‹ Lettres philosophiques. Éd. critique avec une introd. et un commentaireChapitre 60 sur 126 · J4^-A'tète nue · texte numérisé non relu

J4^-A'tète nue

52. ^6-K en colère d'être tutoyé, et voulant qu'on jurât — 34. j6-K omettent Georges.— 35. j4'-?9 fols — 36. ^6-K [d'exécuter] la sentence à la rigueur.

41. ^^i,46-K Puis [il] 42, 42^ puis [se mit] sans il. — 45. y2-K [de] la [prison]

Ldt. phil. I, 3

34 TROISIEME LETPRE

crédit avoit fait condamner Fox à ce suplicc, & on le piloria à sa place^*.

Il osa bien convertir quelques soldats de Cromwcl qui

5 5 quittèrent le métier des armes, & refusèrent de prêter le serment->. Cromwel ne vouloit pas d'une Secte où l'on ne se battoit point, de môme que Sixte-Quint auguroit mal d'une Secte, liove non si chiavava. Il se servit de son pouvoir pour persécuter ces nouveaux venus-^, on en

60 remplissoit les prisons ; mais les persécutions ne servent presque jamais qu'à faire des Prosélites^" : ils sortoient des prisons affermis dans leur créance & suivis de leurs Geôliers qu'ils avoientconvertis^^. Mais voici ce qui contribua le | plus à étendre la Secte. Fox se croïoit inspiré. II crut [25]

65 par conséquent devoir parler d'une manière différente des autres hommes, il se mit à trembler, à faire des contorsions & des grimaces, à retenir son haleine, à la pousser avec violence^? ; la Prêtresse de Delphes n'eut pas mieux fait. En peu de tems il acquit une grande

70 habitude d'inspiration, & bien-tôt après il ne fut plus guère en son pouvoir de parler autrement. Ce fut le premier don qu'il communiqua à ses Disciples. Ils firent de bonne foi toutes les grimaces de leur Maître, ils trembloientde toutes leurs forces au moment de l'inspiration.

7) De là ils (en) eurent le nom de Quakers qui signifie trembleurs5o. Le petit peuple s'amusoit à les contrefaire''. On trembloit, on | parloit du nez, on avoit des convulsions, [26] & on croïoit avoir le Saint-Esprit. Il leur falloit quelques miracles, ils en firent.

55. j6-A' renoncèrent au métier de tuer — 56. S4'~S9 où on — 58. )T [mal], à ce que disoient ses ennemis adoucissement qui peut cire de l'éditeur.

61. }4'-K de leurs prisons (jr de leur prison) — 67. ji et [à la pousser] — 70. /r, 7/, A' ne fut guère {smis plus)

71. J4 donne ce [premier] qui ne peut être qu'une faute typographique. Je corrige en \c, qui est donné par ).I^-K. — 75. Le pléonasme en est dans toutes les éditions de J4 et ^4"" à jj. A' De là ils curent

SUR LES QIJAKERS 3 5

80 Le Patriarche Fox dit publiquement à un Juge de Paix, en présence d'une grande assemblée : « Ami, prens garde à toi, Dieu te punira bien-tôt de persécuter les Saints'^. » Ce Juge étoit un yvrogne qui buvoit tous les jours trop de mauvaise bière & d'eau-de-vie' 5 ; il mourut d'apo-

85 plexie deux jours après, précisément comme il venoit de signer un ordre pour envoïer quelques Quakers en prison3+. Cette mort soudaine ne fut point attribuée à Tintempérance du Juge, tout le monde la regarda comme un effet des prédictions du saint homme.

90 Cette mort fit plus de Quakers que mille sermons &

autant | de convulsions n'en auroientpû faire. Cromwel [27] voïant que leur nombre augmentoit tous les jours voulut les attirer à son parti : il leur fit offrir de l'argent, mais ils furent incorruptibles, & il dit un jour que cette

93 Religion étoit la seule contre laquelle il n'avoit pu prévaloir avec des guinées35.

Ils furent quelquefois persécutés sous Charles II, non pour leur Religion, mais pour ne vouloir pas païer les dixmes au Clergé, pour tutoïer les Magistrats, & refuser 100 de prêter les sermens prescrits par la Lois^.

Enfin Robert Barclay, Ecossois,presentaauRoi, en 1675, son Apologie des Quakers, ouvrage aussi bon qu'il pouvoit l'être. L'Épitre Dédicatoire à Charles II contient, non de basses flatteries, mais des véri|tés hardies, & [28] 105 des conseils justes.

» Tu as goûté, dit-il à Charles à la fin de cette Épitre, )) de la douceur, & de l'amertume, de la prospérité, &; » des plus grands malheurs, tu as été chassé des païs

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