‹ Lettres physiologiquesChapitre 37 sur 103 · I.ŒII.. ÔHi · texte numérisé non relu

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un paysage que nous regardons. 11 est très-facile de se trojuper clans les localités où les points de comparaison accoutumés manquent à notre œil. Dans les hautes montagnes, où les sapins, au lieu d'avoir soixante pieds de haut, n'en ont que vingt, où les lignes et les couleurs des plus gros rochers et des plus grands glaciers ne diffèrent en rien de celles des cailloux et des morceaux de glace, il est excessivement facile de se tromper dans l'évaluation de la distance. On croit apercevoir les plus petites fissures et les plus petits cailloux, quand on ne voit en réalité que d'immenses abîmes et d'énormes rochers. On oublie la petitesse des arbres et on voit ainsi tous les objets beaucoup plus rapprochés qu'ils ne le sont en elfet. On peut voir comme quoi ces évaluations ne sont que le produit de l'habitude et de l'expérience en observant les enfants ainsi que les aveugles de naissance auxquels une opération a rendu la vue. Ils cherchent à saisir la lune comme si elle était à portée de leur main, et ce n'est que lentement et par le contrôle de leur tact qu'ils arrivent à comprendre les objets qu'ils voient et à en déterminer la distance.

L'image qui se forme sur la rétine n'est donc pas corporelle, elle est plane et sa compréhension dépend toujours du contrôle de nos autres sens, ainsi que de l'expérience et de la mémoire. Nous apprenons à examiner une image au moyen de notre esprit, de la même façon que nous examinons le tableau dun peintre. La dislance et le relief des objets ne nous sont pas immédiatement donnés par notre œil, ils ne sont que le résultat de la routine que nous acquérons par l'emploi des yeux. La détermination du relief, par exemple, n'est en partie possible que par l'action des ombres. Les lettres gravées eu creux sur une bague nous semblent en relief aussitôt que nous les regardons avec une loupe qui renverse l'image, car nous renversons de cette façon les ombres aussi bien que l'image elle-même. Chaque œil possède un certain point auquel il voit les objets dans leur maximum de netteté. Dans les yeux ordinaires, celte distance est d'à peu près huit pouces ; on l'appelle la distance de vision normale. Quand nous examinons des objets que nous voulons étudier

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dans leurs moindres détails, quand nous lisons, que nous (ravaillons et que nous écrivons, nous plaçons spontanément les objets à la distance visuelle normale de notre œil. Cette distance varie cependant énormément suivant les individus; si elle est plus courte que huit pouces, l'individu est myope, et si elle est plus grande, Tindividu est presbyte ; souvent même les deux yeux offrent des différences dans leur distance de vision moyenne. La cause de ces variations se trouve dans la plus ou moins grande courbure des parties réfringentes de l'œil. Les myopes ont, en général, une cornée fortement bombée et les presbytes une cornée plus aplatie. Les jeunes gens dont les yeux sont saillants sont souvent myopes, parce que la cornée est très-bombée; lorsqu'ils avancent en âge cette proéminence de la cornée disparaît, la courbure s'aplanit et la myopie disparaît peu à peu. 11 arrive souvent que ces personnes sont obligées d'employer, dans leur vieillesse, des lunettes à verres convexes, tandis que dans leur jeunesse ils étaient forcés de porter des lunettes à verres concaves. Le myope voit de petits objets mieux que le presbyte quand il peut suftisamment s'en rapprocher, parce qu'il produit, en les plaçant près de son œil, un plus grand angle optique; il a pour cette même raison besoin de moins de lumière que le presbyte : il a aussi évidemment l'avantage quand il s'agit de voir de trèsprès et distinctement, tandis qu'il ne peut jouir des paysages que peut admirer le presbyte.

