I.KtTAES PSR8A1IES. I
2 go LETTRES PEIISANES.
protestants'. Ces derniers ^ont peu à (>ëu parvenus à un équilibre. Les prote^ants deviendront plus riches et plus puissants , et les catholiques plus foibles.
Les pays protestants doivent être et sont réellement plus peuplés que les catholiques : d'où il suit premièrement que les tributs y sont plus considérables , parce qu'ils augm^itent à proportion
du nombre de ceux qui les paient ; secondement ,
que les terres y sont mieux cultivées ; enfin que le commerce y fleurit davantage ^ parce qu'il y a plus de gens qui ont une fortune à faire , et qu'avec plus de besoins on y a plus de ressoiu'ces f)our les remplir. Quand U n'y a que le nombre de gens suffisant pour la culture des terres , il faut que le cominerce périsse^ et ^ lorsqu'il n'y a (|ue celui qui est nécessaire pour entretenir le commerce, il faut que la culture des terres manque : c'est-àdire il faut que tous les deux tpmbent en même temps, parce que l'on ne s'attache jamais à l'un que ce ne soit aux d^ens de l'autre.
Quant aux pays catholiques , non seulement la culture des terres y est abandonnée , mais même l'industrie y est pernicieuse : elle ne consiste qu'à apprenitee cinq jqm >ix .m6t6 d'une 'langue morte; Dès qu'iin hoinmé d cette provision par devers lui, il né âo^l )^us s endbarrasser de sa fortune ; il trouve dftris le cloître une vie tranquille ,
LETTRES PERSAJTES. * agi
.qui dans le monde lui auroit coûté d^ sueurs et des peines. -
Ce n'est pas tout. Les dervis ont en leurs mains presque toutes les richesses de l'état; c'est unç société de gens avares qui prennent toujours et ne rendent jamais ; ils accumulent sans cesse des revenus pour acquérir des capitaux. Tant de richesses tombent pour ainsi dire en paralysie ; plus de circulation, plus de commerce, plus d'arts, plus de manufactures.
Il n'y a point de prince protestant qui ne lève sur ses peuples beaucoup plus d'impôts que le pape n'en lève sur ses sujets : cependant^ces derniers sont pauvres pendant que les autres vivent dans l'opulence. Le commerce ranims tout chez les uns , et le monachisme porte la mort partout chez les autres.
De Paris, le a6 de la Ivne de Chahban, 17 18.