‹ Lettres Persanes de Montesquieu precedees de Son ElogeChapitre 108 sur 152 · X.»tt&&8 PHH8AJTK8. ' t9r · texte numérisé non relu

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1|'^4 LETTEES PERSAITES.

quantième partie, des hommes qui y formoient de si grapds empires.: j

làAsiç n'est guère en meilleur état. Cette Asie mineure ^ qui contenoit tai\t de puissantes monaiv chie^f et un nombre siprodigieux ài^ grande^ villes n'çn a plus que deux ou trois. Quant k la grande A8:ie y celle qui est soumise au Turc n'est pa^ plus peuplée : pour celle, qui est sous la doipination de nos rois, si on la compare à l'état florissant où elle étoit autrefois , on yerra qu'elle n'a qu'une très petite partie des habitants qui y étoient sans nombre du temps des Xerxès et des Darius.

Quant aux petits états qui sont autour de ces grands empires , ils sont réellement désert^ : tels sont les royaumes dlmirette , de Circa,ssie , et de Guriql. Ces princes^ avec de castes états, comptent à peine cinquante mille sujets.

L'Ëçypte u'a p^ moins manqué que le3 aul^çs pays.

Enfin je parcours la terre , et je n'y trouve que des délabrements : je croi» la yoir soitir de3 ra^* vages de la peste çt de la famille.

L'Afrique a toujours été si inconnue qu'on ne peut en p^ler si,précisément que des autres parties du mopde : v^i^^j k ne Ê^r^ attention qu'aux côtes de la Méditerranée connues de tçfut t^fQps^, oa voit qp'elle a e^trémen^ent déchu de ce qxi'dle étoit sous les Carthaginois et les Romains. Aujour-

d'hûi ses princes sont si fbibles qiie ce sont les pltfs petites pimsanoes du monde.

' Aprës4»^ calcul «usst ésiact qu'il peut Tétre dans ces iH)9te9 de dfaioses^fai >ttouyé qu'il y a à peine scir lat^iiè la ilixîëiûè partie des faonnne&qui y étoient dans les anciens temps. Ce qu'il y ad'éton^nant^ Kfeart'icpi'eUe se dépeuple .to^ts le& jours;. et sijCfikfôontitme^dafiS^ diis: ».èides ^!&^ ne sera qu'un > détert. . '^. . •) .:' , ■ • . . , •.,;

^Voilà^ mon dtet^llsbek, ia^ûs ter£ible,<»ulias^. trophe qui soit jamais arrivée dan&lei môndiei JSaâ à peùa|e^'«b«sfrim aperçu, parqe : qu'èlte-est arrivée inseii^i^lexïieiifceit d&ns let^rs d'un grand n^^nâire d0;si€iole«v^e.!qiû mai!i{ûe.ut» vice îwéiibur., un, remn sefcrètie* i^dké) .ftoe. maladie dfe: langueur qui afflige la naJuiî^huînaine;

, LBttRE ÛXIII.

' À Venise.*

Le monde, mon cher Rhédi , n'est point incprruptiblQ;ilça pieiuis: même n^ le sont pas : les astronomea «Q'^f (^ jtéfnpins oculaires de leurs cl^an-" gepH^nts'^ *q^ so;9t des effets bien naturels du

mQuye^çijiyi: universel de la matière.

La terre est soumise j comme les autres planètes , aux lois des mouvements; elle sonfire au dedans d'elle un combat perpétuel de ses principes : la mer et le continent semblent être dansune guerre éternelle; chaque instant produit.de nourdles comlnnaisons.

Les hommes y dans une demeure isi sujette aux changements, sont dans un état aussi incertain : cent mille causes peuvent agir, capables de les détruire , et à plus* forte raison d'augmenter ou de (Cmiimer leur nombre.

Je ne te parlerai pas 4e ces eatastropfaês^yeirticulièressi communes ch^z les historiens /qui ont détruit des villes et des tbya&mes entiers : il y en a de générées, qui ont mis bien des^ fois le genre humain à deux doigts de sa perte'.

Les histmrés sont pleinesdé €es pestes universelles qui ont tour à tour désolé l'univers. Elles parlent d'une, entre autr#s, qiH fut si violente qu'elle brûla jusqu'à la racine des plantes , et se fit sentir dans tout le monde ccmûu , jusqu'à l'empire du Catay : un degré de plus de corruption auroit , peut-être dans un seul jour, détruit toute la nature humaine. *, •

Il n'y a pas deux siècles que la plus honteuse de toutes les maladies se fit sentir en Eârope', en Asie et en Afrique ; ^Ue fit en très péxf dé temps des effets prodigieux : c'étoit fait dès hommes si

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elleavoit continué 8es progrès avec la même furie. Accablés de maux dès leur naissance, incapables de soutenir le poids des charges de la société , ils aurorent péri misérablement. *

Qu*auroit-ce été si le venin eftt été un peu pluî* exalté ? et il le seroit devenu sans doute si Ton. n'avoit été assez heureux pour trouver un remède aussi puissant que celui qu'on a découvert. Peutêtre que cette fngladie attaquant les parties de la génération auroit attaqué la génération même. '

Mais pourquoi parler de la destruction qui auroit pu arriver au genre humain? N'est -elle pas arrivée en effet? et le déluge ne le réduisit-il pas à une seule famille ?

■ Il y a des philosophes qui distinguent deux créations : celle des choses et celle de l'homme. Ils ne peuvent comprendre que la matière et les choses créées n'aient que six mille ans ; que Dieu ait différé pendant toute l'éternité ses ouvrages , et n'ait usé que d'hier de sa puissance créatrice. Seroit- ce parce qu'il ne l'auroit pas pu, ou parce qu'il ne l'auroit pas voulu ? Mais , s'il ne l'a pas pu dans un temps , il ne l'a pas pu dans l'autre. C'est donc parce qu'il ne l'a pas voulu. Mais, comme il n'y a point de succession dans Dieu , si l'on admet qu'il ait voulu quelque chose une fois , il l'a voulu toujours , et dès le commencement.

278 LETTRES PCHS^IŒS.

I Ce{>endant tous 1^ bûtorien» nous parlent d'ujQi premier père : il$ nbu^ feut Tcnr U natuf e humaine naissante. N'est-il pas naturel de penser t qu'Adam fut sauvé d'un taoalheur commun comme Noé le fut du déluge y ot que ces grands événements ont été fréquent» sur la terre depuis k création du monde?

Mais toutes les destructions ne sqnt pas violentes. Nous voyons plusieurs parties de la terre se lasser de fournir à la subsistance. des hommes : que savons - nous si la terre entière n'a pas des causes générales, lentes et imperceptibles , de lassitude?

J'ai été bien aise de te donner ces idées générales avant de répondre plus particulièrement à ta lettre sur la diniinution des peuples arrivée depuis dix-sept à dix-huit siècles. Je te ferai voir dans une lettre suivante qu'indépendamdlei|t des causés physiques il y en a de morales qui cuit prodoit cet effet.

De Paris, 1« 8 de la lane de Chahhan,. 1 7 18.

> Dans les précédeates éditions, avant cet alinéa om llsoit celui-ci : « U ne faut donc pas compter les années éa monde; le nombre dfes • grains de sable de la mer ne leur esc pas plus comparable qu'un « instant. »

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