Cf. la note
35. Cf. n. 25, fin. Voltaire put se rendre compte vers 1727- 1728 que l'opposition à la méthode nouvelle était loin d'être vaincue en Angleterre. Voir l'article de Mist's Weekly Journaly n» 114, Saturday June 24, 1727, très hostile à l'inoculation et aux rapports de Jurin.
36. Cet alinéa paraît être une addition postérieure à la rédaction de la lettre. Il ne fut sans doute pas ajouté avant 1731 : c'est alors que parut le 20e vol. àts Lettres édifiantes, contenant (pp. 304-361) une Lettre du P. Dentrecolles au P. Duhaldc, datée de Pékin le II mai 1726. Le passage fut remarqué aussi par Le Gendre marquis de Saint-Aubin, Traité de V opinion, I733> IV, iv, 27, t. III, p. 408 (le privilège est du 2 août 1732). Le P. Dentrecolles, ayant lu le compte rendu que les Mémoires de Trévoux firent de la brochure de La Coste, décrivait la pratique des Chinois. « On ne sera pas peu surpris de voir qu'une méthode à peu prés semblable à celle qui est venue de Constantinople en Angleterre
soit en usage depuis un siècle à la Chine On verra par la
suite de cette lettre que les narines sont comme des sillons où l'on jette la semence de la petite vérole. L'usage du tahac en poudre pris par le nez est trop récent à la Chine, et même à la cour, pour lui attribuer la manière beaucoup plus ancienne et plus universelle d'attirer par le nez la semence de la petite vérole. » — Plusieurs documents anglais, tl\Q Journal des Savants (Avril 1722, p. 252), dans son compte rendu de l'écrit de Harris, avaient parlé de la pratique des Chinois ; mais le texte de Voltaire donne lieu de croire qu'il tire le fait des Lettres édifiantes.
37. Voltaire ne s'était guère encore occupé des Chinois, qu'il déclarait athées en 1732 (Éd. Moland, VIII, 431). Il exprime ici une opinion que les missionnaires jésuites et Isaac Vossius dans ses Variai observationes {i6S$ y cf. Bayle, I, 214) avaient accréditée.
38. Voltaire emprunte ce fait à La Condamine, Relation abrégée d'un Voyage dans V intérieur de l'Amérique méridionale, 1745 (lu
150 ONZIKME LETTRE
le 28 avril 1745 à l'Acadcniic des Sciences). « Dec. 1743. Il y a 15 ou 16 ans quun missionnaire carme des environs de Para, voyant tous ses Indiens mourir l'un après l'autre, et ayant appris par la lecture dUtne Gaiettc le secret de l'inoculation qui faisait alors beaucoup de bruit en Europe, jugea prudemment qu'en usant de ce remède il rendrait au moins douteuse une mort qui n'était que trop certaine en n'employant que les remèdes ordinaires Ce religieux lut le premier en Amérique qui eut le
courage d'en venir à l'exécution. Il avait déjà perdu la moitié de ses Indiens; beaucoup d'autres tombaient malades journellement; il osa faire insérer la petite vérole à tous ceux qui n'avaient pas encore été attaques, et il n'en perdit plus un seul. Un autre missionnaire de la rivière Noire suivit son exemple avec le même succès. » Ainsi c'est un Carme, non un Jésuite ; il inocule tous ses Indiens, non les petits enfants. Cela se passe 15 ou 16 ans avant déc. 1743, donc vers 1727-1728, six ans environ avant la publication des Lethes philosophiques. Le missionnaire a connu l'inoculation par une ij;a\ette, la même sans doute que lisait le P. Dentrecolles, les Mémoires de Trévoux.
39. Cette fin dut être ajoutée au dernier moment : car l'éd. de 1756 se débita en avril, et la matière de ces deux alinéas est empruntée à un Recueil de pièces concernant V inoculation de la petite vérole et propres à en prouver la sécurité et Vutilité, Paris, 1756, in-i2 (approbation de La Virotte, datée du 18 juillet 1754). On y lit (IX) V Abrégé de la fondation d'un hôpital faite à Londres en I y 46 pour V inoculation, avec une partie du sermon prêché en 1^)2 par Milord Isaac, évéque de ÎVorcester, dans V église paroissiale de cet hôpital. L'évéque fit le calcul de la mortalité survenue de 1731 à 175 1 et conclut (p. 221) : « Si celte pratique était universellement reçue dans ces deux villes (Londres et Westminster), ce serait 1930 citoyens qu'on conserverait par au à l'Etat. » Il engagea les auditeurs à contribuer aux frais de l'hôpital (p. 221- 222).