Le genre d'occupation d'un individu, sa position et sa manière de voir, abstraction faite de l'âge, exercent une grande influence sur la distance de vision de son œil. Ces différentes causes produisent souvent, par le manque d'exercice dans l'appareil d'accommodation, l'insuffisance complète de cet appareil, de manière que l'individu devient enfm incapable d'accommoder son œil aux distances en dehors de certaines limites. Cette incapacité se transmet aux enfants et finit par devenir congénitale. Il en est de cette incapacité comme de l'incapacité de remuer les oreilles malgré l'existence des muscles qui devraient servir à cet acte. Cette transmission par hérédité d'un défaut

acquis et le genre de vie sédentaire de notre jeune génération, qui ne s'occupe qu'à lire et à écrire, a rendu générale la myopie, et l'infirmité du corps menace de se transporter aussi à l'esprit. L'emploi de tableaux, de cartes murales et d'autres objets de ce genre qui forcent l'élève à diriger quelquefois son regard sur des objets plus éloignés que leurs livres ou leurs cahiers, ne suffit pas, quoique même ces procédés ne soient pas à dédaigner. Le vrai moyen pour empêcher la myopie serait d'occuper la jeunesse au grand air, de la faire étudier les science^ naturelles, non pas dans une salle d'école et avec des livres pédants, avec des plantes desséchées comme du foin et des animaux empaillés et à demi moisis, mais au grand air, dans les champs et les forêts. Au lieu de cela, on invente des appareils qu'on affuble d'un nom d'origine grecque, contenant sept ou huit o et quelques y qui semblent prendre à tâche de vous désarticuler la mâchoire. Quoi qu'il en soit, des recherches statistiques ont prouvé qu'il v a en movenne sur 100 élèves ou étudiants allemands de Ib à 25 ans, 94 myopes. Chez les savants, cette proportion change suivant l'âge et le genre d'occupation, ce qui fait qu'il y a 8'p p. 100 de myopes chez les savants théoriciens, tandis qu'il n'y en a que 65 p. 100 parmi les savants qui s'occupent de travaux plus pratiques. Les hommes des classes élevées de la société donnent une proportion plus forte, 67 p. 100. Les négociants, qui passent la plus grande partie de leur vie à leur bureau, offrent une moyenne de 65 p. 100 de myopes, tandis que les commis et les employés, dont la vie est moins sédentaire, donnent une moyenne de 48 p. 100 de presbytes. Les soldats, les artistes, les cordonniers et les tailleurs offrent plus de la moitié de presbytes. Les chasseurs et les agriculteurs enfin donnent la moyenne la plus favorable, car on trouve chez eux 74 p. 100 de presbytes.

L'influence si manifeste des occupations sur la distance de vision normale de l'œil nous prouve que les yeux peuvent s'accommoder jusqu'à un certain point aux distances qu'ils sont ordinairement appelés à apprécier. Chaque œil a une certaine dis-

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tance où il voit le plus distinctement possible ; à partir de cet endroit, les images plus rapprochées ou plus éloignées perdent leur clarté ; mais notre œil peut s'accommoder aux différentes distances; il possède une certaine faculté (^accommodation qui lui permet de s'adapter aux diverses distances et cela dans la limite de la vision distincte. Ln individu qui a lu ou écrit longtemps avec attention et qui jette ensuite subitement un coup d'oeil à travers la fenêtre sur un objet éloigné, par exemple sur un clocher à l'horloge duquel il est habitué à voir l'heure, ne distinguera au premier instant que fort difficilement le cadran de l'horloge ; les chiffres et les aiguilles ne lui paraîtront pas nets, et ce n'est qu'après quelques secondes que rimagc s'accentuera peu à peu jusqu'à ce qu'entin se voient nettement les chiffres et les aiguilles ; — l'œil s'est accommodé aux différentes distances, il s'est passé évidemment une transformation intérieure dans l'œil, ce qui a provoqué des changements dans les rapports des médiums réfringents avec la rétine. Ces transformations permettent ainsi la représentation distincte sur la rétine des objets un peu plus éloignés. Au moyen du miroir oculaire de Uelmholtz, appareil modifié et amélioré maintes fois, et qui permet de voir les images qui se peignent sur la rétine de Tœil humain, on peut se persuader que l'œil n'est jamais disposé qu'en vue d'une seule distance parfaitement limitée. Seules les images des corps qui se trouvent à cette distance sont nettes, les autres ne le sont pas. Si un individu regarde un objet placé en avant ou en arrière du corps qu'il examinait d'abord, l'image de l'objet qu'il examine en dernier lieu devient distincte et l'image du premier objet perd sa netteté; ce qui prouve qu'il n'est pas besoin de changements dans Taxe optique ni de mouvements de l'œil pour produire l'accommodation. Celle-ci se fait donc à l'intérieur de l'œil.

