DE L'ÉDITEUR
JLiA majeure partie de ces Lettres m*a été communiquée par une personne pour laquelle Rousseau aroît une amitié et une vénération particulières : on en jugera sans peine par le style de ces mêmes Lettres. S*il mtétoit permis de la nom« mer 9 les vrais amis de la vertu , de la
' philosophie , et'le petit nombre d êtres
privilégiés qui savent mettre leur sen-
i.** sibilité en ëquilibire aVec leur t*aison>
s'empi*esseroiçnt de confirmer le jugement de Téloquent auteur à^ Emile. Tous deux s'honorèrent long-tems d'une estime réciproque ; et si cette liaison finit
4 avant la tnort de Rousseau , ce fut le
f résultat de cette extrême susceptibilité
qui corrompit et défigura, durakit lesdernières années de sa vie ^ la douce sensi-»
billté qu'il avoit reçue de la nature. * Les autres Lettres qui composent ca
k^ecueil^ m'ont été remises pai* la famille du vertueux Malesherbes et par le citoyen Camus. On peut voir les originaux dans la bibliothèque du corps Législatif*
J*ai pensé que ces lettres pouvoient icontribueràfaireconnoitre le caractère de cet homme si sage, si sensible , et dont les erreurs , les fautes même y furent celles de sa destinée. Lorsque la nature forma Rousseau ^ disoit la personne à qui il adressa les premières Lettres de ce recueil , la Maison pétrit la pâte , et la Folie y )eta son levain.
J'ai placé à la tôte de ce volume y une lettre de J. J. Rousseau , calquée sur l'original de sa main pour ceux qui ver* sent encore des laf mes en lisant les dez^ nières pages de la nouvelle Héloïse, et qui savent jouir de tout ce qui peut leur rappeler le souvenir d'un grand homme»
Heureux le peuple oi!ii cette honnête su^ perstition ne sera trouvée dangereuse ou ridicule ni par le$ sages , ni par 1q% fous<
LETTRES
BE J. J. ROUSSEAi;
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