King John,at Dover taking off his Crown from
his head, humbly surrender'd it into the Pope's hands by his attorney Pandolph ; after which he suhscrihed to another
charter, wherehy he resii^iied bis KingJom to tbe Pope. » (Echard, L. II, ch. 2, t. I, p. 104.)
18. C'était la question qui tourmentait beaucoup les théoriciens politiques de l'Angleterre. Voyez plus haut, note 6, l'opinion d'Alg. Sidney. Chamberlayne.éd. 1698, t. II, 183, dit que « selon l'opinion de quelques-uns » les communes n'entrèrent pas au Parlement avant le régne de Henry III. Au contraire Tyrrell, dial. 6, 7 et 8, p. 265 etsuiv., se demande « whether the Gommons of England represented by Knights, citizens, and Burgesses in Parliament, were oneof the thrce Estâtes in Parliament before the 49tii of Henry Illd or 181'' of Edward I^t. » (Cf. p. 390.) Dans son Histoire d'Angleterre à la fin du t. III, Tyrrell disserte contre l'avis deSpelman Prynne et de Brady qui veulent qu'il n'y ait pas eu de Communes au Parlement avant Henri III et Edouard 1er. Larrey, Hist. d'Attgl. (diss. à la fin du tome 1"), a suivi Tyrrell. Acherley admet que par la Conquête Normande il y a eu un « breach » de l'ancienne constitution, mais qu'elle fut bientôt rétablie. Voltaire se range à l'avis de Bolingbroke : « The commonalty had liitle or no share in the législature. » {Remarks 1730-1731, Works,!, 318.)
19. « Le dernier ordre du peuple Saxon, j'entends du peuple libre, était celui des Ccorles, c'est-à-dire des marchands, des artisans, des habitants de la campagne et autres... «(Rapin Thoyras, I, 411). Rapin Thoyras distingue ces ciirls des esclaves ou viîlains avec lesquels Voltaire les confond. « Le dernier ordre des sujets, c'étaient les esclaves qui étaient de deux sortes. Les uns étaient véritablement esclaves... Les autres qui étaient proprement des serviteurs.., faisaient valoir les terres de leurs maîtres dont ils tiraient eux-mêmes quelque profit, sans qu'il leur fût permis de quitter le lieu de leur demeure pour aller s'établir dans un autre, à moins que leur seigneur n'y consentît. Ils furent depuis nommés viîlains, c'est-à-dire Villageois ou habitants de la campagne. On trouve encore en divers endroits d'Allemagne de ces sortes de paysans qui sont sujets à beaucoup de corvées et qui pour l'ordinaire sont traités fort rudement par leurs seigneurs. » (Rapin Thoyras, I, 411.) — Le London Journal, Sept, i, no 740, dont l'extrait est cité par le Gentle-
iiian's Mrfcfrt:^//;^, Sept. 1733, s'est approprié les vues et les termes de Voltaire : « The primitive purityofourgovernment was that Ihe People had no share in the goi'crnment, but were Villains, vassals, or bondsmen to the Lords ; a sort of cattle bonght and sold with the land. The very Parliaments of old were composed only of Ecclcsîastical and Civil Tyrans called Abbots, Priors, Barons, etc. The Kings indeed luere not ahsolule over the Barons, but both Kings and barons were absolute over the People. »
20. Sentiment qui provoquera quarante ans plus tard les écrits de Voltaire pour les serfs du Mont Jura.
21. Ici les vues de Voltaire se ramènent à celles de Bolingbroke qui, tout en soutenant que « l'esprit de liberté » datait des Bretons et des Saxons, estimait que la conquête Normande avait mis le peuple anglais dans l'esclavage : il fallut les conflits des rois et des barons pour rétablir la liberté. « The Norman Kings, of imperious tempers, assumed great power. The barons did the same. The people groaned under the oppression of both. This union was unnatural and could not last. The barons, enjoying a sort of feudatory sovereignty, were often partners and sometimes rivais of the Kings. They had opposite interests and they soon clashed. TJms zuas tije opportunity created of re-establishiiig a more equal free governnicnt than that which had prevailed after- the Norman invasion... TJie Kings, the barons and the clergy were ail in reality enemies to public liberty... Yet they helped in their tiirns to establish liberty. » {Reniarhs on the Hist. of Eiigl., dans TI}e Craflsinan, 1730-173 1, nos 215 et suiv. ; Works, I, 318.)