On a cherché à déterminer souvent sur quelles transformations internes se fonde cette faculté d'adaptation. On n'était jamais arrivé autrefois à un résultat satisfaisant. Les rapports qu'on observe entre les yeux myopes et les yeux presbytes ont

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donné lieu d'abord à cette liypotlièse que la cornée s'aplatit en s'adaptent aux objets éloignés, et s'incurve quand l'œil doit voir des objets plus rap|)rochés ; mais l'observation immédiate n'a pas confirmé cette hypothèse. On a cru au-si que le globe de l'œil était comprimé par les muscles ; cette opinion n'est pas plus fondée que la précédente. Par les changements qu'éprouvent les images réfléchies dans l'œil, on s'est convaincu que la courbure antérieure du cristallin devient plus forte quand on accommode l'œil à des objets rapprochés et que cette courbure s'aplatit au contraire devant des objets éloignés. Si l'on regarde attentivement l'ail d'un homme qui envisaj^e dans l'obscurité une bougie allumée, on verra trois images de différente clarté réfléchies dans lœil. La plus claire est celle qui est placée le plus en avant; elle est droite et provient de la surtace antérieure de la cornée. Celle du milieu, qui est renversée, provient de la face postérieure du cristallin, et l'image la moins distincte, qui est droite, provient de la surface antérieure du cristallin. En examinant la différence de position de ces deux images aperçues sur le cristallin, on a pu arriver à la conclusion que nous venons de citer. On a vu par là que le muscle ciliaire, qui est circulaire, resserre le cristallin, élastique sur son pourtour, pour l'accommoder aux objets qui sont à une faible distance en augmentant ainsi la convexité du cristallin dans le sens de l'axe, tandis qu'en se relâchant il permet au cristallin de reprendre sa forme primitive et d'accommoder ainsi l'œil à la vision des objets plus éloignés.

Des expériences nombreuses montrent que la distance du cristallin à la rétine, quand toutes les autres parties de l'œ-il restent les mêmes, a une influence essentielle sur la nature des images de la rétine. On a trouvé aussi que la position de ces images est très-différente suivant l'éloignement ou le rapprochement des objets. L'expérience de Scheiner, que chacun peut faire soi-même, est un des essais fondamentaux les plus simples sous ce rapport. On fait, au moyen d'une épingle qui ne soit pas trop grosse, deux trous dans une feuille de carton. Ces

deux piqûres doivent se trouver à une distance de tout au plus deux millimètres l'une de l'autre. On place alors le morceau de carton devant l'œil, et de telle façon que celui-ci puisse regarder à la fois à travers les deux trous. Si l'on regarde à travers ce carton une épingle, et qu'on la transporte à diverses distances en avant et en arrière, on la voit telle qu'elle est à la distance de vision normale, c'est-à-dire à la distance de 6 à 10 pouces de l'œil. A une autre distance, qu'elle soit plus près ou plus loin de l'œil, on verra l'épingle double, et, suivant qu'on l'approchera ou qu'on l'éloignera davantage de l'œil, ces deux images s'éloigneront d'autant plus Tune de l'autre. Si l'on approche l'épingle trop près de Fœ.il et que l'on bouche la piqûre du morceau de carton sur le côté droit, l'image double disparaît du côté gauche et vice versa. Mais si l'on place l'épingle plus loin que la distance de vision normale et que l'on bouche le trou placé à droite, l'image double disparaîtra à droite, mais non pas à gauche, comme c'était le cas quand l'épingle était trop rapprochée de l'œil.

