‹ Lettres pastorales de Mgr. l'évêque de Montréal [microforme]Chapitre 13 sur 13 · NET = ERA RS RE LE DZ · texte numérisé non relu

NET = ERA RS RE LE DZ

point de morale est sous le domaine de l’Eglise, et tient essentiellement à son enseignement. Car sa divine mission est d'enseigner aux Souverains à gouverner avec sagesse, et aux sujets à obéir avec joie. Elle est chargée par le Ciel d’avertir les uns et les autres, quand ils oublient la loi de Dieu, qui impose à chacun des devoirs de conscience ; et les péchés des grands comme ceux des petits, sont soumis aux clefs, que J. C. lui a laissées, pour ouvrir ou fermer le Ciel à tous, sans exception. BH [1 est facile de conclure de là que tout journai, qui prétend être libre dans ses opinions religieuses et politiques, est dans l’erreur ; et Notre Vénérable Pontife va nous dire dans quel affreux abîme cette liberté d’opinions fait tomber non-seulement les sociétés religieuses, mais encore les sociétés civiles.

Il commence par nous montrer qu’elle mène à l’indifférentisme, qui est une des plaies hideuses de notre siècle, Puis il ajoute : ‘ On prépare la voie à cette pernicieuse erreur, par la liberté d’opinions pleine “et sans bornes, qui se répand au loin, pour le malheur de la société “ religieuse et civile, quelques-uns répétant, avec une entière impuden- “ ce, qu'il en résulte quelque avantage pour la religion. ” Mais, disait St. Augustin, ‘ qui peut mieux donner la mort à l'âme que la liberté de & l'erreur ?”

La liberté d'opinions n’est donc rien autre chose que la liberté de erreur, qui donne la mort à l’âme, qui ne peut vivre que de la vérité. Ainsi tout journal qui fait profession de la liberté d'opinions, fait marcher ses lecteurs dans les be à lerreur, qui mène les sociétés comme les particuliers à la ruine et à'Ta mort.

‘ En effet, continue notre bien-aimé Pontife, tout frein étant ôté, “ qui peut retenir les hommes dans les sentiers de la vérité, leur nature ‘ inclinée au mal tombe dans un précipice ; et nous pouvons dire avec “ vérité que le puits de l’abime est ouvert, ce puits d’où St. Jean vit “ monter une fumée qui obscurcit le soleil, et sortir des sauterelles qui “ ravagèrent la terre.”

Ici, le Pape empruntant ux passage de l’Apocalypse, qui s'applique, dans son sens naturel, à notre sujet, compare la liberté d'opinions à ces puits si profonds, que c’est un véritable abîme, et les conséquences qui

en résultent, à une fumée si épaisse, qu’elle empêche de rien voir, ou à une nuée de sauterelles voraces, qui ravagent la terre toute entière.

“ De là, poursuit-il, le changement des esprits, une corruption plus “ profonde de la jeunesse, le mépris des choses saintes et des lois les “ plus respectables, répandu parmi le peuple, en un mot, le fléau le plus mortel pour la société, puisque l'expérience a fait voir de toute anti- “ quité que les Etats, qui ont brillé par leur richesse, par leur puissance, “ par leur gloire, ont péri par ce seul mal, la liberté immodérée des opi-

“ nions, la licence des discours, et l'amour des nouveautés.”

Il est aisé de conclure de tout cela que la liberté d'opinions est une source empoisonnée, puisqu'il en sort des eaux si malfaisantes qu’elles donnent la mort aux nations, et qu’elle ne saurait être un principe régé-

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nérateur, comme on le prétend, puisqu’elle produit des résultats si déplorables. Oh ! loin de là ; c’est un principe erroné, absurde, ou plutôt un vrai délire ; car c’est ainsi qu’il est qualifié et noté par notre Pontife.

Nous allons maintenant mettre en regard de cette céleste doctrine, comme en présence d’un miroir lumineux, cette liberté d'opinions, en faisant parler un de nos journaux, qui en fait sa profession de foi. Vous allez voir, N. T. C. F., d’un seul coup d’æil, toute la laideur et la difformité du corps monstrueux de doctrine, qu’a enfanté cette liberté d’opinions.

La conscience de l’homme, dit ce journal, est inviolable ; et il ne peut élre appelé à rendre compte que de ses actes extérieurs, quand ils sont nuisibles au bien-étre de la société.

Si cela était vrai, Dieu n’aurait plus à se mêler de la conscience de l’homme qui dans le secret pourrait faire impunément tout le mal qu’il voudrait, sans avoir rien à craindre de personne, dans ce monde, ni dans autre. Ainsi, on nour:nit tout simplement fermer la porte de l’enfer, qui, loin d’être une de ces vérités terribles, qui met nécessairement un frein à la licence des mœurs, ne serait plus qu’une chimère ridicule. Que d’autres conséquences désastreuses on pourrait tirer de ce peu de lignes, tracées par une main libérale !

La tolérance pratique est un progrès inestimable, et une conquéte de la raison sur le fanatisme le plus cruel, et le plus dégoätant.

