‹ Lettres philosophiques. Éd. critique avec une introd. et un commentaireChapitre 109 sur 126 · A-G d'erreur · texte numérisé non relu

A-G d'erreur

assure que l'ame de l'homme est une substance dont l'essence est de penser, qui pense toujours, et qui s'occupe

I ) dans le ventre de ia mère de belles idées métaphisiques ou de beaux axiomes généraux qu'elle oublie ensuite.

Pour le Père Malbranche, il est bien persuade que nous voyons tout en Dieu ; il a trouvé des partisans, parce que les fables les plus hardies sont celles qui sont les mieux

20 reçues de la foible imagination des hommes. Plusieurs philosophes ont donc fait le roman de l'ame ; enfin il est venu un sage qui en a écrit modestement l'histoire. Je vais vous faire l'abrégé de cette histoire, selon que je l'ai conçu. Je sai fort bien que tout le monde ne con-

25 viendra pas des idées de Mr. Locke: il se pourroit bien faire que Mr. Locke eût raison contre Descartes et Malbranche et eût tort contre la Sorbonne ; je ne réponds de rien ; je parle selon les lumières de la Philosophie, et non selon les révélations de la foi. Il ne m'appar-

30 tient que de penser humainement ; les Théologiens décident divinement, c'est tout autre chose. La raison et la foi sont de nature contraire. En un mot, voici un petit précis de Mr. Locke que je censurerois si j'étois Théologien, et que j'adopte pour un moment comme

33 pure hvpothese, comme conjecture de simple philosophie.

Humainement parlant, il s'agit de savoir ce que c'est que l'ame.

1° Le mot d'anie est un de ces mots que chacun pro-

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