II. Rec. Conrart, t. IV, f
Relation véritable et désintéressée de V Estât de la Religion en Angleterre en 16 jp.
« ...Les Quakers ou Tremhlrurs ont les derniers, qui n'ont fait corps que depuis 3 ou 4 ans, mais dont on parle aujourd'hui plus que de tous les autres ; on leur a donné le nom de
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Trembleiirs parce que, dans leurs premières assemblées, ils tremblaient ou frémissaient comme des enthousiastes, disant qu il fallait fain sou salut avec crainte et tremhlemeut . Ceux ci sont tous gens de peu, et possédés d'une espèce de mélancolie noire, dont le faible est de se croire si fort illuminés et remplis du Saint-Esprit qu'ils ne peuvent errer ; leurs sermons ne sont qu'une espèce de galimatias ou tissu des passages des Écritures, avec peu de jugement. Ils reconnaissent en général que les livres sacréssont divinement inspirés, mais ils s'assurent bien plus sur Y esprit et sur la lumière, qui sont les deux points sur lesquels ils font rouler tous leurs discours ; d'où vient aussi qu'ils trouvent à dire aux ministres qu'ils sont préparés et payés pour prêcher, tandis qu'entre eux, le premier venu monte sur un siège et, sans étude, dispense graluitenwnt ce qu'il a reçu gratuitement. Au surplus les Trembleurs affectent une plus grande probité et simplicité de mœurs et d'habits que tous les autres sectaires, et ce qu'ils ont de plus particulier dans l'extérieur, outre leur triste contenance, c'est qu'ils soupirent et gémissent souvent, soit par le sentiment de leur propre faiblesse, soit par la réflexion qu'ils font sur les péchés des autres hommes. Ils ne comptent ni les mois de Tannée ni les jours de la semaine que par le premier ou second jour du jour ' du second mois, et ainsi des autres, laissant les noms de Janvier, Février, Mars, lundi, mardi, mercredi, etc. aux payens et à ceux qui ont .adoré Jupiter, Mars ou Mercure. Ils tutoient indifféremment tout le monde, sans distinction d'âge, de rang, de qualité, et ne veulent pas même se découvrir devant les magistrats de la terre, les réputant tous pour profanes, et la coutume de saluer pour superstitieuse ; enfin à quelque égard, on peut dire que ce sont comme les capucins ou les chartreux des protestants, autant à plaindre qu'à blâmer. Le seul homme de condition qui ait paru parmi eux est le De de Pembrock, qui s'en est depuis retiré. Mais l'un de leurs principaux chefs est ce fameux Jacques Nailor qui fut fouetté, stigmatisé et renfermé pour avoir souffert que ses
I. Il faut sans doute lire : [second jour] du premier ou [second mois].
sectateurs lui rendissent des honneurs semblables à ceux que N. S. recevait de ses disciples, criant après lui à l'entrée de Bristol et de qqs. autres villes : « Hosanna ! » et lui attribuant de faux miracles avec des circonstances qui ont donné lieu à une relation particulière assez curieuse. Ce châtiment exemplaire n'a pas empêché qu'ils n'aient pullulé, jusqu'au nombre d'environ lo.ooo, et qu'ils n'aient eu le zèle ou l'emportement d'envoyer des apôtres jusqu'en Turquie et en Amérique. Et cette année (1659), le Parlement de la Rèp. d'Anglet. pour complaire à tous les sectaires qui crient « Liberté ! » l'ont rendue à ce même Nailor par un acte aussi authentique que l'avait été celui de la condamnation . »
Mais ces renseignement demeurèrent inédits. Voici, au contraire, des imprimés où des Français pouvaient apprendre quelque chose des quakers.
a. Chamberlayue, Élal présent deV Angleterre, traduit de l'anglois par M. D. N. (de Neuville), 1698, 2 vol. in-12. — L'ouvrage de Chamberlayn date de 1669. Il se réimprima souvent avec des additions et des changements considérables : une édition parut en 1727, pendant le séjour de Voltaire à Londres. — La re trad. française de V État présent parut en 1672. La traduction de Neuville fut réimprimée à La Haye en 1728, en 5 vol. in-8, revue et augmentée par Scheurléer.
b. Aubert de Versé, Le Protestant pacifique, Amsterdam, 1684, in-12.