Arrêtons-nous un instant pour observer, qu'aux yeux de notre écrivain libéral, c’est tout simplement la Religion Cathclique, qui est ici représentée, comme étant elle-même le fanatisme le plus cruel et le plus dégoütant. Car, il n’y a qu’elle, remarquez-le bien, N. T. C. F., qui condamne et repousse avec horreur ceîte tolérance pratique, mais damnable, qui admet que toute religion est bonne ; et cette conquéle de la raison, qui est ce fatal rationr !‘sme du jour, qui met la raison de l’homme au-dessus de la raison de Dix. ‘je la foi nous apprend à adorer, quoique nous ne puissions pas la prendre. Que de blasphèmes dans ce peu de mots ! Mais écoutons er:re une fois ce que va nous dire ce Journal, libre dans ses opinions.

L'esprit d’une institution délibérante doit étre libre. Ses inspirations sont dégagées de tout contrôle, autre que celui du bons sens et de la morale de ses membres... Toute opinion... pourvu qu’elle se rattache à une question sérieuse, est érigée en principe, en dogme. es

Encore une fois, Dieu n’aurait pas à intervenir dans une Institution délibérante ; et pourquoi ? parce qu’elle doit être libre, c’est-à-dire, qu’elle n’aurait rien à fair- avec la Religion ; puisque sa seule règle est le bon sens de ses membres. Avec ce prétendu bon sens, on peut étre payen, mahométan, infidèle, hérétique et schismatique. Car il n'y a pas à douter qu’il n'y ait eu des hommes de génie et de bon sens, dans toutes ces classes d'hommes. Et erpendant, dans quels pitoyables écarts ils sont tombés, en fait de religion !

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Cette liberté d’opinions est donc, N. T. C.F., un principe absurde et insoutenable. Il serait d’ailleurs souverainement dangereux dans la pratique ; d’où il s’en suit qu’il ne peut être permis à aucun Catholique d’encourager un journal qui en ferait profession. Car il est tout clair que c’est toujours un crime de faire le mal, ei. propageant des erreurs, qui ont nécessairement des conséquences r:.1eureuses, pour les peuples, comme pour les particuliers.

2°, Montrons maintenant que l’Eglise ne doit pas étre séparée de V Etat : car c’est une autre prétention du Parti libéral, pour se débarras-

ser de la gêne que lui cause la religion, avec ses principes invariables.

Observons d’abord que cette singulièr. 5rétention fut principalement

soulevée, et soutenue avec opiniâtreté, par un trop fameux incrédule de ce siècle, qui, plein de son dangereux talent, se crut, dans son orgueil insensé, appelé à régénérer l'Eglise de Dieu, et à changer les immuables constitutions, sur lesquelles l’a posée, dès le principe, son divin fonl:*"1r. Cette question brûlante, à cette époque, excita nécessairement de &: : ‘les discussions ; et finalement, le St. Siége dut intervenir pour la trancier. Or, c'est ce qu'il fit, avec sa sagesse ordinaire, par la bouche de Grégoire XVI, qui occupait alors la chaire de St. Pierre.

“ Nous n’aurions, dit ce Souverain Pontife, rien à présager de plus “ heureux, pour la Religion et pour les Gouvernements, en suivant les “vœux de ceux qui ven'ent que l'Eglise soit séparée de l'Etat, et que la “ concorde mutuelle de l'empire avec le Sacerdoce, soit rompue, Car ‘ il est certain que cette concorde qui fut toujours si favorable et si salutaire “ aux intérêts de la Religion et à ceux de l'Autorité civile, est redoutée par ‘les partisans d’une liberté effrénée.”

Ainsi, conme vous le voyez, N. T. C. F, l'union de l'Eglise et de l’Etat se trouve consacrée par cette doctrine, que vous enftigne le Père commun, comme favorable aux peuples ; elle est proclamée comme salutaire aux intérêts civils comme aux intérêts religieux ; les seuls partisans d'une liberté effrénée sont dits la redouter ; et il n’y a qu'eux qui cherchent à la rompre.

C'était en conformité avec cette doctrine du Chef Suprême de l'Eglise, que tout dernièrement les Evêques de Belgique et de Sardaigne rappelaient à leurs peuples leur obligation de faire valuir leurs droits de citoyens, pour se maïntenir dans la profession de tous leurs droits religieux, qui font partie de la constitution de ces deux royaumes. (C’est d'ailleurs une chose bien connue de tous ceux qui ont lu l’histoire des différentes nations, que cette union de l'Eglise et de l'Etat est, sans contredit, le meilleur moyen de ne pas entrer en révolution, ou d’en sortir, si on est tombé Gans ce déplorable malheur.

