DU CŒUR. DU CŒUR
Acide carbonique libre 28,27 C. C. 51,59 C.'C.
Acide carbonique non sépare . . 0,97 2/j5
Oxygène 45,41 10,28
Azote 1,48 1,14
Gaz en général 46,15 45,04
On considère comme acide carbonique non séparé la quantité de ce gaz qui ne se sépare que par l'action d'acides, mais non par simple évacuation de l'air au-dessus du sang, et qu'on
LE SA^•G, LA LYMPHE, Lt CHÏLE. 45
dégage par un écliauftément peu considérable dans le vide.
Ce tableau montre que la quantité de gaz n'est pas beaucoup plus forte dans le sang artériel que dans le sang veineux, que la quantité d'azote est à peu près la même, mais que le sang veineux contient beaucoup plus d'acide carbonifjue libre ou non séparé, et le sang artériel beaucoup plus d'oxygène. Cette relation concorde exactement avec les résultats de la respiration. Cette fonction introduit en effet de l'oxygène dans le sau" et chasse de l'acide carbonique.
La relation des gaz avec le sang est très-curieuse et trèsimportante pour l'intelligence de la respiration. Si l'on ai>ite de l'oxygène avec du sang noir ce dernier devient rouf^e vif et dégage de l'acide carbonique ; si on agite au contraire de l'acide carboni(|ue avec du sang artériel, ce sang devient noir et absorbe l'acide, mais sans dégagement d'oxygène; enfin, si après avoir ainsi coloré en noir ce sang artériel on Tagite de nouveau avec de l'oxygène, le sang redevient rouge vif.
Après de grandes discussions sur la cause de ces changements dans la couleur, on a fini par s'assurer que la teinte foncée du sang veineux est la teinte naturelle de la substance colorante du >;ang, et qu'en outre l'absence ou la présence d'acide carbonique ne modifie en rien cette couleur foncée, tandis qu'au contraire l'oxygène fait passer instantanément au rouge vif cette (einte plus violette.
De même que le sang est en mouvement incessant, que sa circulation est continue et purement mécanique à travers le corps, de même le sang échange sans rolàclie des substances en se modifiant et se renouvelant sans cesse. On a même cru voir déjà dans les globules les manifestations les plus diverses d'un changement continu. Les uns sont immédiatement attaqués par les réactifs, tandis que d'autres placés tout à côté sont détruits beaucoup plus lentement. On voit aussi dans du sang à l'état normal quelques globules boursouflés et probablement en état de dissolution. D'autres offrent des granulations ou des noyaux qui semblent indiquer un moindre développement. D'autres enfin
qui manquent de noyaux paraissent avoir atteint au niènie point culminant (le formation Dans plusieurs organes, et notamment dans la rate, se trouvent des globules enclavés dans des cellules et qui oti'rent divei's degrés de dissolution ou de formation. Il est probable que beaucoup de globules rouges se forment et se détruisent aussi dans le foie.
Le renouvellement du sang est dû surtout à un système secondaire de vaisseaux, tenant de près au système vasculaire sanguin, le système lymphatique. Dans tout le corps, à l'exception du cerveau , de Toreille et de l'œil interne , se trouvent des canaux très-lins, à parois minces, qui prennent naissance dans le tissu par des extrémités fermées ou par des réseaux entrecroisés, puis, se réunissant en troncs secondaires, suivent les vaisseaux sanguins pour former enfin un tronc principal, appelé canal tboracique. Ce canal longe la colonne vertébrale à l'intérieur de la cavité tboracique et débouche dans la veine sousclavière gauche près de son entrée dans le cœur. Diverses particularités distinguent les vaisseaux lymphatiques des vaisseaux sanguins. Avant tout, ils contiennent une telle quantité de valvules internes, qu'une fois injectés ils semblent une enfilade de perles. En outre, leurs parois sont plus minces et leurs branches plus rarement réunies en troncs secondaires. Les troncs les plus gros laissent même entre eux des intervalles réticulés et ressemblent à un lleuve couvert de nombreux îlots. De plus les fibres annulaires contractiles et leurs parois sont très-developpées et sont en général beaucoup plus actives que celles des vaisseaux sanguins. Elles réagissent fortement par leurs contractions contre des irritations extérieures. Il n'est pas rare de voir se contracter, quand on opère sur des animaux vivants, le canal tboracique et les vaisseaux lymphatiques les plus grands. Ces fibres annulaires sont d'ailleurs le seul appareil mécanique qui donne une impulsion au liquide contenu dans les vaisseaux lymphatiques. Dans le système vasculaire sanguin, l'appareil mécanique se trouve concentré en un seul point, le cœur; dans les vaisseaux lymphatiques, au contraire, il s'étend