L'explication de cette expérience est facile à donner si l'on y réfléchit quelque peu. Les rayons lumineux qui partent d'un objet, que cet objet soit une ligne ou un point, arrivent à l'œil par les deux piqûres du morceau de carton, et forment par conséquent un angle dont le sommet se trouve à l'épingle, et dont l'ouverture dépend de la distance qui sépare les deux trous du morceau de carton. Le cristallin réfracte, en les infléchissant vers l'axe, les rayons lumineux, ce qui fait qu'ils se recoupent en un certain point en arrière du cristallin. Si l'on place l'épingle à la distance convenable, le point de réunion des rayons lumineux tombera sur la rétine ; il ne se formera sur elle qu'une seule image, et le cerveau ne percevra que l'impression d'une image unique.

Si l'on éloigne au contraire un peu trop l'épingle de l'œil, les rayons entrant dans le cristallin seront si peu réfractés, qu'ils ne se couperont que bien loin en arrière de la rétine. Les rayons lumineux frappent donc des places différentes de la ré-

tine et produisent des images que nous percevons comme différentes. Le contraire a lieu quand on rapproche trop Tépingle : les rayons, arrivant sous un angle très-grand, sont fortement réfractés. Ils se coupent en dedans de Toeil avant d'atteindre la rétine, ce qui fait qu'ils produisent sur elle des images croisées. Ce croisement à l'intérieur de l'ieil nous explique pourquoi, lorsque l'on rapproche trop de l'œil l'objet qu'on veut examiner et que l'on ferme l'un des trous du morceau de carton, l'image disparaît du côté opposé, tandis que si l'on éloigne trop l'épingle, et que, par conséquent, les rayons se croisent derrière la rétine, l'image double du même côté disparait.

Cette expérience si simple se retrouve au fond dans toutes celles que Ton a faites pour déterminer l'étendue en ligne droite de la vision distincte. Cette distance se trouve délimitée par les deux points extrêmes entre lesquels on voit une épingle unique et nette. On désigne les deux points extrêmes de cet espace, qui a toujours une certaine longueur, comme le point le plus rapproché et le point le plus éloigné de la vision distincte. La détermination exacte de cette distance est indispensable pour l'emploi des instruments d'optique, le télescope et le microscope par exemple; elle est aussi d'une grande importance pratique pour déterminer, par exemple, la myopie des recrues. On emploie dans ce dernier cas, pour empêcher la fraude, un appareil un peu différent dans lequel on peut remuer l'objet sans que le conscrit s'en aperçoive. Ces mensurations très-exactes ont prouvé que notre œil ne perçoit pas à la fois tous les rayons lumineux qui le frappent à cause des inégalités de courbure des surfaces réfringentes. Nous ne voyons pas avec le même degré de netteté les objets qui, tout en étant à la même distance de notre œil, sont dans un plan horizontal ou dans un plan vertical. Notre œil est combiné ordinairement de manière à percevoir les rayons du niveau horizontal, et cela dans l'éloignement où ce niveau forme l'horizon, et si l'on veut voir de près et examiner les objets à la même distance, mais dans un plan vertical, il faut une accommodation de l'œil.