Ecoutez maintenant, N. T. C. F., ia pernicieuse doctrine du Journalisme libéral, qui, par un de ses organes, prétend que l'Eglise et l'Etat doivent avoir une existence séparée, vivre chacun de leur propre vie, et non s'identifier dans une action commune. ..... qu'une telle opinion est bien "til et que nous ne serons sûrs de voir régner la pair, l'harmo-

nie, la prospérité, dans cette Province du Canada, que lorsque ce princi-

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pe aura reçu sa pleine consécration... que des hommes libres répudieront toujours cette prétention absurde. sacriléve, de faire de la Religion, la servante d'une mauvaise cause politique.

À ce langage impie, vous reconnaissez aisément, N. T. C. FF. les partisans de la liberté effrénée, dont vient de nous parler le Père commun. Lui, qui écrit sous les divines inspirations du St. Esprit, il signale comme favorable et salutaire la concorde de l'Empire avec le Sacerdoce. Eux, sous d’autres inspirations sans doute, ils ne craignent pas de dire que la paix, l'harmonie, la prospérité ne pourront régner ici que lorsque la Religion et le Gouvernement seront entièrement séparés.

Une telle impiété vous fait sans doute horreur, N. T. C. F, et Nous pourrions nous en tenir là. Nous allons tontefois vous signaler deux faits incontestables, qui vous feront comme toucher du doigt la fausseté et l’absurdité de ce principe, que la Religion est un obstacle à la pair, à l'harmonie et à la prospérité des gouvernements.

Voici le premier fait. A une certaine époque qui n’est pas encore éloignée de nous, la France répudia la Religion, qui en avait fait une si grande nation. D’horribles commotions s’agitèrent alors en tous sens ; des gouvernements plus sanguinaires les uns que les autres se culbutèrent en peu d’années ; à la tête de ces gouvernements parurent des hommes qui commirent des cruautés inouïes chez cette nation, si renommée jusqu'alors par ses mœurs douces et aimables ; des flots de sang coulèrent dans toutes les villes et les provinces ; toutes les Eglises furent détruites ou fermées ; tous les Evêques et les Prêtres furent massacrés on exilés ; enfin, malgré des succès étonnants en apparence, la France fut vaincue par les nations

welle avait fait trembler ; et son immense Capitale tomba sous le pouvoir des peuples alliés, pour arrêter ce torrrent révolutionnaire, qui répandait partout la désolation, la frayeur et la mort.

Tels sont les fruits amers de la liberté d'opinions que l’on cherchait à faire régner, à la place du principe de l’obéissance, que la Religion enseigne à ses enfants, envers tous les gouvernements. Or, ces fruits amers, nous les goûterons un jour, si jamais la liberté d’opinions vient à prévaloir parmi nous. À vous done, N. T. C. F., de vous préserver de cot épouvantable malheur, en repoussant avec horreur ce mauvais principe, que l'on travaille à répandre, par tous les moyens possibles, et surtout par la voie des mauvais journaux.

Voici maintenant le second fait, qui nous montre tout le contraire, savoir, que la concorde de l’Empire avec le Sacerdoce assure le bonheur et la prospérité des peuples. La France, revenue de son délire religieux, a rappelé, de l’exil, la Religion dont l’absence lui avait été si fatale. Elle 2 ouvert de nouveau ses temples, et relevé ses autels. En se constituant sur de nouvelles bases, elle a fait une nouvelle alliance avec le Sacerdoce. Elle est allée chercher le Pontife Romain, réfugié à Gaëte ; et elle l’a fait asseoir sur le Trône des Etats Pontificaux, qui sont le patrimoine de St. Pierre. Elle a inauguré solennellement, sur ses flottes, les Images de PAuguste Marie, qui fut toujours la première Reine, comme la première Impératrice de cette puissante nation. Or, depuis cette réconciliation, voyez

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comme la France est prospère et heureuse ; comme son nom est grand dans le monde entier ; comme ses armées sont victorieuses, comme son Souverain est prodigieusement entouré de la protection du ciel ; comme son amitié est recherchée et son alliance ambitionnée !

Ces deux faits, que Nous choisissons de préférence entre beaucoup d’autres, parce qu'ils se trouvent liés avec l’histoire de notre ancienne Mère-Patrie, suffiront sans doute pour vous prouver de plus en plus, N.T. C. F., que l’expérience est là pour attester que les enseignements de l'Eglise sont vrais; et par une conséquence nécessaire, que ceux du libéralisme sont faux et trompeurs. D’où vous concluerez qu’il nous faut nous attacher plus que jamais à cette sainte Mère, qui ne s'unit si tendrement avec tous les Gouvernements, sous lesquels la divine Providence la piace, que pour mieux travailler au bonheur spirituel et temporel de ses enfants. Enfin, vous en concluerez que ce serait être bien aveugle sur ses propres intérêts, que de retirer à ses Pasteurs la confiance que l’on a toujours eue en eux, pour la donner à des hommes qui professent des principes si mauvais et si dangereux.

80. Montrons enfin que la Religion peut et doit s’allier avec une bonne et saine politique ; parceque, dans les vues de la divine Providence, qui veille sur la Société Civile comme sur la Société Religieuse, l’une et l’autre sont faites pour contribuer au bonheur de l’homme sur la terre.

