‹ Lettres parisiennes (volume 2)Chapitre 17 sur 23 · P:1MS · texte numérisé non relu

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Bien, pensons-nous, cela veut dire que deux ou trois petites caméristes l'ont choisi très-vite; il en a conclu que les Espagnoles avaient beaucoup de discernement.

Arrive un auire jugeur : Je suis furieux contre vous! s'écrie-t-il, comment pouvez-vous dire que les Italiennes, ont moins d'esprit que les Italiens? Mais moi, j'ai connu

une Italienne qui avait plus d'esprit à elle seule que tous les Italiens de l'Italie...

Alors nous nous rappelons une certaine comtesse en ni, dont la bienveillance célèbre explique cette opinion de notre ami.

— Dites tout de suite, répondons-nous, que vous avez connu une Italienne qui vous a trouvé plus d'esprit qu'à tous les Italiens de l'Italie, et n'en parlons plus.

Survient un jeune anglomane : Ah! quel plasphème! dit-il, prétendre que John Bull a plus d'esprit que les charmantes filles d'Albion!...

— Ne l'écoutez pas, interrompt le premier ami, il est .dans les fers de lady ***, il n'a plus voix au chapitre.

— Et lady *** l'écoute-t-elle?

— Non, elle se moque de lui.

— Ah ! c'est donc pour ça qu'il trouve aux Anglaises tant d'esprit. Eh bien, messieurs, nous voulons vous mettre d'accord, nous \ous faisons une concession, c'est que dans tous les pays du monde les femmes ont plus d'esprit que les hommes. Ètes-vous contents? Cette concession ne nous coûte rien.

LETTRE V

6 avril 1844.

Semaine sainte. — Fête favorite. — Le dimanche des Rameaux. — Le jour des Rois. — Le jour de Noël. — Vers d'une jeune femme. — La puissance des images. — La branche de buis bénit. — Le cheval de bois. — Le portrait de famille.

Chacun de nous a, parmi les fêtes de la religion qu'il professe, une fête de prédilection, un souvenir favori. Les uns préfèrent le jour de la Fête-Dieu, et regrettent ces

belles processions qui jadis parcouraient la ville dans tous les sens, avec les bannières flottantes, les essaims déjeunes filles aux regards baissés, parées d'une couronne blanche, couvertes d'un long voile blanc, et les bataillons d'enfants de chœur étalant avec orgueil au soleil leur robe écarlate; et puis les tentures des balcons, les magnifiques reposoirs ornés de candélabres superbes, de vases précieux, de fleurs et de dentelles, opulentes hôtelleries préparées par les seigneurs de la terre pour recevoir dans sa course bienfaisante le voyageur divin, roi des cieux ! Cérémonie poétique entre toutes les cérémonies, où l'on prie avec des parfums, où la vapeur de l'encens s'unit à la senteur des roses, dans un hommage si doux, que le fidèle lui-même en est enivré.

D'autres esprits, disons mieux, d'autres cœurs, affectionnent le jour de l'Assomption. Pour eux, la céleste Marie est l'idéal suprême; elle brille de tous les rayonnements, beauté, pureté, amour; elle commande par tous les' prestiges, elle joint l'imposante chasteté de la jeune fille à l'auguste dignité de la mère; elle est puissante par sa grâce, impérieuse par sa douceur, elle n'a d'effrayant que son innocence, et cependant c'est à elle encore que l'on vient demander le pardon de fautes qu'elle ignore et que l'on n'oserait confesser à sa candeur.

Pour les jeunes femmes, la fête de Noël est une fête chérie; ce bel enfant qui vient de naître séduit leurs yeux; elles éprouvent pour lui un sentiment qui ressemble à de l'amour maternel; la pensée de la Divinité ajoute peu de chose à cette tendre adoration ; qu'importe que ce soit un Dieu, c'est un enfant, cela suffit ; aux cœurs des femmes le Sauveur du monde parle moins que l'enfant Jésus. Cette fête de Noël est si touchante, qu'elle a rendu poëte une de

nos amies, fort ignorante jusqu'à ce jour dans l'art des vers. Voici quelques strophes d'une prière improvisée par elle il y a plusieurs années, un matin, en revenant de l'office de Noël :

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