La netteté de la viie.qm est la faculté que possède l'œil devoir exactement les limites de contour de chaque point d'un objet, dépend de régaiité de courbure des surfaces réfringentes. C'est à cette condition que tous les rayons qui partent d'un point viendront se rassembler au même endroit sur la rétine, mais comme cette condition ne peut être exactement réalisée pour tous les points de l'espace, nous voyons des images exactes de certains points seulement, tandis que d'autres points se peignent sur la rétine comme des images plus ou moins grandes, peu distinctes et entourées d'une auréole lavée ou d'un cercle de dispersion. On peut remarquer surtout ce manque de netteté dans les contours peu arrêtés des objets qui ne se trouvent pas dans la limite de vision distincte. Leur représentation exacte par la peinture produit la suavité et le moelleux des contours qui distinguent le peintre expérimenté du commençant. Des objets dont les contours sont indistincts à cause d'un éclairage venant de divers endroits à la fois deviennent plus nets quand l'on place, en avant de l'œil, un écran ayant une petite ouverture, servant à faire disparaître les cercles de diffusion. Ces cercles se montrent surtout à nous dans les objets fortement éclairés sous forme de faisceaux de rayons, qui empêchent essentiellement la netteté de vision. Beaucoup d'individus déterminent une vision plus nette en clignotant des yeux; ils ne laissent qu'une toute petite fonte pour le passage de la lumière Ce moyen ne suffit pas pour des yeux qui, comme les miens, sont très-sensi1jles aux faisceaux de rayons lumineux, et très-astigmatiques en même temps ; il faut alors produire un petit orifice en fermant convenablement les doigts de la main.

Une condition essentielle de la vision distincte, est aussi la position des images sur la surface de la rétine même. Les seuls rayons axiles qui arrivent sur la tache jaune ou dans son voisinage immédiat sont perçus d'une manière distincte. Tous les corps dont les rayons s'écartent de 10 degrés seulement de l'axe optique, ne nous offrent plus que peu de netteté ; ceux qui sont encore plus écartés de l'axe optique deviennent à peine visibles.

La plupart des hommes se sont si bien habitués à ne percevoir que les images nettes et qui se peignent sur la tache jaune, et à laisser de côté les autres images moins distinctes, que le champ de leur vision directe et distincte devient excessivement petit. Nous pouvons, par une attention soutenue et une volonté un peu ferme, nous habituera voir beaucoup de phénomènes qui échappent à la vision ordinaire ; et nous pouvons tout aussi bien nous habituer k percevoir assez distinctement les images si peu nettes qui se forment en dehors de la tache jaune et de l'entourage immédiat de Taxe optique ; cette faculté se trouve surtout développée chez les maîtres d'école, par exemple, qui ont à surveiller une classe nombreuse d'écoliers plus ou moins turbulents.

Il y a un endroit sur la rétine qui se trouve encore dans le champ de vision indistincte, mais qui cependant est complètement insensible à la lumière. Le vieux physicien Mariutte. qui a découvert la loi de la pression atmosphérique et de sa dinnnution graduelle dans les régions supérieures, avait découvert cet endroit par l'expérience. 11 suffit, pour s'en convaincre, de dessiner sur un papier blanc deux ou trois points placés sur un plan horizontal, à une distance de deux ou trois pouces. Si l'on fixe avec l'œil droit le point (a) parmi les trois points placés sur le

plan horizontal, en fermant l'œil gauche, on trouvera bientôt, en cherchant un peu et en déplaçant la tête, en l'éloignant ou en la rapprochant, la distance exacte à laijuelle on ne voit plus le point c. Chez les hommes à vue normale, le point c disparaîtra à une distance de 8 pouces à peu près, et cela d'autant plus que l'on regardera un peu îx gauche par-dessus le point a. Si l'on rapproche le papier, le point c redeviendra visible, tandis que le point b disparaîtra complètement. Des déterminations exactes nous prouvent que le rayon lumineux qui part du point qui disparait, doit faire avec l'axe optique un angle de 15 à 17 degrés pour qu'il ne soit pas perçu par l'œ'il. Si l'on prolonge ce rayon

