AVERTISSEMENT DU NOUVEL ÉDITEUR
S agrandir ; d'étudier la marche de son esprit, de surprendre les diverses transformations et modifications que ses opinions et ses pensées subissent en mûrissant. Ainsi Ton aime à voir la jeunesse pleine d'audace de Montesquieu se répandre et déborder dans les Lettres persanes y et, déjà plus modérée dans la Grandeur des Romains y se régler enfin dans \ Esprit des lois. C'est toujours la même élévation de génie; mais, en avançant dans la vie, l'écrivain a changé de point de vue ; l'étude a éclairé ses opinions , l'observation les a mûries , et après avoir dans ses premiers écrits reculé les limites de l'esprit réformateur , revenu à des idées moins absolues, il déclare enfin, dans V Esprit des lois y que «l'excès de la raison n'est pas toujours désirable, et que les hommes s'accommodent presque toujours mieux des miUeux que des extrémités. »
Nous rétablissons les divers ouvrages de Montesquieu dans l'ordre où ils ont été composés. Les Lettres persanes forment le premier volume ; les Considérations sur les causes de la grandeur des Romains et de leur décadence , et quelques opuscules politiques forment le second. Vient ensuite V Esprit des lois y qui, avec la Défense et la table des matières , se compose de trois volumes ; le sixième contient le recueil des œuvres diverses de Montesquieu; Les Lettres persanes sont