Cest là, N.T. C.F., ce qu'il faut appeler le patriotisme religieux qui, comme vous le voyez clairement, est l’intime et sainte alliance qui unit le citoyen au chrétien, le Laïque au Prêtre, le Fidèle au Pasteur, le Ministre d'Etat à l’Evêque, le Roi au Pape, la Société Civile au Divin Sacerdoce de J.-C.

Maïs vous comprendrez et sentirez mieux les motifs qui Nous portent à insister ici assez longuement, sur ce patriotisme religieux, quand nous aurons lu ensemble ce que dernièrement un journal libéral écrivait, à propos des élections qui ont fait gémir tous les gens de bien, à cause de 1 démoralisation qui en a été le triste résultat.

Le cri religieux, dit ce journal, « été employé avec profit... T est à regretter que la Religion soit ainsi introduite sur le terrain de la politique ; rien n’est plus préjudiciable à nos propres intérêts... C'est le comble de la folie que de risquer Pavenir du Pays, pour le plaisir de faire triompher telle ou telle doctrine relivieuse.

Il est donc évident que le parti libéral, dont ce journal est l'écho, répudie la Religion, et qu’il ne peut ni la voir ni la rencontrer sur le terrain de la politique. Car ce serait, selon lui, toujours à regretter, parce que c’est une chose préjudiciable, et même le comble de la folie.

D'un autre côté, l'Eglise, par la bouche du Souverain Pontife, nous déclarant que cette concorde est favorable aux intérêts de la Religion et aux

Autorités civiles, il devient nécessaire de vous bien faire connaître le yaériotisme religieux, que l'Eglise bénit, tandis que les partisans d'une liberté effrénée la répudient.de toute leur âme, D'ailleurs, ce religieux patriotisme étant comme vous allez le voir, un bien de famille, que nous ont 1:16 nos pères, c’est un devoir pour nous de le conserver précieusement. |

Le patriotisme religieux est l'amour tendre, fort et désintéressé, que la

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Religion seule peut inspirer pour la patrie. Ceux qui sont animés de ce patriotisme ont pour principe que leur âme est à Dieu, et leur corps à leur ays. Ils vivent donc de la même vie, en ne vivant que poux la Religion et a Patrie. Voilà pourquoi ils sont en même temps bons Chrétiens et bons Citoyens.

Ce patriotisme religieux fait que le bon citoyen aime ot défend la Religion comme s’il était Prêtre ; et que le Prêtre aime et défend sa Patrie comme s’il était citoyen. Avec cet amour mutuel, ceg deux hommes se rencontrent, tantôt sur le terrain de la politique, et tantôt sur celui de la Reli-

ion, sans jamais se blesser. Tout au contraire, ils s’entr’aident, avec tant ke cordialité, que toujours ils prospèrent dans leurs entreprises, qui n’ont du reste d'autre but que le maintien des bons principes et le bonheur du peuple. | Car c’est un axiôme, avoué de tout le monde, et proclamé avec enthousiasme par toutes les bouches religieuses et politiques : Que l'union fait la force.

Mais revenons à quelque exemple, pour rendre ces vérités encore plus lumineuses et plus frappantes. Nous n’irons pas loin pour le chercher ; car il se trouve dans notre propre histoire; il appartient à notre nationalité ; il fait partie de nos chroniques ; enfin, c'est un exemple domestique et comme un trait et caractère de famille. Rien ne saurait par conséquent nous intéresser davantage. Le voici cet exemple remarquable, avec tous ses détails.

Lorsque nos pères, il y a déjà plus de deux siècles, quittèrent leur belle et heureuse Patrie, pour s’en faire une adoptive, dans ce pays alors sauvage, ils apportèrent icile Patriotisme religieur, qui, pour leur cœur de foi, était le vrai feu sacré. Car ce fut l'amour de lenr antique Relision et de leur nouvelle Patrie, qui leur fit traverser les mers, qui leur fit planter la croix sur ce rivage et au milieu de leurs pauvres cabanes ; qui les arma du crucifix et de l'épée, et leur fit faire des prodiges de valeur pour défendre leurs autels et leurs foyers, contre de cruels sauvages et de fanatiques hérétiques.

Mais enfin, après un siècle de généreux dévouement, pour défendre la cause commune, la Religion et la Patrie, la divine Pr: vidence, toujours addrable dans ses desseins, donna la victoire aux Anglais qui, en 1759, assiégeaient Québec ; et aui, l’année suivante, vinrent occuper Montréal, et complétèrent ainsi la conquête de tout le pays. :

Le Canada était done vaineu, mais le patriotisme canadien ne l’était pas. Car nos pères, avant de mettre bas les armes, se souvinrent qu'ils nétaient venus penpler ce pays que pour en faire un pays religieux. Ils capitulèrent done avec leurs vainqueurs ; et forts da leur patriotisme, ils demandèrent hardiment, pour tous les habitants de 12 colonie, Le droit d’être conservés dans la possession de leurs biens; pour tous leg Catholiqnes, {e li!re exercice de la Religion : pour leur Clergéet leurs Communautés, des sarves-vardes, les dèmes ct tous les droits accoutumés ; et pour leur Evèque, le libre exercice de ses fonctions épiscopales (Capitulation de Québee et de Montréal).

