Les grandes se peignent l'une l'autre, et elles doi
vent faire cette action dans un parfait silence, étant Lien raisonnable que leurs premières paroles soient de prières et d'actions de grâces à Dieu ; et si quelquesunes, par nécessité, ont quelque chose à dire, elles doivent s'adresser à leur maîtresse, afin qu'elle-même puisse demander ce qu'elles auront besoin à celle qui en a le soin, pour éviter toutes les paroles qu'elles se pourraient dire les unes aux autres pendant un si grand silence que celui du matin, et pour empêcher aussi que, comme il faut parler fort bas durant ce temps-là, elles ne prennent occasion de dire quelque autre chose que le nécessaire, qui ne pourrait être entendu de personne, ce qui leur pourrait être une occasion *de faire un mensonge, si on venait à leur demander ce qu'elles auraient dit. Cet étroit silence dure jusqu'au Preliosa de Prime, et il se garde aussi depuis Y Angélus du soir, même en été, quand elles se promènent au jardin.
Du temps que les Enfants s'habillent.
1 . On les exhorte à se peigner et s'habiller le plus promptement qu'elles peuvent, pour s'accoutumer à donner le moins de temps que l'on peut pour orner un corps qui doit servir de pâture aux vers : et pour réparer les inutilités des femmes du siècle à s'habiller et à se coiffer.
2. Aussitôt que les grandes sont habillées, elles peignent et habillent les petites avec la même promptitude et le même silence. On fait en sorte que le tout
soil achevé au plus tard à six heures et un quart, qui est environ le temps où on sonne la première messe.
3. Chaque grande a soin de faire répéter les prières aux petites, en les peignant et coiffant.
Des prières du matin.
i . Au dernier coup de Prime, ou au plus tard au Pretiosaf elles se mettent à genoux pour commencer les prières aussitôt que le signal a été donné par la maîtresse, qui y assiste toujours, ou la sœur qui lui est donnée pour compagne. L*on commence par les prières qui leur sont destinées, et puis on dit de suite les Primes du grand office. On nomme toutes les semaines une enfant qui commence toutes les prières qui se disent à la chambre. G*est pourquoi je l'appellerai ensuite la semainière.
2. Les Primes et les Gomplies se disent d*un ton médiocre, ni trop haut, ni trop bas, faisant de légères méditations. Elles sont toutes debout pendant toutes les Primes et les Compiles.
3. On les avertit qu'elles demeurent toutes en cette posture pour témoigner à Dieu qu'elles sont toutes prêtes à accomplir ses saintes volontés.
4. Toutes les prières générales que Ton fait dans la chambre, sont dites lentement, distinctement et avec de bonnes poses.
5. A la fin de Prime elles sont un petit espace de temps, environ de deux Miserere^ pour considérer devant Dieu ce qu'elles ont à faire le long de la journée,
el les fautes principales qu'elles auraient pu commettre le jour précédent, a6n de lui demander sa sainte grâce pour prévoir et éviter les occasions qui les y font tomber.
Des lits et du déjeuner des Enfants,
i . A la fin des prières, elles vont toutes ensemble faire leurs lils et ceux des petites, les faisant deux à deux selon qu'on les a destinées : el personne ne sort d'une chambre que toutes n'ayent entièrement fait, si ce n'est que la sœur qui les accompagne ne permît à quelques-unes d'aller en commencer d'autres dans la chambre prochaine, croyant les pouvoir voir en se mettant en lieu d'où elle puisse, voir les deux chambres en même temps. Et encore prend-on garde quelles enfants on envoie, et que ce soient celles dont on est le plus assuré de la sagesse et de la fidélité.
2. Pendant qu'elles font leurs lits, il y en a une qui apprête le déjeuner et ce qui est nécessaire pour laver les mains, et du vin et de l'eau pour laver la bouche.
3. Les lits étant faits, elles vont laver leurs mains et ensuite déjeuner, pendant lequel une d'elles fait une lecture du Martyrologe du jour, afin qu'elles sachent de quel saint l'Eglise fait particulière mémoire en ce jour, et qu'elles les honorent et se mettent sous leur protection.
Du travail,