‹ Lettres Persanes de Montesquieu precedees de Son ElogeChapitre 74 sur 152 · USBEK A ZÉLIS · texte numérisé non relu

USBEK A ZÉLIS

Je plains Soliman , d'autant pliis que le mal est sans remède , et que ison gendre n'a fait que se servir de la liberté de la loi. Je trouve cette loi J^ien dure d'exposer ainsi l'honneur d'une famiUe aux caprices d'un fou. On a beau dire que l'on a des indices cei:tains pour connoître la vérité : c'est ujie vieille erreur dont on est aujourd'hui, revenu

l8a LETTRES PERSANES.

parmi nous ; et nos médecins donnent deà raisons invincibles de l'incertitude de ces preuves : il n*y a pas jusqu'aux chrétiens qui ne les regardent comme chimériques , quoiqu'elles soient clairement établies par. leurs livres sacrés, et que leur ancien législateur en ait iadt dépendre l'innocence ou k condamnation de tolites les filles.

rapprends avec plaisir le soin que tu te donnes de. l'éducation de la tietinè. ÎDieu veuille que son mari la trouve aussi belle et ausâi p^^e que Fatima; qu'elle ait dix eutiuqùes pour la garder ; qu'elle soit l'honneur et Foriiement du sérail où elle est destinée; qu'elle n'ait sur sa tête que des lambris dorés , et ne marche que sur des tapis superbes ! Et, pour comble de souhaits, puissent mçs yeux la voir dans toute sa gloire !

De Paris, le 5 de U Itine de Chelral , 1714*

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