Voilà comme nos religieux ancêtres pensèrent et agirenf, dans des cir-

constances si critiques pour eux, puisqu'ils étaient sur le point de passer sous :

une domination étrangère, et de tomber au pouvoir d’un gouvernement qui, à cette époque, faisait mourir ses propres sujets pour cause de religion.

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k 40 . Is devaient donc prévoir, qu’en demandant le libre exercice de leur sainte Religion à leurs nouveaux maîtres, ils s’exposaient à un refus formel; et qu'ils compromettaient gravement leurs intérêts civils et matériels en cherchant à conserver leurs droits religieux. Par conséquent, s'ils eussent été libéraux, comme on voudrait que vous le fussiez, ils n’auraient pas dû risquer de perdre leurs biens et tous leurs droits civils, pour le plaisir de faire triompher la cause de la Religion. Ils ont au moins tout risqué; Et Dieu les à bénis, comme il bénit toujours les peuples qui mettent en lui toute leur confiance. Car il en est résulté qu'ils ont été maintenus dans la possession de leurs biens, et dans le libre exercice de la religion. Ainsi, ils n’ont pas eu à regretter d’avoir fait cause commune avec la religion ; et leur ro si noblement exercé pour la protéger, est loin d’être le comble de la olie.

C'est là le précieux héritage que nous ont légué ros pères ; et si nous le recueillons avec soin, il nous sauvera tous, dans ces terribles commotions, qu se font sentir si souvent, dans toutes les parties du monde. Grâces à

ieu, nous l’avons conservé jusqu'ici. Car il fait encore partie de notre Constitution : il entre dans toutes nos lois : il siége dans toutes nos cours de justice: il tient à toutes nos habitudes : il s’infiltre dans toutes nos institutions ; il se glisse enfin dans tous les rangs de notre société. Qui donc 8erait assez ennemi de tout bien pour vouloir travailler à déchirer nos entrailles, pour en arracher le patriotisme religieux qui fait notre gloire nationale, aussi bien que le bonheur de nos familles ?

Aussi, vous voyez comme il se déploie avec magnificence dans nos joyeuses fêtes patriotiques ; comme il traverse pompeusement nos rues, aux jours anniversaires de nos solennités ; comme, dans nos villes et nos campagnes, il va, chaque année, sous la bannière de St. Jean-Baptiste, se retremper au pied des saints Autels ; comme:il excite en tous lieux l’enthousiasme des Prédicateurs et des Orateurs, qui s’abandonnent à ses ardentes inspirations, pour répéter à l’envi, et dans les chaires évangéliques, et dans lætribune patriotique, que nous avons toujours été, que nous sommes encore, et que nous serons toujours Canadiens-Catholiques, que nous ne pouvons pas être autre chose, que nous sommes faits pour vivre d'accord comme de bons frères, que notre plus grand malheur serait de rompre cette heureuse société ; que le laïque ‘doit participer, par son dévouement pour la religion, à ce Sacerdoce royal, dont parle St. Pierre, pendant que le Prêtre travaille à mériter La couronne civique, par ses sacrifices pour le bien dela patrie. Quam bonum et quam jucuntum habitare fratres in unusmn (Psaume 132, 1).

Ceux-là, N. T. C. F., ne connaîtraient donc pas nos vrais intérêts qui, en toute occasion, crieraient contre l'influence religieuse et l'intervention cléricale ; contre les membres du Clergé, qu'ils accuseraient de laisser PAutel pour le husting, la chaire pour la tribune ; qu’ils chercheraient à faire passer pour des hommes qui oublient les intérêts du peuple, ou qui inventent de nouveaux péchés. Le cœur ne saigne-t-il pas de douleur, quand on lit et entend des inculpations si injurieuses et si fausses, contre un

ergé qui, grâces à Dieu, a toujours été le tendre et sincère ami du peuple! Mais revenons à nos religieux parents.

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Ils demandèrent, en capitulant, au Gouvernement, dont ils allaient devenir les sujets, que leur Evêque fût protégé, afin qu’il pût exercer libre: ment et avec décence..… les sacrés ministères de la Religion Romaine.

Ils furent exaucés, comme vous le savez tous, N. T. C. F, et c’est bien là où nous devons admirer la conduite de l’adorable Providence, qui ne manque jamais de protéger ceux qui font leur devoir, en s’abandonnant aveuglément à ses soins maternels. Aussi, devons-nous à la justice et à la reconnaissance de dire ici que notre Canada, sous un gouvernement protestant, est un des pays du monde entier, où la Religion catholique s'exerce avec plus de liberté, de décence et de pompé. Les enfants de l'Eglise seraient-ils donc les premiers à mépriser leur sainte et bonne Mère, qui jusqu'ici a su se faire respecter par ceux qui ne croient pas eu elle !