40. Recueil, eic. (p. 48, note). « C'était alors qu'un de ces furieux (Edniund Massey, A sermon aga-inst the dangerous and sinful practice of inoculation, 1722), traitant l'inoculation de pratique infernale, disait et tâchait de prouver avec beaucoup d'esprit que
le Diable avait inoculé Job. » On trouve ce détail dès 1723 dans les Mémoires littéraires de la Grande-Bretagne (t. XII, no 498). La Coste citait aussi le mot de Masseysur Job,et lui opposait l'évêque de Salisbury et d'autres théologiens ; le Journal de Trévoux (Juin 1724, p. 1087) n'omettait pas l'anecdote. Si Voltaire avait connu ces écrits, il n'eût pas attendu 1756 pour rire de Massey et couvrir l'inoculation d'une approbation épiscopale. On trouve encore dans le Recueil un extrait de The Analysis of itioc. par le Dr. Kirkpatrick (1754), qui écrit : Quelques théologiens montèrent en chaire et déclamèrent avec autant de fureur que de ridicule ; on arma les Presbytériens rigides ; on intéressa la Providence dans cette affaire. » — Le Recueil, dans le Catalogue de divers écrits concernant V inoculation de lapetite vérole, ne mentionne pas cette Lettre philosophique : Voltaire n'est pas nommé dans le volume.
DOUZIHMK LOTRE
fiot
Sur le chancelier Bacon '.
Il n*y a pas long-tems que l'on agiioii dans une compagnie célcbrc^ cette question usée & frivole, quel ctoit le -5 plus grand homme de César, d'Alexandre, de Tamerlan, de Cromwel, ikc.
Quelqu'un répondit que c'étoit sans contredit Isaac Newton : cet honTmc avoit^ raison, car si la vraie grandeur^ consiste à avoir reçu du Ciel un puissant génie, & à 10 s'en être servi pour s'éclairer soi-même & les autres, [106 un homme comme Monsieur Newton, tel qu'il s'en
trouve à peine en dix siècles, est véritablement le grand homme, &^çs Politiguesjc ces Conqucrans dont aucun siècle n'a manqué, ne sont d'ordinaire que d'illustres
15 jnéfihansî. C'est à celui qui domine sur les esprits par
Ig forceBe \a yériîé, nnn à ceux qui font des esclaves par
la violence, c'est à celui qui connoit l'Univers, non à
ceux quT le déhgurent, que iiQii&devons nos respects.
Puis donc que vous exigez que je vous parle des
20 hommes célèbres qu'a porté l'Angleterre, je commencerai
Ligne 2. A* section II (art . François Bacon du Dict. Phil.) — s- J4*'S^ [homme] qu'il y ait eu sur la terre, si c'étoit César, Al., Tam., Cromwell, &c. — 6. ^6-K ou [de Cromwell]. Ces éd. supprimant &c.
17. S 4^'^ P^^ violence — 19-2). K. [nos respects]. Le fameux Baron [de Verulam, connu... Bacon], était fils. Cette supptression sans autorité et la correction quelle entraine résultent de ce que les Lettres anglaises ne font plus un tout. Les indices de leur liaison primitive n'auraient pas eu de sens dans le Dict. phil. — 20. porté sans accord^ lefon de toutes Us éditions collationnécs.
SUR LE CHANCELIER BACQ
par les Bacons, les Lockes, les Newtons, &c. Les Gêné- ^^ ^^tK raux & les Ministres viendront à leur tour. <^0^ ^
Il faut commencer par/îe fa|meux Comte 4 de Verulam [-^^7^3^ connu en Europe sous le nom de Bacon qui étoit son >^
25 nom de familleïll étoit fils d'un Garde des Sceaux, & fut long-tems Chancelier sous le Roi Jacques Premier ; cependant au milieu des intrigues de la Cour, & des occupations de sa Charge qui demandoient un homme tout entier, il trouva le tems d'être grand Philosophe,
30 bon Historien & Écrivain élégant, & ce qui est encore plus étonnant, c'est qu'il vivoit dans un siècle où Ton ne connoissoit guéres l'art de bien écrire, encore moins la bonne Philosophie. Il a été, comme c'est l'usage parmi les hommes, plus estimé après sa mort que de son
35 vivant : ses ennemis étoient à la Cour de Londres, ses admirateurs étoient dans toute l'Europe 5.
Lorsque le Marquis d'Effiat amena en Angleterre la [ï^^J Princesse Marie, fille de Henri le Grand, qui devoit épouser le Prince de Galle, ce Ministre alla visiter Bacon,
40 qui alors étant malade au lit, le reçut les rideaux fermés.
« Vous ressemblez aux Anges, lui dit d'Effiat, on entend
toujours parler d*eux, on les croit bien supérieurs aux
hommes, & on n'a jamais la consolation de les voir ^. »
Vous sçavez, Monsieur, comment Bacon fut accusé
21. j4*-^6, 7) et les Newtons, etc. — 23. ^^-K Baron Angl. ^j Viscount — 24. ^^^-ys [Bacon qui] etoit fils {omettant etoit son nom de famille. II). C'était une erreur typographique dont Voltaire n'a pas reconnu la cause. Il s'est borné dans 594 (corr.') à biffer qui et à écrire il au-dessus.
}6. ^4*'K [étoient] les étrangers. Le texte de ^4 résulte d'un carton (cf. lettre à Cideville, j juillet ly^J, t. XXXIII, p. jjy) qui remédia in extremis à un twn sens de l'impression de Jore : la leçon de ^4* est donc la leçon primitive du manuscrit, plus voisine de la source (apud exteros). Cf. le Commentaire. — 38. j4*-}9 d'Henry — 39. ^4"-A' le Roi Charles leçon plus voisine de la source. Cf. le Commentaire. — 40. 42-7/ [qui] lors étant [malade] ji lors étoit (faute typographique) /C étant alors