c. Histoire abrégée de la naissance et des progrès du kouakeristne avec celle de ces dogmes (par Phil. Naudé, 1692). C'est plus un pamphlet contre les quakers et Bayle qu'une histoire. Une 2e éd. se fit en 1699, une 5e en 1720 sous le titre : La religion des kouakres en Angleterre.
d. Mémoires et observations faites par un voyageur en Angleterre, sur ce qu'il y atrouvéde plus remarquable, tant àT égard de la Religion, que de la Politique, des mœurs, des curiosités naturelles, et quantité de Faits historiques. Avec une Description particulière de ce qu'il y a de plus curieux dans Londres. Le tout enrichi de figures (Par Henry Misson). La Haye, 1698, in-12. L'article Quakers est aux pages 359-362.
SUR LES aUAKERS II
e. Le Sage, Remarques sur V Angleterre, Amsterdam, 1715, in-i2. p. 27-42.
/. Moreri, Le Grand dictionnaire historique, notamment les éditions de 17 18 et 1725.
g. La Mottraye, Voyages en Europe, Asie ei Afrique, La Haye, 1727, 2 voL in-fol.
/;. Guy Miège, État présent de la Grande Bretagne, traduit de l'anglois. 3 vol. in-12, 1728.
i. Le Mercure de France, sept. 1727, p. 2106.
/. Le P. Catrou, Histoire des Tretnhleurs, in-12, 1733 (approbation du 25 août 1732).
Les Français qui lisaient l'italien purent aussi s'informer sur les quakers dans Gregorio Leti, Teatro Britannica, 2 vol. in-40, 1684; 5 vol. in-12, 1684 (Cf. part. 2, 1.2, éd. in-12, t. Il, p. 5$).
5. (' D'ordinario, son tutti ricchi, 6 almenocommodi, perché non mancano d'attacarsi con assiduità e con industria a qualche professione, mercatura, o mestiere. »(G. Leti, II, 55.) « Tous les quakers sont dans le commerce ou ont quelque métier. » (César de Saussure, 338.) — Sur les raisons du succès des quakers dans leur commerce, cf. Sewel, The history of the Rise, Increases and Progress of the Christian People called Quakers, (3e éd., Burlington, 1726, in-fol.), p. 89.
4.' Voltaire, en 1764, dans le Commentaire sur Corneille {Pompée, a.I, se. 3, V.37), condamne la locution il fut implorer (Vernier, Volt, grammairien, p. 98). Mais dés 1736, il s'en moquait dans une Lettre sur la Didon de Le Franc de Pompignan (Éd. Moland, t. XXII, p. 232). « Le style est un peu de Gascogne.
Je fus (dit larbe) dans nos déserts Ensevelir la honte et le poids de nos fers.
L'auteur qui fut de Montauban à Paris donner cet ouvrage, fut assez mal conseillé. » — Il est probable que c'est une réminiscence de Pascal qui a attiré cette locution sous la plume de Voltaire : « Je fus trouver M. N. » (Prov., I.)
5. « Ceux d'entre eux qui sont à leur aise tiennent leurs maisons assez propres. » (Lesage, p. 32.)
6. Rob. Barclay, Theohgiae vt-re chrisliauae Apohgia, 1675. insiste sur les conseils de tempérance et d'usage modéré de toutes choses : « ut ii qui abundent sibimet invigilent, ut moderate utantur bonis et superflua omnia rescindant. » (Éd. de 1676, in-40, p. 335.)