Nos pères demandèrent aussi que leurs Communautés fussent protégées, parce qu’ils voyaient, dans ces saintes Institutions destinées à donner l'éducation ou à exercer la charité, des éléments de gloire nationale, aussi bien que des moyens de protection, pour leur sainte Religion. Vous voyez aujourd’hui qu’ils ne se sont pas trompés dans leur calcul. Car outre leg services que ces pieuses maisons n’ont cessé de rendre à ceux qui vous sont les plus chers, vos enfants et vos pauvres, ne font-elles pas, à l’heure qu'il est, bénir le nom Canadien, dans les immenses territoires de la Baie d'Hudson, de la Rivière Rouge, de l’Orégon, ou Colombie, du Chili et dans la grande Ile de Vancouver.

Nous sommes heureux de pouvoir vous rendre ici le glorieux témoignage que vous avez religieusement conservé cet attachement de nos pères pour toutes les communautés, dont la divine Providence a doté notre jeune Pays. #et attachement se manifeste avec éclat, par le zèle que l’on montre, en toute occasion, à les défendre ; par les sacrifices généreux que l’on fait pour les établir, et par l’empressement que l’on témoigne à profiter de leurs services. Car quoique Dieu ait daigné les multiplier, par les bénédictions dont il se plait à les combler, elles ne peuvent encore satisfaire à tous les besoins. Vous en avez donné des preuves éclatantes, dans ces dernières années ; et tout dernièrement encore, en répondant à l’appel qui vous fuf fait en faveur de la mission de Vancouver, pour laquelle vous avez donné plus de cinq cents louis. Que Dieu, N. T. C. F., vous le rende au spirituel et au temporel, dans ce monde et dans l’autre !

Mais ne vous arrêtez, pas à ces beaux commencements ; au contraire, montrez-vous de plus en plus zélés pour toutes ces intéressantes Missions Canadiennes, en vous agrégeant tous à l'Association de la Propagation de la Foi. A ce propos, Nous aimons à vous annoncer que bientôt de nouveaux sujets partiront pour la Rivière Rouge et pour l’Orégon. Or, il est à désirer que nous les aidions à se rendre avec courage, dans leur nouvelle patrie, et à travailler avec ardeur à faire connaître, aimer et servir Dieu et son Immaculée Mère. . |

Enfin, nos Pères demandèrent et obtinrent, à la capitulation du Pays, pour leur Clergé, le droit de percevoir les dîimes et autres oblations ac- Coutumées. Mais remarquez-le bien, ils voulurent que ce fût, pour eux @6 leurs enfants, un droit légal, comme déjà c'était un devoir de conscience.

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Cet acte de patriotisme religieux est aujourd'hui, plus que jamais, N.'T. C. F., digne de notre attention, aussi bien que de notre étonnement. Nous allons donc le considérer ici sous les différents points de vue, religieux et politiques, qu'il se présente à nous ; et nous verrons quel était l'esprit qui animait nos bons pères, quand ils s’imposaïent si généreusement un si noble sacrifice.

Sentant vivement le bonheur qu'ils avaient de vivre au sein dela vraie Religion, hors de laquelle il ne saurait y avoir de salut, ils comprirent qu'ils devaient prendre un moyen sûr de ne jamais manquer de Pasteurs, dont le ministère est RE TT nécessaire, pour l'administration des Sacrements et la sanctification des âmes,

Ce moyen leur parut tout trouvé, dans la loi de la dîme, à laquelle ils étaient accoutumés, et dont, par conséquent, ils pouvaient apprécier les avantages par leurs propres expériences. Et en effet, ils voyaient que chacun payait selon son moyen ; et rien ne pouvait être plus juste. D'un autre côté, ils ne pouvaient prévoir ce qui remplacerait la dîme, si elle était supprimée. En recourant aux taxes, pour que tous fussent obligés de contribuer au soutien des Pasteurs, ils se seraient exposés à deux graves inconvénients, celui surtout de faire vivre un collecteur, en même temps que leur curé, et aussi de payer autant dans les mauvaises années que dans Îles bonnes. En laissant à chacun la liberté de payer ce qu’il voudrait, pour une chose qui intéresse également tout le monde, il en serait résulté l’inconvénient qui se fait sentir partout, quand il s’agit de souscriptions volontaires, savoir que c’est toujours aux gens de bonne volonté à tout faire ; et qu’assez souvent les gens qui sont le plus en moyens sont ceux qui donnent le moins. Raisonnez comme eux, N. T. C. F., et malgré toutes les trompeuses insinuations que pourraient vous faire des hommes qui chercher

lus leurs intérêts que les vôtros, vous n’en viendrez jamais à demander a suppression d’une loi dont vos pères ont d'eux-mêmes sollicité le maintien.

