qu'encore que je ne dois point me taire sur toutes ces choses, autant que je puis, dans la condition où il a plu à Dieu de me placer ; je dois néanmoins les publier plus par mes actions que par mes paroles et que, me taisant de paroles et de voix, mes actions ne se doivent pas taire.

XXV. Jésus mort, quoique sans mouvement, est pourtant agité quand il le faut : il est détaché de la croix, et de là porté dans le tombeau ; mais il n'a point de part à tout cela, ne le faisant point par lui-même.

Cela m'apprend que je dois agir toutes les fois qu'il le faudra ; mais que je ne dois jamais faire aucune action par mon propre esprit.

XXVI. Jésus est encore quelque temps attaché à la croix après la mort, et lors même qu'il en est descendu, son corps ne laisse pas d'être environné de toutes ses plaies ; il est toujours dans la pauvreté et dans l'opprobre, et par conséquent dans la privation des biens contraires à ces maux, en sorte que si, par un miracle qu'il n'a pas voulu faire, son âme fût retournée dans ce corps pour le rendre encore passible, il eût en même temps senti toutes les pointes de la douleur universelle qu'il sentait lors de la Passion.

Cela m'apprend qu'encore que la possession de tous les biens du monde et la souffrance de tout ce qu'il évite avec plus de soin, ne soient pas capables de me toucher, parce qu'étant morte au monde je suis devenue însen-

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sible à tout ce qu*il a et à tout ce qu*il est ; je ne dois pas laisser de fuir les uns et de rechercher les autres avec ardeur, afin que si, par une punition qui ne serait que trop juste, Dieu permettait à cet esprit du monde de revivre en moi pour m'y faire revivre, me voyant environnée de tout ce qu'il appelle maux et de tout ce qu*il nomme biens, je commençasse à sentir la dou*> leur qu'un tel état cause aux personnes qui sont sensi* blés à tous ses événements; et que cette douleur que je me serais volontairement procurée me tint lieu de peines satisfactoires pour être sauvée comme par le feu* Mais j'espère que, comme mon Sauveur n'a plus voulu être passible depuis sa mort, il empêchera aussi par la toute-puissance de sa grâce ceux qui l'imitent dans sa mort, de le redevenir à l'égard des choses du monde.

XXVIL Jésus eut après la mort le côté percé d'un coup de lance, et il en sortit de Teau et du sang qui était resté liquide par miracle, et cette plaie est toujours demeurée ouverte, depuis même sa résurrection.

J'apprends de là qu'après avoir fait mourir en moiUa chair, et avec elle toutes les passions qui font sa vie comme la charité est la vie de l'âme, il faut encore persécuter surtout la principale, et celle où résidait plus particulièrement cette vie de la chair, quoique je ne sente plus qu'elle ait aucune vie ; et que je dois par des mortifications continuelles tâcher de l'étouffer, oomme si elle ne l'était pas déjà, afin que pratiquant tout ce

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