7. André Pitt mourut le 16 avril 1736, « at Hampstead, of a Goût Fit in his stomach ». Le Geiilleinan's Magasine qui annonce cette mort (t. VI, p. 232), cite le début de la version anglaise de la ire lettre j^- Voltaire (jusqu'au mot intempérance) trois ans avant la note de Voltaire qui donnait le nom de Pitt, et ajoute : « And some of our Newshapers add : He inherited niany virtues and wanted every vice ». Sur André Pitt, cf. Foliaire in Hampstead,par le professeur J. W. Haies, dans tbe Hampstead Annual for iço), p. 71-89. M. Haies dit que « Voltaire himself is our best authority about him. » André Pitt, fils de Mathieu Pitt de Weymouth, fut marchand de toile (iinendraper). Il prit part a certaines tournées de prédication de Thomas Story et de l'Écossais May Drumniond. Il s'occupa avec Storv de la question de la simple affirmation substituée au serment. L'importance du personnage de Pitt, dit M. Haies, est attestée par un écrit quj n'est pas d'un quaker: Birds of a Fé-aZ/jr;-... a Dialogue between Mr. Cant, a quaker, etc. (vers 1728). On trouve dans les journaux anglais de 1727 les traces d'une curieuse polémique entre Andrew Pitt et un candidat au Parlem.ent, John Barnard {cL the Daily Journal, 9, 11, 15, 16, 24, 28, 29 août 1727, 28 sept, et 7 oct. ; the London Journal, 2 sept, et 7 oct. 1727; the Craftsman Extraordinary , 9 oct. 1727). S'il faut en croire une anecdote qu'on trouvera en appendice au commentaire de cette lettre, le premier informateur de Voltaire sur la doctrine des quakers aurait été un certain Edward Higginson, éléve-adjoint d'un maître d'école de Wandsworth. Pitt resta en bons termes et en correspondance avec Voltaire après 1728: en 1732, il lui envoya VAlciphron de Berkeley et en rei^ut une curieuse réponse (Ballantyne, p. 112).
8. Barclay, 354 : « Quod non liceat Christianis, in amictu aut vestibus, rébus superfîuis uti quae nullum usum habent nisi ornamenti et vanitatis causa. » Et 346 : « Secundo, quacdo
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homines non contenti sunt bonum et necessarium creationis usum facere, sed superaddunt quae sunt mère superflua : talis est usus superfluus taeniolarum, redimiculorum, fimbriarum, iimborum, et ejusmodi multa alla, ut faciei depictio, caesariei plicatura, quae sunt lapsae, libidiuosae et corruptae naturae fructus. )) — Chamberlayne, Etat présent, 1698(1, 309) : « Ils afifecîent une grande siaiplicité dans leurs habits et dans leurs manières . . . C'est un crime parmi eux de porter des rubans et des dentelles. » — r/;eraf/c;-(Addison's Works, in-80, 1854, II, 257): il est question d'un muséedecire, que l'auteur prétend avoirvu en Allemagne, où étaient représentées les religions d'Angleterre : « The next figure was a m ui that sat under a most profound composure of mind... His garment had neither sleeve nor skirt, nor so muchas asuperfluous button. What he calledliis cravat, was a little pièce of white linen quilled with great exactness and hanging below the chin about two inches. . . He wore an hat whose brims were exactly paralîel to the horizon . » Cf. la gravure de Misson, p. 361.
9. Barclay, 534 : « Quod non liceat christiauis geniculari vel prosternere se ad homines, eisque corpus deflectere aut caput aperire. » — Garder le chapeau sur la tête est une des principales caractéristiques du quaker. « It happened about this time that some of the people called Quakers... being had before the magistrales, it was deminded by one of them, hcnu they might hiowa quaker ? To which Simon Broadstreet, oneof the magistrales, answered : thon art ouc,forcoi}iiiig in ivith thy hat on. » (Sewel, 225.)
10. (( Neither might he (Fox) bow nor scrape with his leg to any one. » (Sesvel, 22.)
11. « Innocens autem nostra praxis (dum erecti stemus operti galeris, non moventes nec déponentes eos magis quam calceamenta, quando alicui occurrimus aut salutamus, cum ///;' capitis non minus quam hxc pedum operivientuni sint), minus in nobis rusticitatis a.ul barbariei est, quam in iis proinde nos verberare. » (Barclay, 345.) Cf. Saint-Evremond, Œuv. div., 1706, IV, 160.
12. (f Ils n'ont aucuns sacremens, et par conséquent ils ne sont que demi chrétiens.» (Chamberlayne, 1698, I, 309.)
15. « Yct they are not for judging oihcrs who so use them (les sacrements) conscientiously and devoutly. » (Sewel, 777) — (Les quakers enseignent) « que ce n'a été que par condescendance pour la faiblesse des Juifs que les apôtres ont pratiqué le baptême d'eau ». {Bibl. raisonnée, Janv.-Mars 1732, t. VIII, p. 150), dans le compte rendu du Preu'rvatif contre le quakerisme de Patrice Smith, vicaire de Great Paxton en Huntingtonshire. Mais l'expression condescendance à la faiblesse vient plutôt de la douzième thèse de Barclay, source commune de Smith et de Voltaire: voyez plus bas, note 21.
