‹ Lettres philosophiques. Éd. critique avec une introd. et un commentaireChapitre 83 sur 126 · A'ils[firent] — 48. }4'-J9 Ina · texte numérisé non relu

A'ils[firent] — 48. }4'-J9 Ina

l'un des tirans de l'Eptarchie d'Angleterre, fut le pre | mier [j8]

50 qui dans un pèlerinage à Rome se soumit à païer le denier de saint Pierre (ce qui étoit environ un écu'^ de notre monnoie) pour chaque maison de son territoire. Toute l'isle suivit bien-tôt cet exemple, l'Angleterre devint petit à petit une Province du Pape, le Saint Père

55 y envoïoit de tems en tems ses Légats pour y lever des impots exorbitans. Jean sans-terre fit enfin une cession en bonne forme de son Roïaume'7 à Sa Sainteté qui l'avoit excommunié, & les Barons qui n'y trouvèrent pas leur compte, chassèrent ce misérable Roi, ils mirent à sa

60 place Louis VIII père de saint Louis Roi de France ; mais ils se dégoûtèrent bien-tôt de ce nouveau venu & lui firent repasser la mer.

Tandis que les Barons, les Evéques, les Papes déchi- lygl roient ainsi l'Angleterre où tous vouloient commander,

65 le Peuple, la plus nombreuse, la plus vertueuse même, & par conséquent la plus respectable partie des hommes, composée de ceux qui étudient les loix & les sciences, des Négocians, des Artisans, en un mot de tout ce qui n'étôit point tiran ; le Peuple, dis-je, ètoit regardé par

70 eux comme des animaux au-dessous de l'homme ; il s'en falloit bien que les Communes eussent alors part au Gouvernement'^, c'étoient des Vilains'9: leur travail, leur sang apartenoient à leurs Maîtres qui s'apelloient Nobles. Le plus grand nombre des hommes étoit en

75 Europe ce qu'ils sont encore en plusieurs endroits du

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