qui disparaît, on voit qu'il tombe exactement sur le point d'entrée du nerf optique dans l'œil. Cet endroit se trouve à 1,8 ligne de Paris à l'intérieur de l'axe optique, et l'endroit aveugle de l'œil n'a pas tout à fait le diamètre d'une ligne de Paris et se présente sous une forme arrondie. Si l'on transporte ces mesures à Textérieur, on trouve que l'endroit absolument obscur de notre champ visuel a une étendue d'à peu près six degrés, il occupe donc sur l'horizon une espace égale à celle de onze pleines lunes placées les unes à côté des autres. Le lecteur se demandera comment il se fait qu'une tache de cette grandeur échappe complètement à la perception? Elle devrait apparaître lorsqu'on regarde le ciel, comme une tache noire sur la voûte azurée. Trois circonstances nous empêchent de percevoir cette tache insensible et obscure. Nous sommes, en premier lieu, habitués à percevoir les images peu nettes et situées en dehors de l'axe optique, dans le cas seulement où elles ont quelque chose dextraordiaiaire, une intensité lumineuse un peu grande, un mouvement rapide ou une forme inaccoutumée. Tous ces caractères manquent à la tache obscure ; l'absence réelle dans cet espace des images des objets dont la présence nous serait révélée par un changement dans la position des yeux, est par conséquent considérée par nous comme un phénomène résultant de notre inattention. Secondement, il est à remarquer que nous regardons ordinairement avec les deux yeux. Or les rayons lumineux qui tombent sur la tache obscure dans l'un des yeux, arrivent dans l'autre sur une place correspondante sensible ; ces rayons, comme nous le verrons plus tard, sont perçus comme une impression se formant sin^ les deux yeux, car les deux images se combinent dans notre cerveau en une seule sensation. Notre esprit enfin complète les sensations qui manquent à l'endroit obscur par les impressions qu'il perçoit des objets environnants. Il recouvre, au moyen des images voisines, la tache obscure. C'est pourquoi cette place au ciel ne nous semble pas noire comme elle devrait paraître ; notre esprit la recouvre de la coub ur bleue environnante. Si l'on fait une tache noire de la grandeur de la tache insensible de l'œil sur un

papier blanc, la tache nous semblera blanche, tout comme l'espace occupé par les points noirs nous semble blanc ; si l'on fait tracer sur un papier une ligne droite interrompue à l'endroit correspondant à la tache obscure, la ligne nous semblera entière parce que notre esprit la continuera par-dessus Tendroit insensible de l'œil. Nous voyons, comme le dit un observateur trèssavant, la continuation des objets qui s'avancent dans la région non impressionnable du champ visuel de la manière la plus simple et la plus vraisemblable pour notre esprit. Ceci nous est une nouvelle preuve que les représentations que se fait notre esprit au moyen de déductions tirées de nos sensations, arrivent à se confondre à un tel point avec les sensations elles-mêmes que nous ne pouvons plus les distinguer et que nous croyons sentir ce que nous nous représentons seulement par notre esprit.

Nous avons jusqu'ici étudié la vision comme si elle ne se rapportait qu'à un seul œil ; ce n'est cependant pas un luxe pour nous que d'avoir deux yeux; ils sont conformés de façon à se maintenir dans un état de concordance continuelle. Nous avons deux yeux, et cependant nous ne voyons pas double ; nous sommes donc en droit de nous demander comment il se fait qu'une image double qui se forme sur les deux rétines est perçue simple. On a trouvé, à l'aide de l'expérience, que toutes les images sont perçues simples toutes les fois qu'elles arrivent dans les deux yeux h une distance égale de Taxe optique, mais du côté opposé dans chaque o:^il. Un objet dont l'image se fait dans l'œil gauche à la distance d'une ligne en dehors de l'axe optique, représenté par la tache jaune, ne sera perçue simple que lorsque l'image dans l'œil droit se fera d'une ligne en dedans de l'axe optique. On appelle ces points les points identiques de la rétine, ils se recouvriraient si l'on rapprochait les deux yeux de manière à ce qu'ils fussent placés l'un sur l'autre sur la ligne médiane. La partie intérieure de l'un des yeux recouvrira dans ce cas la partie extérieure de l'autre et les deux axes se confondront en un seul.