14. «... Breviter observando quomodoper omnia sequamur spiritiiale Christi Evangelium. » (Barclay, 27).)
15. <( In hoc sicut in plerisque Judaiiiint adversarii. » (Barclay, 275). « Cum Paulus...lnboraret eos a Judaicis ceremoniis et observationibus ahducere. «(Barclay, 277) ; cf. Sewel, 777 :« and baptism was as well a judaical cereniony as circumcision. »
16. « Baptismusenimaquaeeratinter Judxosritus, sicutPaulus Riccius refert, imo ante Joannisadvenlum. » (Barclay, 283.)
17. « Primo quidam objiciunt Christum,qui spiritum supra mensuTamh3ihehax,aquabapti:(aluniesse. resp. : ilidem et circumcisns est. Non indesequetur continuandam cssecircumcisionem. » (Barclay, 278.) — « It is acommon objection that Christ himself was baptized with water, anJ that we are required to follow his footsteps : but let it be considered that he was circumcised also. » (Sewel, 778.)
1 8. « Christi baptismi incrementum est Johannis baptismi diminutio vel abolitio. » (Barclay, 273.) « Quod unus hic baptismus qui et Christi baptismus est, non sit lotio vel ablulio aquae, sed baptisma spiritus. » (Barclay, 266.)
19. Matthieu, m, 1 1 : cité par Barclay, thèse i2,prop. 3, p. 267.
20. 1 Co;-., 1, 17: « quod Christus non miseriteumbaptizatum, sed evangelizatum. » (Barclay, 276.) Cf. Sewel, 778. — Ce texte fut révélé à Voltaire par Edw. Higginson et fit sur lui une grande impression. Voir l'appendice au commentaire de cette lettre.
21. « Idcoque Deo gratias agit (Paulus)quod tam paucos baptiiaverat, significans illud quod fecerat, non fecissc virtute mis-
sionis apostolicaa, sed potius eoruiu iinbecillilali imluli^endo (cf. n. 13), sicut et alio tempore CfVn/wc/JfZ'a^ r»«o//:'«/w. » (Barclay, 276). — Le nombre précis deux paraît venir de Sewcl : « And I thankGodtliat / hapti:{ednoni' of yoii but Crispas aiid Gains (778). » A moins que Voltaire, en vérifiant la citation /Cor., i, 17, n'ait lu les lignes précédentes (14-15), qui contiennent précisément le passage que Sewel traduit. — Le P. Catrou, dans son Histoiredestrembleurs, I733,quin'est qu'unabrégéde Croese, Historia quakeriana, a tiré de Barclay un exposé de la doctrine des quakers sur le baptême, tout à fait analogue à celui de Voltaire, et appuyé aussi sur les deux passages de saint Matthieu et de saint Paul (Catrou, 184).
22. Barclay, thèse 13 : « De communicatione et participatione corporis et sanguinis Christi. » Il se sert constamment du mot uti.
23. « Hxc estveraet spiritualis Domini cœna, eu jus participes fiunt homines, Christi voceni audiendo, et ei cordium januas aperiendo... » (Barclay, thèse 13, 3, 292).
24. Sur ce que les quakers n'ont pas de sacrements, Chamberlayne, 1698, I, 309 (Cf. n. 12); La Mottraye, I, 163 (cf. plus bas, let. II, n. 5) — Josiah Martin a contesté l'opinion attribuée ici aux quakers sur les sacrements ; ils les regardent, dit-il, comme d'institution divine, mais pour un temps (Lettre d'un quaker k Fr. de V.,\.r. fr., Londres, 1748). Mais Voltaire a lu dans Barclay que les sacrements ont été institués « secundum hiimanam sapientiam et nondivinum mandatum » (265).
23. «... Cum terminus s it in Scriptura nullibi inveniendus, sed a militautibus ethuicorum juramentis deductus. » (Barclay, 265).
