‹ Lettres, opuscules et mémoires de Madame Perier et de Jacqueline, sœurs de Pascal, et de Marguerite Perier, sa nièceChapitre 74 sur 105 · An commencemeul An Sub tuum prœsidiunif etc · texte numérisé non relu

An commencemeul An Sub tuum prœsidiunif etc

qui est une antienne de la sainte Vierge qu'on chante immédiatement devant la sainte messe, elles se mettent toutes à genoux deux à deux au milieu du cœur, un peu éloignées leâ unes des autres, les mains jointes dessus leur scapulaire, et sans gants tout le long de la messe. Elles s'y doivent tenir dans un grand respect et application à Dieu : c'est pourquoi on tâche de les bien instruire sur toutes les cérémonies et parties du saint

icrifice. Elles se servent pour cela de la pratique et les Explications de M. de Saint-Cyran sur la sainte [messe, et on les instruit à recevoir de Dieu les prières qu*il faut qu'elles fassent, en leur apprenant qu'elles n*en sauraient faire qui soient agréables à Dieu, si le Saint-Esprit ne les forme en elles; parce que c'est lui qui gémit et qui prie en nous.

4. Je ne puis m'erapêcher de dire ici que l'on ne saurait trop recommander aux enfants le respect à l'église, et particulièrement pendant la sainte messe ; et qu'il faut punir avec force les fautes qui s'y commettent, et même les priver d'entrer en l'église hors les jours de fête, autant de temps que l'on jugerait cette privation nécessaire pour leur bien, quand ce serait les plus grandes. Car si elles sont plus âgées, elles doivent être plus sages.

De l'écriture.

1 . Au sortir de la sainte messe, elles écrivent toutes dans un même lieu, après avoir fait une courte prière pour obtenir de Dieu la grâce de bien faire cette action,

et Qa tâche de même de leur imprimer doucement dans ^esprit une sainte ba|)itude de ne f(^ire aucupe action i)n peu 09t{d)le s^u^ la coqimencer et la finir par la prière. ËUasi font ces prières ^elon leur dévotion, et caoïaie Oi^ii lenr ipp^pire, Op dit aux plus petites de dire qn 4v« Mç^ridkf siu cpmniencement et à la fin de tout ce qu'elles font d^un peu considérable.

â. Elles doivei^t redoubler leur silence pendant récriture, et il ne leur est point permis de se montrer Tune à Tautre leurs papiers, n*y d'écrire selon leur fantaisie. Klles écrivent simplement leur exemple, ou elles transcrivent quelque cbose quand elles sont biep savantes, et qu'on le leur a permis.

S. Elles ne s'écrivent ppint l'une à l'autre ni lettre, ni billets, ni sentences, sans en obtenir permission de leur maîtresse ; et quand elles ont écrit ce qu'on leur aurait permis d'écrire, elles le remettent entre les mains de leur maîtresse, pour le donner à celle pour qui elles l'ont écrit. L'écriture dure trois quarts d'beure.

4. Le temps qui reste jusques à sexte, s'emploie à apprendre à chanter en notes, avec silence et grand respect.

De la prière avant le dîner.

i. Quand on sonne ^exte, une d'elles, savoir la semaiqière» se met à genoux au milieu de la chambre, pour leur faire renouveler Içur attention à Dieu, afin

HlÎGLÈlf^NT rOUR LES BNFANTS. 2^3

qu'elles assistent en esprit à cette heure d*offipe c[ui se va dire au chœur.

2. Encore que toute la jourqée le silence ^e gsqrde parmi les petites sœurs, hors le temps des ponféreqc^s, il y a néanmoins deux temps particuliers m il est encore plus exactenient gardé. Le prep^ier est celui du soir et du matin, dont j'ai déjà parlé, et le second est celui de pendant l'office et les niesses qui se disent dans le monastère, lorsqu'elles n'y assistent 'pas. Elles doivent avoir mis ordre et pouryii à ce qu'elles ont de besoin, pour, pendant ces deux temps, n'avoir rien à demander, à leurs maîtresses de ce qui regarde leur ouyrag^i ni même aucune permission, si cela se peut, afin dç s'en- Ireteuir avec Dieu, et aussi pour donner le temps à leurs maîtresses de dire leur office. Aux autres temps, elles peuvent demander ce qu'elles ont besoin avec plus d'étendue.

5, Si un de leurs exercices, comme le chant ou la répétition de leur catéchisme, arrive pendant une heure d'office, on ne le quitte pas ; mais ce qup noqs leur de, mandons, c'est que cet exercice soit fait avec plus de silence qu'à l'ordinaire, et que la petite prière se dise toujours au commencement de chaque office que Ton dit au chœur, quand il faudrait interrompre l'exercice que l'on commence. Cela fait ressouvenir de se renouveler dans l'attention à Dieu.

4. A onze heures, elles font l'exanfen toutes ensenible, après avoir dit Confiteor jusqu'à mea culpa,

5. Quelquefois, pendant l'examen du soir et du matin, on les fait ressouvenir d'examiner, et demander

pardon à Dieu, de quelque faute que Ton croît qu'elles n'auraient pas remarquée, el qui aurait été commise devant toutes, pour les accoutumer doucement à se bien examiner.

6. A la fin de Texamen, elles disent toutes ensemble le reste du Confiteor tout haut; et puis la semainière demande pardon à Dieu des fautes commises, et la grâce de mieux employer le reste de la journée.

7. A la fin de Texamen, quelques-unes disent leur sexte en particulier : on le permet aux plus grandes, à qui on reconnaît assez de piété pour se bien acquitter de l'office. On leur permet de dire depuis Laudes jusques à compiles.

Du réfectoire.

1. Le réfectoire sonne pour l'ordinaire ensuite de sexte, etellesy vont toutes avec la même modestie qa'à l'église. Y étant arrivées, elles font leur révérence deux à deux au milieu du réfectoire, et en passant devant quelque sœur. Elles se tiennent modestement à leur place sans se parler, en attendant que Ton dise le Benedicite^ qu'elles disent tout haut avec les sœurs bien modestement, les manches abattues sur leurs mains.

2. Après le Benedicite^ elles se mettent à table, non point selon leur rang, mais comme on le juge mieux, entremêlant les plus sages avec de celles qui ne le sont pas tant, pour empêcher qu'elles ne se parlent.

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