Vivant d’ailleurs dans l’intimité avec leurs Pasteurs, ils connaissaient leur bon cœur pour les pauvres de la Paroisse, pour l'Eglise, pour l'Ecole, pour le Couvent, pour la maison de charité, et pour tout ce qui pouvait contribuer au bien commun. Ils ne craignaient done pas de trop les enrichir, en voyant ainsi de lours yeux l'emploi honorable qu'ils faisaient de leurs revenus ecclésiastiques. Maïs si aujourd’hui, ils pouvaient, comme vous, voir tout le pays couvert de tant d'établissements, que la dîme a si puissamment encouragés, comme ils béniraïent Dieu de leur avoir donné une si heureuse inspiration !

Etant surtout pénétrés de foi comme ils l'étaient, ils comprenaient que Dieu récompense, dans ce monde, au centuple, tout ce que l’on donne à son. Eglise, qui le représente sur la terre. Or, leur confiance a été abondamment récompensée, comme il est facile de s’en convaincre, en considérant combien nous sommes heureux, nous qui sommes les enfants de pères si généreux et si dévoués pour la Relirion. è

A. ce sujet, il faut, N. T. C. K., que Nous vous disions ici une de no8 impressions de voyage, qui revient à notre sujet ; c'est que vous êtes un

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des peuples les plus heureux du monde, parce qué vraiment Dieu s’est plu à vous combler de toutes sortes de bénédictions. Plenus erit benedictionibus Domini (Doct. 83, 23). Ac

. Vous êtes heureux d’avoir eu, pour pères, des hommes de foi, qui vous ont transmis des bénédictions plus abondantes que celles que leur avaient léguées leurs ancêtres. Benedictiones patris tui confortatæ sunt benedictionibus patrum ejus. (Gen. 49, 26). Puissent ces bénédictions se multiplier encore dans vos enfants et dans vos petits enfants, et jusqu'à la dernière génération ! |

Vous êtes heureux, dans le pays que la Divine Providence vous a donné, pour votre part d'héritage. Car il est un des plus beaux, des plus fertiles, et des plus salubres du monde. Benedictio in medio terræ (Isai. 19, 24). Il est arrosé par notre magnifique St. Laurent qui, par l'immense quantité de ses eaux, est comme le roi des fleuves de l'univers. Benediclio illius quasi fluvius inundavit (Eccli. 89, 87). Il est couvert de belles Eglises et de riches habitations, qui en font comme un Paradis. Gratia sicut Paradisus in benedictionibus (Eccli. 40, 17).

Vous êtes heureux dans vos épouses, qui pour la plupart offrent le beau caractère de la femme forte, dont l’Ecriture fait un si admirable portrait, et qui, au témoignage de l'Esprit-Saint lui-même, est un des plus beaux dons que Dieu puisse faire à l’homme sage et vertueux. Dicatur benedictio super uxorem tuam (Tob. 9, 10). A

Vous êtes heureux dans vos enfants, qui forment partout des familles patriarchales, Benedictio Patris confirmat domos filiorum (Eccle. 8, 11). Ces chers enfants, vous les voyez sans doute, avec complaisance, s'élever aux différents degrés du sanctuaire, de la législature, du barreau, ct autres professions honorables, quand vous avez pu leur donner uue éducation soignée. Vos Evêques, vos Prêtres, vos Juges, vos Magistrats et autres citoyens marquants se glorifient presque tous d’appartenir aux respectables familles du peuple d'un pays si privilégié.

Vous êtes donc heureux, honorés et glorifiés, N. T. C. F. lorsque vous savez profiter de toutes les faveurs que vous prodigue la Divine Providence, dans ce cher Canada, qui est la portion chérie de votre héritage. Fixezvous done tout de bon sur ce sol béni, et ne croyez pas ceux qui, pour vous faire émigrer sur une terre étranvère, chercheraient à vous faire croire qu’ici, dans votre belle patrie, vous êtes malheureux. À l'exemple de vos pères, craignez le Seigneur, attachez-vous à la religion, bâtissez-lui des temples, et soyez dociles à la voix de vos Pasteurs, ot vous verrez comme le Seigneur est bon envers ceux qui l’aiment et qui s’attachent de tout leur cœur à eette divine Relirion. | ;

Mais il est temps, N.'T. C. F, de tirer quelques conclusions pratiques de tout ce que Nous venons de vous dire. L

lo Il vous est défendu de lire, où d'encourager d’une manière quelconque, une gazette qui serait irreligieuse, hérélique, impie, immorale ou libérale, dans le sens qui vous a été expliqué. C’est à vos Pasteurs à vous indiquer celles qui seraient dangereuses à la foi ou aux mœurs, s’il vous restait encore du doute après tout ce qui vous a été dit.

20. Dans vos élections de Représentants, Maires, Conseillers, Commissaires d’Ecole, Syndics pour bâtisses d’Eglises et autres laissées à votre choix, vous devez vous considérer comme obligés en conscience de ne voter que pour ceux que vous croyez, au meilleur de votre connaissance, avoir la bonne volonté et la capacité nécessaire pour remplir honorablement les charges que vous voulez leur confier. Autrement, vous répondrez devant Dieu du mal qu’ils feraient par leur malversation.