26. Le livre de Barclay a été l'objet de plusieurs réfutations : Bayle, dans ses Nouv. de la Rép. des Lettres, avril 1684 (Œuvres, 1,43), rend compte dsVAntibarclaius deL. A. Reiser, et ditàce propos : « Il (Reiser) avait déjà été précédé dans ce combat par un autre luthérien, et même, à ce qu'on m'a dit, par un Calviniste. »
27. Voltaire dans toute cette fin suit Barclay. Il a parcouru la dédicace dcV Apologia (voyez fin de la let. III), puis il a sauté par
l6 PREMIÈRE LETTRE
dessus les thèses 1-9, discussions de haute théologie et de spiritualité métaphysique. A partir de la thèse 10, consacrée à l'organisation ecclésiastique, il a dû regarder de plus près, et tout au moins feuilleter. Il s'est arrêté à la thèse 12, sur le baptême, il a donné un coup d'œil à la 13e, sur la communion ; et il a lu avec curiosité la 15c et dernière : De saJulatioiiibus, recreationibus idqiiegenus aliis, parce qu'il s'y agissait de morale pratique. Cette 15e thèse contient six propositions : 1° sur les titres et compliments ; 2° sur les révérences, saluts, et l'usage de garder le chapeau ; 3° sur les vêtements ; 4° sur les jeux ; 50 sur les serments ; 6" sur la guerre. Voltaire a seulement interverti l'ordre des deux premières propositions, pour ne faire qu'un court rappel de la seconde, ayant marqué au début de la lettre la pratique des quakers surcet article. Pour la même raison, il ne dira qu'un mot du vêtement. Mais d'ailleurs il gardera l'ordre de Barclav.
28. « Idem testatur etiam Johannes Maresius (Desmarets de S. Sorliu) de Gallica Academia in pra^fatione sui Clovis : Nemo miretur vocem lu in hoc opère applicari viris et feminis principibus. Eadem quippe ipsum Deum compellamus ; eademque olim compellarunt Alexandros, Cxsares, Reginas et Impératrices. Dictio vos, quando una duntaxat persoua compellatur, non est introducta nisi per Joedani assoitationem posterioniin secttlonmi . » (Barclay, 342). Cf. la n. 30.
29. « Il (Auguste) ne voulait point qu'on le nommât Seigneur : domimunque se posthac appellari, ne a liberis quidem aut nepotibus, vel serio, vel joco passus est. » (Fénelon, Lf//;v à r Acacl ., ch. 6, citant Suétone).
30. « Vana enim opinioneinflati, quasi non sufficeret iis tiumerus singularis, volunt ut alii eos alloquantur mphirali. » (Barclay, 341). « Visum fuit unam personam in phirali numéro alloqui. » (342).
31. « Expresse affirmanuis minime licere Christianis vel dare vel recipere illos honoris titulos, quales sunt Sanctitas vestra, Mcijestas vestra, Excellentia vestra, Eniinentia vestra, etc. » (Barclay, 336). — Quant à l'addition de 1759, de Divinité' iriême, Barclay un peu plus loin cite un passage d'une lettre de
SUR LES aUAKERS ly
Symmaquo qui écrit à Théodose et Valentiniea : « Vestra jEternitas, vestruin Nuineii. » (342). Si Voltaire n'a pas repris Barclay en main entre 1734 et 1739, il a pu tirer l'expression de divinité de Bayle (lettre à Rou, Œuv. div., éd. 1737, IV, 647), ou de Fontenelle (Hist. des oracles, II, iv, éd. Maigron, pp. 176- 177) qui fait là-dessus des réflexions piquantes.
32. «.. . Dicunt et scribunt ad invicem qualibet occasione pro more obsequentissimus ttius servus,hum[l\'imus tuus serv'us, etc.. ita ut mentiri, imo et inter eos qui volunt Christiani dici, îestimatumsit urbanitas. » (Barclay, 340).
33. (L'usage des titres d'honneur) « fréquenter imponit Christianis necessitateni mendacii » (Barclay, 337). « Neque aiiulatoriis istis sermonibus (uti) vulgo " compléments" dictis. » (335).
