K [Communes], lorsqu'il s'agit de lever de l'argent
155 le monde paie, chacun donne non selon sa qualité (ce qui est absurde,) mais selon son revenu 37; il n*y a point de Taille | ni de Capitation arbitraire, mais une Taxe L""J réelle, sur les terres. Elles ont toutes été évaluées, sous le fameux Roi Guillaume III 38 & mises au-dessous de
160 leur prix.
La Taxe subsiste toujours la même quoique les revenus des terres aient augmenté, ainsi personne n'est foulé & personne ne se plaint 39. Le Païsan n'a point les pieds meurtris par des sabots, il mange du pain blanc,
165 il est bien vêtu 4°^ il ne craint point d'augmenter le nombre de ses bestiaux ni de couvrir son toit de tuiles, de peur que l'on ne hausse ses impots l'année d'après. Il y a ici beaucoup de Faisans qui ont environ deux cent mille francs 41 de bien, & qui ne dédaignent pas de con-
170 tinuer à cultiver la terre qui les a enrichis, & dans laquelle ils vivent libres 42. ^
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1. Point de vue anglais. « A happy mixture » (Halifax cité par Bastide, John Locke, 174).
2. Moréri (17 18 : art. Angleterre, Gouvernement) : « L'Angleterre a été soumise à cinq nations différentes . » Chamberlayne {État présent f I, i) : « L'Angleterre a été possédée par cinq
156. ^4'^-K serait [absurde] — 158. 46-48, 52-/1 été évaluées toutes ji été toutes évaluées Au lieu du viot évaluées, ^4, suivi par ^4*' et "*, porte enclavées : j^ai corrigé selon le texte uniforme de ^4'-K et même de J4' et 57 cette absurdité qui n'est qu'une faute d'impression. — 159. j4*-K omettent les mots et mises... prix.
167. K On y voit [beaucoup] (correction arbitraire, nécessitée par la dispersion des lettres dans le Dictionnaire philosophique). — 168. ^4'^-K [environ] cinq ou six cens Livres Sterling de revenu, [et qui]
diverses nations et a dtc convoitée par plusieurs autres. Et certes il ne faut pas s'étonner de ce qu'une si belle et riche dame a eu tant de galants. » Murait (L. I, p. 20) : v II nie paraît qu'ils tiennent quelque chose des différentes nations qui les ont subjugués (Saxons, Danois, Normands, Romains). »
3. Greg. Leti, 2^ p., 1. 2, t. III, p. 72. Mais d'ailleurs tous les historiens d'Angleterre rappellent cette loi de Guillaume le Conquérant. Il est plus naturel de penser à Rapin Thoyras (t. II, p. 23). « La seconde (mesure prise contre le ressentiment des Anglais, fut) de leur défendre d'avoir de la clarté dans leurs maisons api-ès huit heures du soir. Quand cette heure était venue, ils entendaient le son d'une cloche qui les avertissait d'éteindre la lutnière et de couvrir Wur feu, à peine d'une grosse amende. » Ou bien, et peut-être encore plus vraisemblablement, il y a ici une trace du Craflsvian et de Bolingbroke. « The Corfeu in William the Conqueror's Time was deem'd themost severe Exertion of his Power as well as the greatest Instance of his Fear, of anything that he did during his whole Reign. He caused a Bell to be rung every Night ateight o'cîock, in ail the Towns and Villages of England, obliging every Bodv, in order to prei'ent any Assetnblies of the Pcople, to put out their Pires and extinguish ail their Lights » (No 233, Saturday December 19, 1730). Nulle part je n'ai trouvé chez un historien le second terme de l'alternative proposée par Voltaire.
