LETTRE SUR L'AME PREMIÈRE RÉDACTION DE LA LETTRE XIII
Le morceau qu'on va lire forme depuis l'éd. de Kehl la section VII [ de l'article Ame dans le Dict. phil. 11 parut d'abord dans un recueil de 1758 sous le titre de XXVI Lettre sur l'âme.
Une copie de la Lettre sur l'Ame se trouve à la Bibliothèque de l'Arsenal, Mss. n''2557 (125, T. P.), pièce 4. Elle porte pour titre ; lettre sur Mr Locke ; ce qui confirme encore l'hypothèse que nous avons bien l;'i le premier texte de la 13° lettre anglaise (Voyez le Commentaire, n. i).
Nous savons qu'il avait couru des copies de cette lettre avant l'impression. L'auteur anonyme des Réjtexioiis philosophiques sur rimmortalitr de l'âme raisonnable avec quelques reniarques sur une lettre dans laquelle a: soutient que la matière pense. Traduit de l'allemand, Amsterdam, 1744, dit dans sa P/r/are (cité dans la Bihl. raisonnce, juill.-sept. 1744, p. i}5) « Ce qui l'y a déterminé principalement..., c'est une Lettre philosophique, où l'auteur tâche de soutenir que c'est la matière qui pense. // y u quelques années il en courut plusieurs copies manuscrites et anonymes, et ou la trouva bientôt après, quoique mutilée et changée en bien des endroits dans un Recueil de Lettres publié en 17^6 (sic) sous le titre de Lettres écrites de Londres sur les Anglais et autres sujets par M. de Voltaire. » L'auteur ignore donc la publication séparée de 1758, mais il reconnaît au travers de toutes les dilTérences l'identité foncière des deux rédactions. Le manuscrit de l'Arsenal est sans doute une des copies qui circulèrent.
L'impression de 1758 a été très négligée ; et les éditions ultérieures l'ont reproduite, avec quelques légères différences, sans la corriger. Il suffit des noms de Strambourg et Zcland, au lieu de Shaftesbury et Toland, pour attester que Voltaire, s'il a fourni la copie, n'a pas donné ses soins à la première publication, et n'a jamais fait une revision du texte. La copie de l'Arsenal améliore le texte en quelques endroits très notablement (cf. 1. 116-7, 173-9, 189, 220-2, 270-4). j'ai donc suivi la version de ce manuscrit ; ses bourdes sont toujours faciles à rectifier, par leur énormité même ; j'en ai corrigé les fautes d'orthographe et de ponctuation évidentes, mais j'ai signalé les corrections toutes les fois qu'elles intéressaient le sens; les leçons des imprimés sont données en variantes.
Les éditions collationnées sont les suivantes (cf. Bengesco, II, 20) :