‹ Lettres pastorales de Mgr. l'évêque de Montréal [microforme]Chapitre 12 sur 13 · SRE MEET EC LÉ · texte numérisé non relu

SRE MEET EC LÉ

trième siècle l'Empereur Constantin reconnaître solennellement, dans le Concile de Nicée, que, dans les affaires de religion, ies Evêques étaient au-dessus de lui ; et ce religieux Prince portait une si profonde vénération aux Pasteurs, qu'il disait que s’il voyait un Evêque commettre quelque faute, il le couvrirait aussitôt du manteau impérial, afin que personxe, ne pât en prendre occasion de le mépriser; et on n’avait:pas.de peine à le croire, lorsqu'on le voyait baiser avec respect, le grand Ozias, Evêque de Cordoue, qui avait perdu un œil dans la persécution de Dioclétien. Ceux qui alors, comme aujourd'hui, méprisaient les Pasteurs et résistaient à leur autorité, c’étaient les hérétiques, les schismatiques et les mauvais chrétiens. Il est facile de s’en convaincre, en lisant l'Ecriture Sainte ; et c'est ce qu’atteste, entr’autres, l’Apôtre St, Jean, en nous faisant connaître un de ces hommes qui, pour faire le mal, sans opposition, cherchent à ruiner l’autonité des Pasieurs, Ce passage, tiré de la troisième Epitre du disciple bien aimé, convient si bien à notre sujet, que nous allons le rapporter tout au long: J'aurais peut-étre écrit, dit-il à son cher Caïus, à l’Église, établie dans notre ville, mais Diotrèphe, qui aime à y tenir le premier rang, ne veul pas nous recevoir. C’est pourquoi, si

je viens jamais chez vous, je le reprendrai publiquement, et dans l’assem-

blée des fidèles, du mal qu'il fait, en semant contre nous des propos injurieux et pleins de malice (9, 10).

Maintenant, N.'T. C. F., faites bien attention à ce qui se passe parmi nous et vous verrez toujours à la :ête des partis, qui s’élèvent tantôt dans une paroisse et tantôt dans une autre, pour combattre l'autorité des Pasteurs, ceux qui sont les moins religieux ; ou plutôt qui négligent les devoirs les plus stricts de la religion ; ceux que l'on ne voit que bien rarement, ou point du tout, au tribunal de la Pénitence, ou à la sainte table ; ceux qui fréquentent plus volontiers les auberges et autres raaïsons de plaisir qu« les Eglises et pieuses confréries ; ceux qui travaillent à tout prix et par toutes sortes de moyens à s'élever au-dessus des autres ; ceux qui suscitent des divisions déplorables, des dissentions haineuses, des procès ruineux ; ceux qui, malgré les bons avis qui leur sont donnés, font circuler dans leurs paroisses et ailleurs les plus mauvais journaux, débitent les nouvelles les plus scandaleuses, répandent les bruits les plus faux. Que si parfois de bons chrétiens font cause commune avec eux, c’est qu’ils sont trompés. Mais ils ne manquent pas de se ranger à leur devoir dès qu’on leur a fait connaître la vérité,

Concluons, N.'T. C. F., de tout ce que Nous venons de dire, que chaque Prêtre étant le représentant de Jésus-Christ, quelles que soient ses qualités, il est toujours digne de respect ; que l'autorité dont il est revêtu, étant celle de J.-C. lui-même, ce serait attaquer cette divine autorité que de vouloir faire perdre au Clergé son influence ; que d’ailleurs cette inflv=nce sacrée ne devant s'exercer que pour le bien commun, ce serait travailler au malheur de toute une paroisse que de chercher à diminuer ou à ruiner l’infiuence de son Curé ; que c'est un si grand mal de mépriser celui qui est constitué en autorité, que l’Apôtre St. Jude

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Pappelle un vrai blasphême, dominationem. ... spernent, majeslatem.….. blasphemant (Jud. 8).

Le Journal libéral est celui qui prétend, entr’autres choses, être libre dans ses opinions religieuses et politiques; qui voudrait que l’Eglise;fût séparée de l'Etat; et qui enün refuse de reconnaître le droit que la Religion a de se mêler de la politique, quand les intérêts de la foi et des mœurs y sont intéressés. :

Nous allons done examiner si un tel journal, qui se proclame publiquement comme libéral sous ce triple rapport, peut être encouragé, comme journal à bons principes.

D:as lexamen de ces trois graves questions, Nous nous faisons un devoir de vous exposer fidèlement la doctrine de l’Eglise, dont le Siége Apostolique est l’interprête infaillible. C’est pour cette raison que Nous citerons souvent l’autorité du Souverain Pontife qui, quand il parle à l’Eglise, ne saurait tomber dans l'erreur, parce que N. $. J, C. a demandé et obtenu pour Pierre, et pour tous ses Successeurs, le don divin de l'infaillibilité. C’est d’ailleurs la ligne de co:iduite, qui nous est tracée par les Saints Canons, comme vous pouvez en juger par ce Décret du Premier Concile Provincial de Québec, dont voici les propres paroles :

Nous voulons, disent les Pères, que les Prétres et tous les Fidèles soient souvent avertis de lever les yeux, en tout temps, mais surtout quand PEglise est agitée par de plus violentes tempétes, vers cette chaire de Pierre, qui est le fondement de l'Eglise Catholique et de la vraie foi : lequel fondement est aussi inébranlable qu’un rocher. Or, c’est de là que toute la vigueur de l'unité se répand dans#out le corps.

1° Monirons d’abord qu’il n’est permis à personne d’être libre dans ses opinions religieuses et politiques ; mais que c’est à l’Eglise à enseigner à ses enfants à être de bons citoyens, comme de bons chrétiens, en leur apprenant les vrais principes de la foi et de la morale, dont elle est seule la dépositaire.

Le Souverain Pontife, Grégoire XVI, de sainte et heureuse mémoire, va nous dire ce que nous devons croire de cette proposition. Comme le Diocèse de Montréal doit son existence à cet Immortel Pontife, c’est pour nous tous une raison spéciale de recevoir les paroles, qui tombent de sa bouche paternelle, avec une piété toute filiale.

‘ Que tous se souviennent, écrivait-il dans sa mémorable Encyclique “du 15 Août, 1832, que le jugement sur la saine doctrine, dont les ‘“ peuples doivent être instruits, et le gouvernement de toute l'Eglise, ‘ appartiennent au Pontife Romain, à qui la pleine puissance de paître, “ de régler et de gouverner l’Eglise universelle, a été donnée par J. C., “comme l'ont expressément déclaré les Pères du Coneile de Flo- ‘€ rence. ”

J. C. a donc donné à son Eglise le pouvoir d’enseigner à tous peuples la saine doctrine, savoir, cette odiie pure qui leur apprenne à se gouverner, comme le doivent faire des peuples vraiment chrétiens. Car c’est là évidemment un point de haute et importante morale. Or, tout

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