4. Cette lettre IX sort de tout ce que Voltaire a lu ou entendu de discussions politiques et de réflexions sur les origines de la constitution anglaise. Il prend le contrepied d'une doctrine très souvent défendue par les historiens et les théoriciens anglais sur l'immémoriale antiquité des institutions nationales. Beaucoup de mes citations serviront plutôt à marquer les états d'opinion qu'il contredit ou reflète, que les écrits où il s'est directement informé. C'était une matière agitée quotidiennement dans les journaux ; elle devait l'être dans les conversations. Il faut donc être prudent dans l'assertion des sources. On peut seulement remarquer que Voltaire s'éloigne plus des whigsoue^ des tories, ueux-ia l^intenàieni l'anLiquiLé "dé^Ia constitution anglaise, des libertés anglaises, des Communes ; les
tories admettaient davantage une évolution historique dans laquelle peu à peu, à la faveur des circonstances, et souvent par le seul droit de la force, les libertés de la nation, la puissance des communes s'étaient développées. Les deux points de vue sont exposés dans The Weekîy Journal or the British Gaieteer (no 117, Saturday August 5, 1727). Le torv Bolingbroke admettait -un « spirit of Freedom » hérité des^retons et des Saxons^ irt^is il jenait les institutions libresde l'Angleterre pour le prpduit d'une réaction laborieuse de cet esprit deHiiberté contre l'oppression 3ës tyrans laïcs et ecclésiastiques et des rois normands. 11 taut d'ailleurs se souvenir que les tories même, sauf quêtqnes rares apologistes jacobites du pouvoir absolu, n'étaient guère, pour un Français qui pensait à son pays, de moins bons maîtres de libéralisme que les whigs, d'autant plus qu'ils étaient alors dans l'opposition et réclamaient fréquemment contre les whigs les principes de liberté.
5 . L'opinion que la constitution anglaise est celle des Goths et Vandales, que le Parlement anglais dérive des assemblées saxonnes est soutenue, entre autres, par Algernon Sidney, Discourses concerning Government, 1698, p. 131, et 381-391 (et. p. 379 : « Our ancestors who seem to hâve had some such thing in their eye as balancing the powers... ») ; Temple, Inir. à VHist. d' Angleterre i tr. de l'Angl., Amsterdam, 1695, p. 305 ; Tyrrell, Bihl. poL, pp. 549-551, et Hist. of England, 1704-5, dissert, à la fin du t. III ; English liberties (p. 8, 114); Roger Acherley, The Britannic Constitution, or the fundamental form of Government in Britain, 1727, in-fol., p. 116, 167, 178 (il trouve, lui, les « three estâtes of Kings, Lords and Gommons » chez les Bretons) ; The history of the High Court of Parliamentj 1731, l. I, p. 22 ; Larrey, Hist. d'Angh, t. I, Diss. sur l'origine des Parlements, p. 21, 28, 32 (il suit Tyrrell). Rapin Thoyras avait écrit : « On peut donc avancer comme une chose certaine que les lois qui s'observent aujourd'hui dans la plupart des pays de l'Europe tirent leur origine de celles que ces anciens conquérants ont apportées du Nord » (Diss. sur le Gouvernement, les lois, les mœurs, les coutumes et la langue des Anglo-S axons , au t. I de VHist. d'Angl., p. 404). Bolingbroke même remon-
IIO NEUVIÈME LETTRE
tait volontiers aux Goths, Francs et Saxons (Diss. upon parties, Works y II, 184, 197, 207).
6. Cliamberlaync* accorde qu' « avant la conquête Normande le Grand Conseil du Roi n'était composé que des grands du Royaume))(éd. 1698, t. II, p, i83);demême, Thehistoryo/the Hi^h Court of Parliament, i73i,(t. I, p. i62-i63)dit : « Populi multitude was no constituent part ofthegreat Councils or Parliaments » (p. 173). Rapin Thoyras n'ose affirmer la présence des Communes dans les Parlements Anglo-Saxons (IX, 626;. Ty^'^^l^ (p. 390) la soutient pour ceux-ci, et Acherley (p. 116) pour les Bretons. Sidney (pp. 383-391) maintient que tout guerrier étant noble, le mot noblesse, lorsqu'il s'agit des assemblées saxonnes, comprend en réalité les Communes.
7. Cf. Rapin Thoyras cité dans la note 5, et sa Diss., t. I, pp. 415-418. — Les mots : ces Etats dont on fait tant de bruit, visent les théories analogues à celles d'Alg. Sidney : « Ail the Northern Nations which upon the Dissolution of the Roman Empire possessed the best Provinces that had composed it, were under that form of which is usually called the Gothick Polity. They had King, Lords, Gommons, Diets, Assemblies of Estâtes, Cortez and Parliaments, in which the sovereign Powers of those Nations did réside, and by which thev were exercised »