Juin i6c)S(Life
44. « Upon their coming thither, they were received wilh the universaJ joy of the inhabitants » {Life, 145). «... His paternal administration... Their palenuil regard to us and our posterity » (Life, 147).
45. « The next Momh (oct. 1701) he took shipping for England » (Life, 147), mais pour empêcher le vote d'un bill qui portait atteinte à ses droits de gouverneur et étendait les prérogatives de la Couronne.
46. Angl. j) fait ici une rectification : « But hc never saw it again, he dying in Ruskomb in Berkshire, anno 17 18. » Voltaire, peut-être averti par cette correction, a modifié son texte dans J4 (édition de Jore), tandis que Thieriot le conservait dans ^.^a (éd. de Londres, Busie). — Voltaire, en feuilletant la vie de Penn, n'avait pas pris garde à une phrase où le changement de demeure du vieillard, qui pour sa santé quitta Londres, était indiqué (Life, 148).
47. Cette anecdote ne figurant ni dans la traduction anglaise, ni dans l'éd. française de Londres (i.^"), on peut conclure que Voltaire l'a apprise entre l'envoi de sa copie à Thieriot et l'impression de Jore, et qu'il ne la tire pas des sources qui lui ont servi pour cette quatrième lettre. En effet ni Croese, bien entendu, (impr. en 1696), ni Sewel qui va jusqu'en 1715, ni la vie de Penn ne la connaissent. Je n'en ai pas trouvé la source : peut-être fut-elle orale, et déformait-elle un incident des dernières années de Penn, dont sa Fie d'ailleurs ne disait rien. En 1711-1712, des embarras d'argent forcèrent Penn de négocier avec la Couronne pour la vente de son droit de propriété. Une attaque d'apoplexie qu'il eut arrêta l'affaire (£)/(•/. 0/ A'rt/. Biogr.). En 1711,11 offre de céder le gouvernement de la province pour 20.000 1. Le ministère lui offre 12.000 1. payables en 4 ans. On lui verse i.oool.; et il tombe malade (British Cychp., avec références à Dixon, Life ofP., 415 et Janney, Lifeof P., 549; voyez aussi VEitcyclop. Britaunicd). La négociation ne passa pas inaperçue.
« On apprend par les nouvelles publiques, écrivait Leclerc, que Guillaume Penn a vendu cette année 1712 la propriété de ce pays-là (la Petisylvauié) à la Couronne de la Grande-Bretagne. » (BiU. choisie, 1712, t. 25, i^e part., p. 1 3 1 .) La charte primitive ne fut annulée qu'en 1778 et les droits de la famille Penn rachetés pour 130.000 livres.
48. Je ne sais d'où Voltaire tire cette anecdote, qui n'apparaît qu'en 1756. Elle est inexacte. La concession de l'affirmation au lieu du serment fut faite aux quakers sous Guillaume III en 1696, renouvelée en 1701, sous le même règne, confirmée à perpétuité et étendue à l'Ecosse et à l'Amérique en 171 5, au début du règne de Georges I". De plus Voltaire en 1770 {Qiiest. sur l'Encyclop., art. Affirmation par scnnent) nomme le chancelier Cowper. Or Cowper fut chancelier sous la reine Anne de 1707 à 1710, et sous Georges h^ de 17 14 à 1718. L'anecdote se rapporterait donc au dernier renouvellement du privilège de ne pas jurer. Mais ne faudrait-il pas lire Cooper (et non Cowper) ? Ce serait le premier lord Shaftesbury, chancelier en 1661 sous Charles II. W. D. Christie {A îife of Anthony Ashley Cooper fir s t earl of Shaftesbury, 1871, 2 vol. in-80) cite un Mémoire de Shaftesbury à Charles II, vers 1669, pour l'engager à une large tolérance envers les non-conformistes (t. II, app. I). En 1675 Shaftesbury, qui, depuis 1669, avait soutenu l'intolérance, se retourne contre le Danby Test comme renforçant trop le privilège de l'anglicanisme (II, 203-206, et app. VI). En 1679 Shaftesbury, membre du Conseil privé, s'oppose encore à un projet de loi qui imposait un nouveau serment aux non-conformistes (II, 328). Cf. encore G. Burnet, History of iiiy own Unie, Oxford, 1902, t. I, p. 553 et t. II, p. 82. Shaftesbury avait de l'esprit et du mordant. Pour conclure, ou bien il s'agit de la dispense de jurer, et l'anecdote doit se placer sous Georges I^r, en se rapportant à Cowper, ou elle se place sous Charles II, et l'apologue appartient à Shaftesbury, mais alors il s'agit d'un test.
49. Affirmation contestée par The présent state of the Repuhlick of Letters, 1733, art. 32, qui accuse Voltaire d'ignorance des choses anglaises et maintient que la liberté de conscience a multiplié les sectes^ « but also made the sectaries rich, numerous and powerful ». C'est le journaliste anglais qui se trompe.
6o QUATRIÈME LETTRE
« Jamais les dissidents ne furent moins en évidence, et jamais ils ne perdirent plus d'adhérents. La constatation en est faite vers 1726 par un de leurs pasteurs les plus distingués le Rev. £. Calamy. » (W. Thomas, Le poêle Eiliuiiid Young, p. 100.) « Dr Priestley who knew Lancashire well reckoned that in the reign of the first two Georges, the dissenters had diminished in that country by one third of their original number. » (Sociai Enghud... by varions writers, edited by H. D. Traill, London, 1896, t. V, p. 255.) « AbouT 1729, complaints began to be heard that the Non ConformistChurches weredeclining in numbcrs and spiritual efficiency. » {Ibid., 256. Voyez aussi Ch. Abbey and J. H. Overton, The English Chiirch in the j(5«t Cent., 1878, t. I, p. 1 1.) Il y eut une polémique sur cette question en 1730-1731. Un anonvme, dans ^« iiiqiiiry inio the causes 0/ the Decay of the Dissenting interesl, mit en doute le bien-fondé des inquiétudes : Phil. Doddridge répliqua par Free thoughts, or the best vicans of reviviiig tJie Di<senling iiiterest, 1730 (cf. le Catalogue du British Muséum, aux mots Dissenting interesl). Le réveil vint par Wesley, après 1740. (Cf. Revue de Paris, 1906, Élie Halévy, Im naissance du mcthodisnie en Angleterre.)
