ZÉLIS A USBEK
Soliman , que tu aimes , est désespéré d'un affront qu'il vient de recevoir. Un jeune étourdi , nommé Supjiis , reçherchoit depuis trois mois sa fille en me^riage : il paroissoit content de la figure de la fille sur le rapport et la peinture que lui en avoient faits les femnies qui l'avoient vue dans son enfance; on étoit convenu de la dot, et tout s'^toit ' passé sans aucun incident. Hier , après les premières cérémohies , la fille sortit à cheval ,: accompagnée de son eunuque, et couverte, selon la coutume,, depuis la tête jusqu'aux pieds. Mais, dès qu'elle fut arrivée devant la maison de son mari préten4u, il lui fit fermer la porte, et il jura qu'il ne la recevroit jamais si on n'augmentoit la
LETTRES PERSANES. l8l
dot. Les parents accoururent de côté et d'autre pour accommoder l'affaire; et ^ après bien delà résistance^ Soliman convint de faire un petit présent à son gendre. Les cérémonies ^iu mariage s'accomplirent y et l'on conduisit la fille dans le lit avec assez de violend^<j mais un^ heure après ^ cet étourdi se leva furieux, lui coupa le visage en plusieurs endroits, soutenant qu'elle n^toit pas vierge, et la renvoya à son père. On ne peuj: pas être plus- frappé qu'il l'est de 'cette, injure. Il y a des personnes qui soutiennent que cette fille e$t innocente. Les pères sont bien malheureux d'être jexposés à de tels af&onts l Si ma fille recevoit un pareil traitement, je crois que j'en moiirrois de douleur. Adieu.
Du sérail de Fatmé, le 9 de la lane de Gemmadi, x , 17 14*