Date fausse: fin de 1726 au plus tôt, ou
2. Les mots entre crochets sont des additions de l'éditeur du Yorksbireman.
j. An All-farthing Lane runs from South street, Wandsworth, to the S. W. Corner of the Comnion (Note du Prof. Haies, op. cit.. p. 85).
4. Le vrai nom est Kuweidt, à ce que m'écrit M. Norman Penney, qui l'a trouve dans les registres de Wandswortli (cf. la fin de l'appendice).
as he was before cnraged, desiringto know what our English clergy would object to this [text]. I said their gênerai reply was, that Paul meant " not principally, or chiefly": Voltaire observed, they might in the same way élude ail thc rest of the book .
« Some short time after, Voltaire being at the Earl Temple's seat inFuIham, with Pope, and others such, in their conversation fell on the subject of water-baptism. — Voltaire assuming the part of the quaker — and at length [he] came to mention that assertion of Paul. They questioned there being anv such assertion in ail his writings : on which was a large wager [laid] as near as I remember of dg 500 ; and Voltaire not retaining where it was, liad one of the Earl's horses, and came over the ferry from Fulham to Putney, and rode to Half-farthing ; and alightiug in the yard, desired our man to lead his horse about, being warm . Corning to my master, he asked for his little usher as he called me. When I came, he desired me to give him in writing the place where Paul said, he was not sent to baptise. — Which I presently did. Then courteously taking his leave, he mounted and rode back — [and, of course, won his wager !]
« During his stay at the scarlet dyer in Wandsworth, I had to wait on him several times, and hear himread, in the Spectators chieflv. At other times he would translate the Epistle of Robert Barclay ; commending the same [Barclay îurote it in the Latin] so far as to acknowledge it to be the finest or purest Church Latin he knew. In his translatiug his Epistle to king Charles U, instead of using the wovd thon or thee [for tu ou te m the text], heic'0»W writevoH — which made it, to my ear, sound harsh.
« He seemed so taken with me, as to offer to buy out the remainder of my time. I told him, I expected my master would be very exorbitant in hisdemand. He said, Let his demand be what it might, he would give it ou condition I would yield to be his companion, keeping the same company, and [I] should alwa}-s in every respect fare as he fared, wearing my clothes like his and of equal value : telling me then plainly, hé was a Deist ; adding, so were most of the noblemen in France and in England ; deriding the account given bv the four
Evangelists concerning the birth of Christ, and his miracles, etc. so far, that I desired him to desist; for I could not beat to hear my Saviour so revilcJ and spokcn against. Whcrcupon he seemed under a désappointement, and left me with some reluctance. »
Toute la curiosité, la vivacité d'impressions de Voltaire se peignent dans le récit d'Edw. Higginson, et même ses procédés de contrôle. Il n'en est que plus regrettable que ce récit ne soit pas daté, et que l'éditeur de 1832 ne nous explique pas plus précisément comment il a été recueilli, s'il a été écrit ou dicté par Edw. Higginson, ou simplement conté par lui et reproduit par un auditeur d'après le souvenir qu'il en avait gardé. L'erreur de date de la première ligne prouve qu'Edward Higginson écrit ou parle longtemps après l'événement, dans sa vieillesse. L'authenticité de l'anecdote, d'ailleurs, ne paraît pas douteuse, tant ce maître d'école d'un village anglais a vivement saisi la physionomie de Voltaire. Il lui eût fallu, pour inventer si Justement, une connaissance familière de l'écrivain français qui n'est pas vraisemblable. J'aurais voulu avoir quelques renseignements sur Edw. Higginson : il est profondément inconnu, même à la Société des Amis. Tout ce que l'obligeant bibliothécaire, M. Norman Penney, a pu découvrir pour répondre à ma demande, c'est que le nom d'Edward Higginson figure dans les Minute Books of ÏVandsworth Monthly Meetings, et qu'il partit pour Upwell dans l'île d'Ely (Cambridgeshire), après avoir terminé son apprentissage de maître d'école en 1728. L'assemblée du 29 mai ordonna une enquête en vue d'établir le certificat avec lequel il devait partir.
Sur les Quakers.