Tous les points de l'espace, dont les rayons tombent dans des

endroits identiques de la rétine, et sont, par conséquent perçus simples, se trouvent dans des plans déterminés du chnmp de vision, la réunion de ces plans forme Vhoroptère. On croyait anciennement que l'horoptère devait être nécessairement un cercle. Mais des expériences modernes ont prouvé que la forme de ce plan, ainsi que sa position, varie beaucoup suivant les diverses positions de l'œil. L'horoptère peut être formé, tantôt par un seul point, tantôt par une surface de cône, tantôt encore par deux plans qui se coupent. Les points qui se trouvent en dehors de l'horoptère nous semblent toujours doubles.

Dans la vision ordinaire, nous plaçons toujours nos yeux de telle façon que leurs axes convergent à l'endroit que nous voulons fixer, et il est facile Je prouver, par une expérience trèssimple, que cette convergence des deux axes optiques est toujours déterminée, quand on fixe un objet. Si l'on fixe l'intersection des barreaux d'une fenêtre derrière laquelle se trouve une tour dans le lointain, l'intersection sera perçue simple et la tour double, et si l'on place en outre son doigt à une certaine distance devant le nez, ce doigt nous semblera double aussi. Si l'on ferme alors l'œil droit, l'image double du doigt disparaîtra du côté gauche, et l'image double de la tour du côté droit, ce qui prouve qu'il y en en effet un croisement des axes optiques.

La convergence des axes optiques nous sert ordinairement à calculer la distance d'un objet ; plus un point est rapproché de l'œil, plus il nous faut diriger les deux axes optiques l'un vers l'autre, pour leur permettre de se couper en cet endroit; plus le point est éloigné et plus la direction des axes optiques se rapproche de la parallèle. Nous avons déjà dit que pour apprécier la distance d'un objet, nous formons une abstraction au moyen de la connaissance que nous avons de la grandeur réelle des objets et de leur diminution graduelle de grandeur, avec l'accroissement de la distance. Mais il est certain aussi que cette appréciation de la dislance est beaucoup aidée par notre perception plus ou moins consciente de la convergence de nos axes optiques, nécessaire pour la vision distincte de l'objet. Nous dé-

terminons en effet cette distance avec beaucoup plus de difficulté, lorsque nous regardons un objet inconnu avec un œil seulement; mais comme nous arrivoiis, malgré cela, à une évaluation suffisante de la distance, il faut que d'autres causes entrent en jeu dans notre appréciation. Nous avons déjà vu plus haut que la grandeur de l'angle optique sous lequel nous voyons un corps connu, nous donne un moyen pour en déterminer la distance. Nous avons aussi une idée plus ou moins consciente de la faculté d'accommodation de l'œil aussi bien que de la convergence des axes optiques, et il est évident que l'appréciation des mouvements exercés se transforme pour notre intelligence en évaluation de la distance. Nous nous aidons, enfin, aussi dans tous les cas par l'observation de l'intensité lumineuse et de la couleur des objets. Cette observation est très-trompeuse, il est vrai, suivant les circonstances particulières, mais elle a un certain degré d'exactitude pour l'examen des objets connus. Les objets fortement éclairés semblent plus rapprochés, et ceux qui sont moins éclairés, plus éloignés. Si le médium, à travers lequel nous examinons des objets connus, perd de sa transparence habituelle, ces objets nous semblent s'éloigner; ils se rapprochent, au contraire, lorsque cette transparence augmente. Chacun sait parl'expérience journalière que des objets rapprochés semblent être assez éloignés par un temps brumeux et par le brouillard. Les populations qui habitent au pied des montagnes se servent de la transparence de Pair comme d'un baromètre. On entend souvent dire en Suisse et dans d'autres lieux, ayant même conformation, à propos du temps probable : « Les montagnes paraissent très-rapprochées, il va bientôt pleuvoir. ,)

