‹ Lettres Persanes de Montesquieu precedees de Son ElogeChapitre 82 sur 152 · LE GRA9D EUNUQUE NOIR A USBEK · texte numérisé non relu

LE GRA9D EUNUQUE NOIR A USBEK

A Paris.

.Hier des Arméniens menèrent au sérail une jeune esclave de Circassie, qu'ils vouloient vendre. Je la fis entrer dans les appartements secrçts , je la déshabillai 9 je l'examinai avec les regards d'un juge ; et plus jei'examinai , plus je lui trouvai de grâces. Une pudeur virginale sembloit vouloir les dérober à ma vue : je vis tout ce qu'il lui en coûtoit pour obéir : elle rougissoit de se voir nue , même devant moi , qui , exempt des passions qui peuvent alarmer la pudeur, suis inanimé sous l'empire de ce sexe , et qui , ministre de la modestie , dans 1^ actions les plus libres, ne porte que de chastes regards et ne puis inspirer que l'innocence.

« Dès que je l'eus jugée digne de toi, je baissai les yeiix, je lui jetai un manteau d'écarlate; je lui mis au doigt un anneau d'or ; je me prosternai à ses

* pieds; je l'adorai comme la reine de ton cœur. Je payai les Arméniens ; je la dérobai à tous les yeux.

LEirniES PERSANES. I^

Beureux Usbek ,*tu possèdes plus de beautéi que n'en rei|fermen t tous les palais d'Orient. Quel plaisir pour toi de trouvar^ft ton». retour tout ôe que la Perse a, de plus ravissant , et de voir datMon séi^ renaître les grâces àdftièsur^que le temps et Ik pos^ session travaill^fat à les détruire !

Du sérail de Fatmé, le premier de la luné de iTebiab, x , i7>i5.

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