30. Il ne vous est pas permis de recevoir de l’argent, ou autre chose estimable à prix d’argent, comme prix de votre vote ou suflrage dans les élections. 6

40. Il vous est sévèrement recommandé de bien faire attention, lorsque l’on exige de vous le serment, durant les élections, afin de ne pas vous laisser surprendre. Car, devant Dieu, c’est toujours un parjure damnable et un faux serment que de jurer contre la justice ou la vérité, pour faire triompher une élection quelconque. à ,

50. Dans les temps d'élections, comme dans tout autre, il faut éviter avec soin les excès de boisson, les querelles, les animosités, les mensonges, les Caion. "es, les injures, les batailles et les meurtres. C’est comme de raison à vVOs Pasteurs à vous avertir alors, comme toujours, de vous abstenir de ces horribles scandales, qui vous exposeraient au malheur de la damnation éternelle, si vous veniez à succomber dans quelqu’une de ces commotions, qui si souvent troublent la paix qui devrait toujours régner dans les élections.

60. Ainsi ne croyez pas ceux qui voudraient vous faire croire que vos Pasteurs n’ont rien à dire ou à faire, durant les élections. Car c’est tout le contraire, pour la raison toute simple qu’alors vous êtes exposés à commettre plus de péchés qne dans tout le reste de l’année. Sachez donc qu’il leur faut accomplir ce devoir rigoureux, en dépit de toutes les déclamations des journaux mal-inteationnés. De votre côté, c’est votre devoir de les écouter, Lorsqu'ils vous prêchent ainsi l’ordre et la paix, non seulement en chaire, mais en tout autre lieu où ils vous trouveraient exposés au danger d’offenser Dieu. ;

To. Enfin, faites-vous un devoir d'encourager les bons journaux, qui répandent les bonnes doctrines, qui recommandent l'ordre et la paix, qui respectent la pudeur et les mœurs, qui honorent la Religion et la font aimer, qui enseignent à être de bons citoyens, qui donnent d’utiles leçons et de sages conseils, pour apprendre à chacun ce qu'il doit faire, pour servir la patrie utilement, sans oublier les devoirs imprescriptibles de la Religion, et qui enfin sont le fruit de tant de veilles, de sacrifice et de peine. :

Car, n’en doutez pas, N. T. C. F, il en coûte beaucoup à ceux qui, oubliant leur propre tranquillité, se livrent à un ouvrage si ingrat, par zèle pour la propagation des bons principes, et font un si noble usage des talents que leur a donnés la Divine Providence. Vous devez donc leur en savoir gré, puisqu’en les consacrant à la gloire de la Religion et de la Patrie, ils rendent à vos familles un éminent service, en les prémunissant contre tout

er de séduction et d'erreur.

Nous ne saurions mieux terminer cette longue Lettre Pastorale,

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qu’en joignant nos voix à celles du Vénérable Pontife Grégoire XVI. dont nous avons si souvent invoquer la suprême autorité, pour faire ena nble cette belle prière, qu’il envoyait au ciel en terminant sa mémorable Encyclique, qui nous a servi de guide, Disons donc, avec ferveur, avec ce religieux Pontife :

“ Afin que tout cela arrive heureusement, levons les yeux et les 4 mains, vers la très-Sainte Vierge Marie, qui seule a anéauti les héré- “ gies, et qui forme notre plus grand sujet de confiance, ou plutôt qui est “ tout le fondement de notre espérance. Qu’au milieu des besoins pres- 4 gants 1 troupeau du Seigneur, elle implore par sa protection une issue “ favorable, pour nos efforts, pour nos desseins et pour nos démarches, “ Nous demandons instamment, et par d'humbles prières, et à Pierre, 4 Prince des Apôtres, et à Paul, son collègue dans l’Apostolat, que vous “ empêchiez, avec une fermeté inébranlable, qu’on ne pose d’autres fon- “ dements que celui qui a été établi de Dieu même. Nous avons donc “ cette douce espérance que l’Auteur et le Consommateur de notre foi, & Jésus-Christ, Nous consolera enfin, dans les tribulations qui nous sont “ survenues de toutes parts, et Nous vous donnons affectueusement à ‘ vous, Vénérables Frères, et aux brebis confiées à vos soins, la Béné-

: diction Apostolique, gage du secours céleste,” (Encyc. 15 Août, 1832),

Sera la présente Let‘"e Pastorale lue et expliquée, autant de fois qu'il sera jugé nécessaire, au ne de toutes les Eglises, dans lesquelles se célèbre l'Office public.

DONNÉ à Montréal, le trente-unième jour du mois de Mai, dans lequel tombe, cette année, la Fête de Notre-Dame de Bonsecours, l'an mil huit cent cinquante-huit, sous notre seing et sceau et le contre-scing de

notre Secrétaire, Ha IG. ÉVÊQUE DE MONTRÉAL.

Par Monseigneur,

JOS. OCT. PARÉ

Chan. Secrétaire.

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