50. La Mottraye prétend qu'il v avait du relâchement parmi les quakers : « J'en ai fréquenté quelques-uns qui m'ont paru observer assez exactement les devoirs de la société civile, qui ôtent le chapeau, rendent vous à ceux qui le leur donnent, sans y montrer la moindre répugnance » (I, 163). Mais l'affirmation de Voltaire va bien plus loin. Ch. Abbev et J. H. Overton, Tl}e English Church in the /5''i Century, 1878, t. I, p. 557, constatent le déclin duquakerisme après Guillaume IIL — Autres jugements de Voltaire sur les quakers : Essai sur les mœurs, Introduction, XVII, et ch. 153. — Dict. phil., art. Affirmation par serment, Baptême, Église, Hommes, Quakers, Tolérance. — Traité de la tolérance, ch. 4. — Histoire de rétablissement du christianisme, chap. 22. — Histoire de fennyou V athée et le sage, ch. i.. 3,7. — Sermon dejosias Rossette. Cf. enfir.les deux Lettres dUinqiiakreàJean George Le Franc de Pompignan. Il n'y aura qu'un seul fait nouveau dans tout cela : l'allusion à la milice pensylvanienne formée de non-quakers (ZTiJii/, Introd., xvii, éd. Moland, t. xi, p. 51).
Sur la Religion Anglicane^.
C'est ici ^ le païs des Sectes. Un Anglais comme homme libre, va au Ciel par le chemin qui lui plaît'. 5 Cependant quoi-que chacun puisse ici servir Dieu à sa mode, leur véritable Religion, celle où l'on fait fortune, est la Secte des Episcopaux, apellée l'Eglise Anglicane, ou l'Eglise par excellence. On ne peut avoir d'emploi ni en Angleterre, ni en Irlande, sans être du nombre des
10 fidèles Anglicans -t ; cet|te raison qui est une excellente [45 J preuve, a converti tant de Non-conformistes, qu'aujourd'hui il n'y a pas la vingtième partie de laNation qui soit hors du giron de l'Eglise dominante.
Le Clergé Anglican a retenu beaucoup des cérémonies?
I ) Catholiques, & sur tout celle de recevoir les dixmes ^ avec une attention très-scrupuleuse. Ils ont aussi la pieuse ambition 7 d'être les Maîtres.
De plus, ils fomentent autant qu'ils peuvent dans leurs Ouailles un saint zèle contre les Non-conformistes 8.
20 Ce zèle ètoit assez vif sous le gouvernement des Toris dans les dernières années de la Reine Anne ; mais il ne s'étendoit pas plus loin qu'à casser quelquefois les vitres 9
Ligne 2.j^^-j^ De [la rel.] A' Anglicans. De [la rel.] {Dict. PhiL). K L'Angleterre est [le pays] — 3. }4'-K [Sectes] Multae sunt mansiones in domo patris mei. (Jean, XVI, 2.) — 4. 46-K \ comme] un [homme] (/i seul conserve le texte primitif .) — 46-A'qu'il lui plaît.
14. K de [cérémonies] — 17. }9*-K [Maîtres] ; car quel Vicaire de village ne voudroit pas être Pape ?
^2 CINQ.UIÉME LETTRE
des Chapelles Héjrétiques, car la rage des Sectes a fini [46] en Angleterre avec les guerres civiles, & ce n'étoit plus
2) sous la Reine Anne que les bruits sourds d'une mer encore agitée long-tems après la tempête ; quand les Wigs & les Toris déchirèrent leur païs commc'° autrefois les Guelphes & les Gibelins, il fallut bien que la Religion entrât dans les partis. Les Toris étoicnt pour l'Hpiscopat, les Wigs
30 le vouloicnt abolir", mais ils se sont contentés de l'abaisser quand ils ont été les Maîtres.
Du tems que le Comte Harley d'Oxford, & Milord Bolingbroock, faisoient boire la santé des Toris'^, l'Eglise Anglicane les regardoit comme les défenseurs de ses saints
35 Privilèges. L'assemblée du bas Clergé, qui est une espèce de Chambre | des Communes'3composéc d'Ecclésiastiques, [47] avoit alors quelque crédit, elle jouissoit au moins de la liberté de s'assembler, de raisonner de controverse, & de faire brûler de tems en tems quelques livres impies'^,
40 c'est-à-dire écrits contr'elle'S. Le ministère qui est Wig aujourd'hui, ne permet pas seulement à ces Messieurs de tenir leur assemblée'^, ils (se) sont réduits dans l'obscurité de leur Paroisse au triste emploi de prier Dieu pour le Gouvernement qu'ils ne seroiént pas fâchés de troubler.
45 Quant aux Evoques qui sont vingt-six en tout, ils ont séance dans la Chambre-Haute'? en dépit des Wigs, parce que le vieil abus de les regarder comme Barons subsiste encore ; mais ils n'ont pas plus de pouvoir dans la I Chambre'^ que les Ducs & Pairs'9 dans le Parlement [48J