22. « It is true that during thèse contests, Magna Charta was signed and confirmed, and the condition of the people, in point of liberty, very much improved. But this was the accidentai ej^ect oj the contests between the Kings, the barons and the Clergy. » (Bolingbroke, Remarks..., Works, t. I, p. 385.)
23. A cause de l'expression ?zo!« accordons c\\ii a fort tourmenté les défenseurs de l'antiquité des libertés anglaises. Acherley l'interprète par agrecd, ci tnicnà a contract, non a gift (p. 188 et
Lett. phil. I. - 8
191). « Though they (the liberties) are said to hâve heen grmiled from the Kings'mere good will, yet that is recited only to make it more strong against himself, silice the nobihty and the people of England claimed those liberties as thcir ancient undoubted rights. » (Tyrrell, p. 227.) Malgré le mot frflwto/, « yet they must not be understood as mère émanations of Royal favour, or new bounties granted, but a restitution of such (liberties) as lawfully they had before. » (English Liberties, p. 8.) Bolingbroke même écrit : « The British liberties are not the grant of Princes. » (Remar'ks, Worh, t. I, p. 318.) Il se retrouve ainsi d'accord avec Alg. Sidney qui disait : v Magna Charta was not the original, but a déclaration of the English Liberties. »(?. 377.) Voltaire qui échappe aux préjugés anglais, s'en tient à la lettre du texte. îl se trouve ainsi se rapprocher des tories extrêmes, défenseurs du droit divin et du pouvoir absolu des rois, comme sir Robert Filmer, sans admettre d'ailleurs leur thèse politique.
24. Voltaire prend la Grande Charte dans Rapin Thoyras (II, 292). Il n'en cite pas textuellement le début, mais il ramasse et condense. « Jean, Par la grâce de Dieu roi d'Angleterre, à tous les archevêques, èvêques, comtes, barons , etc. (les ahhès et prieurs sont nommés à la fin, art. LXVII) : Qu'il vous soit notoire que nous... avons accordé et par cette présente accordons pour nous et nos héritiers et successeurs à jamais : I. Que l'Eglise d'Angleterre soit libre... Nous voulons (Rapin Thovras note que cette phrase manque dans quelques copies) que les privilèges de l'Eglise soient par elle possédés de telle manière qu'il paroisse que la liberté des élections... a été accordée par un acte libre de notre volonté. »
25. Questions très discutées en Angleterre. Voyez la note 18. A SpelmanPrynne, Brady et Bolingbroke, il faut ajouter The Hist. oftheH. C. of Pari., par Thornhagh Gurdon : « As yet (jusqu'à la Grande Charte) no représentatives of thegenerality of the Gommons in Parliament. »(I,2is.) Rapin Thoyras n'ose se prononcer. Il dit à propos du Parlement de 1258, sous Henri III : « Il est certain que douze députés des Communes assistèrent à ce Parlement. Mais si ce fut par grâce (thèse de Brady) ou de droit (thèse de Tyrrell), je veux dire si ce fut une nouveauté, ou si les Communes avaient des députés pour les représenter dans les
précédents Parlements, c'est ce que je n'oserais prendre sur moi de décider, puisque les Anglais n'en conviennent pas entre eux... Ajoutons encore qu'il serait bien étonnant, si les Communes avaient eu ce droit auparavant, que les historiens ne les eussent jamais distinguées de la Noblesse. Cependant parmi tant d'auteurs qui depuis le temps de la Conquête jusque vers la fin du règne de Henri III ont parlé des Parlements, il ne s'en trouve aucun qui ait parlé des Communes comme faisant un Corps à pari ou une Clkinihre séparée dans le Parlement. » (II, 400; cf. I, 418-419.) C'est le même argument que chez Voltaire. Rapin Thoyras, à propos de l'article 18 de la Grande Charte, fait la remarque qu'il n'y avait pas encore de députés des Communes au Parlement (II, 29s, et n. 2).