On a grand soin de ne les pas entretenir dans la
délicatesse : les exhortant de manger de tout indifféremment; de commencer parcelle de leurs portions qu^elles aiment le moins, par esprit de pénitence, et de se nourrir sufOsamment pour ne se pas laisser affaiblir. C'est pourquoi on prend bien garde si elles ont mangé.
4. Elles doivent toujours avoir les yeux baissés sans regarder de côté ni d'autre, écoutant paisiblement la lecture; et puis, elles disent grâces avec les sœurs, et sortent au même ordre qu'elles sont entrées.
De la récréation.
1. Au sortir du réfectoire, on fait la récréation où les petites sont toujours séparées d'avec les grandes, afin de donner lieu aux grandes de s'entretenir plus doucement et plus sagement : ce qui ne se peut quand les petits enfants y sont, leur âge leur permettant de jouer à des jeux qui ennuieraient les grandes.
2. Si la récréation se fait à la chambre, les grandes s'arrangent tout en rond autour de leur maîtresse^ s'entretenant modestement et familièrement selon leur portée.
5. Il ne faut pas leur demander des discours si sérieux, ni qu'elles parlent toujours de Dieu : ce n'est pas qu'avec discrétion on ne puisse jeter quelques bons discours à la traverse, et si Ton voit qu'elles y prennent goût, on les continue.
4. On les peut laisser jouer à quelques petits jeux innocents, comme à des osselets, volants, ou quelques
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autres. Ce n'eéï pais qiie cela se jfàsseparîni nous présenlement J càt^, tors les plus petites, qui jouent toujours, ioulés travaillent satis perdf e leur tehips ; et elles y ont jiris urlé si bohUe habitude, qu'il ti*y a rien qui les enhUîe tàht que les récréations des fêtes, comme je l'ai déjà dit.
5. Oti ne ieut' permet point d'êtire séparées les unes dès auit'es, quand be serait dans la tnéme chambre, et ëhcôré motus d^étre deux bû trois ensemble, ni de se parler en sorte que Toh né les entende point. Tout ce qu'elles disent doit être entendu de leur maîtresse, et on entretient toujoui^ la cbtittime que Ton a prise, qui est qu'en quelque lieu que ce soit, on leur fasse dire tout lidut ce qu'elles ont dit ba^, à moins qu'elles disent tumbléinëht qii*elles supplient qu'on Ieut* permette de lie le dire qu'ien particulier à leurs maîtresses ; car tl pourirait arriver que ce serait quelque chose qui porterait grand dommage d^être entendu de toutes. Pour cette raison, elles sont instruites dans le p^ticuliër de ne dire jamais tout haut ce qu'elles auraient dit bas qui serait mauvais, et qui pourrait ttial édifier ou blesser là ctarité et il leur serait autant imputé à faute de l'avoir dit haut, que si elles avaient celé ce qui devrait être dit.
l5. Quoique la discrétion se trouve peu dans la jeunesse, on les y accoutume beaucoup à toute heure et à' toute rencontre, mais particulièrement à la récréatioii où il semble qu'elles ont droit de dire beaucoup de cnoses pour se divertir et se récréer, t'est pour4uoi leuts maîtresses ont soin de leur parler et de s'eûlrbte-
nir avec elles, afin de tes aidier à dire ded choses rai*» sonnables qui leur ouvreilt l*espi*it.
7. On ne souffre point qu'elles parlelil de ce qu'on leur a dit dans la confessioti ùi dans le particulier^ quand ce qu'elles voudraient dire serait de grande édi^ iicatioii. Car il se pourrait faire qu'il y en aurait quelqu'une à qui on n'aurait jatnais rien dit de semblable^ et cela leur donnerait de la jalbUsie.
8. Elles ne parlent point dii bhant des sœurs, en disant qu'une sœur chante mieU5[ que l'autre, ni des fautes qui auraient été faites au chœur, tti des communions des sœurs ; et on a soid de les acboutumer à ne point faire de discernement pour cela, et à ne point croire plus saintes celles qu'elles vert*aient communier plus souvent, ni plus imparfaites celleâ qtli le feraient faioinà. Dn leur dit dans les rencohtres que chacune suit le don de Dieu, et ce qlii lui e^t commandé par sa supérieure; et qu'il ne faut pas louer celles qui ié font souvent, ni condamner celles qui le font rareihent, niais laisser le tout au jugement de Moire-Sei»gneur.
9. Elles ne parlent point aussi de ce qui se fait au réfectoire, comme si quelqUe sœur avait fait quelque pénitence, hi même de celles qu'elles auraient faites elles-mêmes oii leurs compagnes.
10. On leur défend aussi de parler des pénitences qu'elles demandent en général quand ott les instriiiti de peur qu'elles n'en fassent un jeu ott qu'elles s'intimi* dent Tune l'autre.
H. Il ne leur est point non plus permis de raconter
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les songes qu'elles auraient faits la nuit, quelque beaux ou saints qu'ils puissent être.
12. Elles ne doivent rien dire de ce qu'elles auraient appris au parloir. S'il y a quelque chose qui soit d'édification, et qui puisse être dit à toutes, la maîtresse ne manquera point de le dire^ afin de leur ôter le désir qu'elles pourraient avoir que cela fût su.
43. On leur fait quelquefois part de quelques nouvelles que l'on sait, et qui sont indifférentes, comme est la véture de quelques sœurs, ou le contenu de quelque billet que l'on saurait mis au chœur pour recommander aux prières quelque personne, ou quelque affaire de piété, ou chose semblable, afin de leur ôter le désir d'en apprendre par des voies illicites.
14. On ne les reprend jamais, si l'on peut, pendant leur récréation ; on ne prend pas aussi ce temps-là pour leur parler de quelques règlements qu'on aurait à faire dans la chambre, de peur que cette heure-là ne leur donnât lieu d'en dire plus librement leur sentiment, et puis on serait obligé de les reprendre; ce qu'il faut toujours éviter autant que l'on peut.
15. Ce n'est pas que si elles faisaient des fautes de conséquence pendant la récréation, on le souffrît; au contraire, on les en reprendrait avec autant et plus de force qu'en une autre heure, de peur de leur donner lieu de ne pas craindre et de suivre leurs passions avec trop de liberté, sous prétexte de se divertir. Je dis seulement qu'on garde les petites fautes pour une autre occasion, et qu'on n'y parle jamais des fautes d'un autre temps*