34. « Un deleurs principes est que les hommes sont tous égaux ; aussi ils ne portent pas plus de respect à un seigneur, un Roi même, qu'à un savetier... Ils tutovent tout le monde sans égard à personne, ni au Roi même, quand ils lui parlent. » (Chamberlayne, 1698, I, 309). Mais il faut se souvenir peutêtre ici de Montaigne (II, 12; éd. in-i2 Motheau et Jouaust, t. 3, p. 235) : « Les âmes des empereurs et des savetiers sont jettées à mesme moule. » — « A propos des quakers, vous me demandez mon avis dans votre lettre sur le vous et sur le toi. Je vous dirai aussi hardiment ce que je pense sur cette bagatelle que jeserai[s] timide devant vous sur une question importante. Je crois que dans le discours ordinaire, le vous est nécessaire, parce qu'il est d'usage, et qu'il faut parler aux hommes le langage étabh par eux ; mais dans ces mouvements d'éloquence où l'on doit s'élever au-dessus du langage vulgaire, comme quand on parle à Dieu et qu'on fait parler les passions, je crois que le tîi a d'autant plus de force qu'il s'éloigne du vous. Carie tu est le langage de la vérité, et levons lelangage du compliment. » (Voltaire à Jacob Vernet, 14 sept. 1733, éd. Moland, t. XXXIII, p. 79). Cf. Bayle, ŒMf. div., éd. 1737,1V, 646.
35. La 4e prop. de la 15e thèse de Barclay est : « Quod non liceat ludis et comœdiis uti sub notione recreationum quae cum gravitate, silentio et sobrietate minime concordant :
Lett. phil. I. 2
l8 PREMIÈRE LETTRE
deridere enim, ludeie, jocari, garrire, etc., non sunt libertas Christiana vel innocens laetitia. » La phrase car.... kibilerrésuttiQ bien l'esprit des pages 548-352 de Barclay.
j6. Proposition 5= de Bardav (334) « Quod non lictt omnitio jiirare sub Evangelio, non solum non vanc vel in conimuni locutione..., sed etiain nec in judicio coram magistratu. » Cette proposition est démontrée p. 352 etsuiv.
57. « Possunt hanc indignilalem nomini Christi adferre... ? » (Barclay, 361).
38. « Ilsrèpondent ord iui.u' reinenl ouy, non et tie prennent jamais aucun serment, quoique imposé par le magistrat. Ils ont même obtenu depuis un an un acte de Parlement qui les en dispense, il est vrai qu'en pareil cas leur oui, non est équivalent. » (Chamberlayne, 1698, I, 309). Cf. La Mottraye, I, 163. L'acte du Parlement fut passé en 1696 (Sewel, 740), renouvelé en 171 5 et étendu à l'Ecosse et à rAmérique (Sewel, 801). Cf. 3LUSsi The politicaî State of Great Britain, t. IX, p. 379, 3 mai 171S, et p. 391.
39. The Gentleman'' s Maga:^ine(l.\l\, août 1753, p. 412), extrait du Free Briton du 9 août (no 194), qui contient une attaque contre Fog, autre journaliste : « Don't you remember, my dear, a nice distinction you formerly made between the oath of Churchmen and the affirmation of Q.uakers ? Did you not call it the oath of a Christian opposed to the word ofa Quaker ? »
40. Prop. 6 : « Quod Christianis minime licet malo resistere nec hélium gerere aut in ullo casu pugnare. y> (Barclay, 314).
41. « Adeo ut mirum sit homincs ad imaginem Dei conditos potuisseintantura degenerareut potiusreferant]imaginem et naturam leonum rugientium, tigridnm laniantium, luporum devorantium et ursorum scevientium quam creaturarum rationalium intellectu praeditorum. » (Barclay, 362).
42. « Ego autem dico vobis non resistere malo... Diligite inimicos vestros. » (Matthieu, v, 39-44, dans Barclay, 362-363).
43. (Les tambours, tympana, font partie des fournitures militaires (supellectilcm bellicam) pour lesquelles les quakers ne doivent pas employer leur argent (Barclay, 368).
44. << Sed quinamex nobis duobus fideliter observant hoc tes-
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timonium adversus arma, an illi (les autres protestants) quando statutis temporibus, ad tnandatum magistratus officinas reserandi et pro prosperilate armoruni ejusdem orandi, veî Deo gratias amenai pro hac vel illa reportata Victoria, suas officinas obserant et in suas congregationes conveniunt, quo pacto, in omnibus, iis qui pugnas et certamina approbant, similes se faciunt, an vero nos qnihxc eadem conscientiae causa pi'xstare non possumus... ?» (Barclay, 368).