Telle fut à peu près la conversation que j'eus avec cet homme singulier ; mais je fus bien plus surpris quand 5 le Dimanche suivant il me mena à l'Église des Quakers. Ils ont plusieurs Chapelles à Londres : celle où j'allai est près de ce fameux pilier qu'on apelle le Monument'. On étoit déjà assemblé lorsque j'entrai avec mon conducteur^. Il y avoit environ quatre cens hommes dans
10 l'Église, & trois cens femmes: les femmes se cachoient le visage avec leur évantail, les | hommes étoient cou- [15] verts de leurs larges chapeaux ; tous estoient assis, tous dans un profond silence. Je passai au milieu d'eux sans qu'un seul leva[t] les yeux sur moi. Ce silence dura un
1 5 quart d'heure. Enfin un d'eux se leva, ôta son chapeau, & après quelques grimaces et quelques soupirs, débita moitié avec la bouche, moitié avec le nez, un galimathias tiré de l'Evangile, à ce qu'il croïoit, où ni lui, ni personne n'entendoit rien 3. Q.uand ce faiseur de contorsions
20 eut fini son beau monologue, & que l'Assemblée se fut séparée toute édifiée & toute stupide, je demandai à mon
Ligne 2. ^^^-jo, yj De la religion des quakers. Datis ji et dans K la deuxième lettre est réunie à la première, sous le même titre (avec uite ligne de points dans -ji entre les deux morceaux). 71-^ Suite de la religion des quakers. — 4. j4'-K omettent plus — 7. ^4'-K que l'on
II. j9-»-A' omettent les mots avec leur évantail — 16. ]9^-K suppriment quelques grimaces et — 18. J4'-K tiré, à ce qu'il croyoit, de l'Evangile
homme pourquoi les plus sages d'entr'eux souffroient de pareilles sottises ? — « Nous sommes obliges de les tolérer, me dit-il, parce que nous ne pouvons | pas [lé]
25 sçavoir si un homme qui se lève pour parler sera inspiré par l'esprit ■* ou par la folie ; dans le doute nous écoutons tout patiemment, nous permettons même aux femmes de parler. Deux ou trois de nos dévotes se trouvent souvent inspirées à la fois, & c'est alors qu'il se
30 fait un beau bruit dans la maison du Seigneur. — Vous n'avez donc point de Prêtres, lui dis-je ? — Non >, mon ami, dit le Quaker, & nous nous en trouvons bien. A Dieu ne plaise que nous osions ordonner à quelqu'un de recevoir le Saint-Esprit le Dimanche à l'exclusion des
35 autres fidles^. Grâce au Ciel nous sommes les seuls sur la terre qui n'aïons point de Prêtres. Voudrois-tu nous ôter une distinction si heureuse ? pourquoi abandonnerons-nous I notre Enfant à des nourrices mercenaires, [17] j quand nous avons du lait à lui donner ? Ces mercenaires
40 domineroient bien-tôt dans la maison, & oprimeroient la mère & l'enfant. Dieu a dit, vous avei reçu gratis, donnei gratis'. Irons-nous après cette parole marchander l'Evangile, vendre l'Esprit Saint, & faire d'une assemblée de Chrétiens une boutique de marchands *^ ?Nous ne donnons
45 point d'argent à des hommes vêtus de noir 9 pour assister nos pauvres, pour enterrer nos morts, pour prêcher les fidles'o; ces saints emplois nous sont trop chers pour nous en décharger sur d'autres.
52. ;/^-A' [bien.] Alors, ouvrant un livre de s.i secte, il lut avec .emphase ces paroles : [A Dieu] Prohahlcweiit, l'omission de cette phic.se dans J4 n est pas une correction d'auteur, mais une faute de copie. L'édition de Thieriol (^^") doit fournir ici le vrai texte. Il faut, après cette plyrase, ouvrir les guillemets devant : A Dieu, etc., et les fermer après fidèles; cependant des éd. de V., et de bonnes (comme jr), ne les ferment qu'après sur d'autres, <) contre sens. — j^. }.f-K de tous les autres — 58. Toutes les éd. depuis ^4 et }.f jusqu'à K^hiadonnerons. Faut-il corriger avec Moland et Bengcsco : abandonnerions ?
— Mais comment pouvez-vous discerner, insistai-je, si
50 c'est l'Esprit de Dieu qui vous anime dans vos discours? — Quiconque, | dit-il, priera Dieu de l'éclairer, & qui [iS] annoncera des vérités Evangéliques qu'il sentira, que celuilà soit sûr que Dieu l'inspire. » Alors il m'accabla de citations de l'Ecriture qui démontroient, selon lui, qu'il n'y a
55 point de Christianisme sans une révélation immédiate", et il ajouta ces paroles remarquables : « Quand tu fais mou- » voir un de tes membres, est-ce ta propre force qui le » remue ? Non sans doute, car ce membre a souvent des » mouvemens involontaires. C'est donc celui qui a créé
60 » ton corps qui meut ce corps de terre ; & les idées que » reçoit ton ame, est-ce toi qui les forme ? encore moins, » car elles viennent malgré toi. C'est donc le Créateur » de ton ame qui te donne tes | idées; mais comme il a [19] » laissé à ton cœur la liberté, il donne à ton esprit les
63 » idées que ton cœur mérite; tu vis dans Dieu, tu agis, » tu penses dans Dieu'-, tu n'as donc qu'à ouvrir les » yeux à cette lumière qui éclaire tousleshommes'5, alors a tu verras la vérité & la feras voir ». — Eh ! voilà le Père Malbranche tout pur, m'écriai-je. — Je connois ton Mal-
70 branche, dit-il, il étoit un peu Quaker'+, mais il ne l'étoit pas assez. » Ce sont là les choses les plus importantes que j'ai aprises touchant la Doctrine des Quakers ; dans la première Lettre vous aurez leur Histoire, que vous trouverez encore plus singulière que leur Doctrine.