Une action combinée analogue et résultant de réflexions diverses, se remarque dans la détermination de la forme matérielle d'un objet. L'image formée sur notre rétine est plane; la perception du relief provient d'une opération intellectuelle, mais en grande partie inconsciente. Cette perception résulte du fait que les deux yeux, dirigés sur un objet ayant corps, perçoivent des images un peu diflérentes, que nous combinons ensemble pour

en former une seule. Si l'on regarde un corps avec l'œil gauche seul, on voit un peu plus de la surface gauche de ce corps, l'itiverse a lieu pour l'œil droit, et la combinaison de ces deux images différentes, surtout dans les limites des contours, nous donnera Timpression du relief. C'est sur ce principe que se basent les instruments appelés stéréoscopes. On place dans ces instruments devant chaque œil une image séparée d'un corps; cette image est construite d'après les règles de la perspective pour cet œil seul. La coïncidence de ces deux images fait quon les aperçoit comme un seul objet ayant corps. Si l'on regarde, par exemple, un cône avec un seul œil et sans bouger la tête et que le sommet de ce cône nous ait semblé dirigé vers nous, quand nous l'avons regardé de nos deux yeux, son sommet semblera se diriger vers le nez si l'on ferme un œil. Si l'on fait deux images perspectiviques de ce cône pour les deux yeux, dont chacune soit adaptée à l'un des yeux, le sommet du cône se dirigera vers la droite dans l'image que doit regarder l'œil gauche, et se dirigera à gauche dans l'image dessinée pour l'œil droit. Si l'on met ces deux images à la distance visuelle dans une boîte, par exemple, et qu'on les sépare l'une de l'autre par une cloison médiane, les deux images se combineront dans notre perce{)tion et nous sembleront n'en former qu'une seule. Les stéréoscopes, que l'on emploie maintenant partout comme objets d'agrément, sont formés de deux moitiés de lentilles collectives qui servent déji à superposer les images. Les images, les dessins et les photographies que l'on prépare pour stéréoscopes sont faits de telle façon, que l'une des images est condiinée au point de vue de l'œil gauche et l'autre au point de vue de l'œil droit. L'impression de relief peut cependant se produire sur un seul œil, au moyen d'une série de coups d'œil rapides qui perçoivent les différents plans et les différentes impressions comme un tout complet. L'impression de relief se montre aussi pendant l'illumination si courte, que produit une étincelle électrique ou l'éclair. Dans ces deux cas, il est impossible de jeter plusieurs coups d'œil.

Pour voir nettement une image simple au moyen de nos deux

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yeux, il faut évidemment que les deux globes oculaires aient un maximum de mobilité, ce qui permet de diriger les axes optiques avec une grande facilité vers un même point. Cependant, lorsque l'un des veux est mieux construit que Tautre, on s'babitue vite à n'employer que le meilleur et à ne pas fixer les objets avec le plus faible. C'est de ces conditions, ainsi que de nombreux autres états maladifs, surtout dans les muscles de l'œil, que dépend souvent le strabisme. On louclie, lorsque les axes optiques des deux yeux divergent. Il serait trop long de s'appesantir ici sur les différentes causes qui produisent les positions anormales des yeux que Ton comprend sous cette expression. On comprend facilement combien cet état maladif des yeux, dans lequel les deux axes optiques ne convergent pas en un même point, a d'intîuences fâcheuses sur la vision en général.

Chaque image produite sur la rétine a besoin d'un certain temps pour être perçue par notre esprit. On peut calculer cet intervalle, si court qu'il soit, au moyen d'instruments. Chacun sait qu'un charbon incandescent que l'on fait tourner rapidement en cercle n'est pas perçu comme un corps isolé, mais comme un cercle de feu. Il est évident qu il se forme sur la rétine autant d'images qu'il y a de points parcourus par le charbon. Mais ce dernier a le temps de décrire un cercle et de produire une dernière image sur la rétine, avant que Fimpression de la première image qu'il a produite soit effacée. C'est ainsi que le charbon est vu comme un cercle de feu. Une quantité de jouets sont basés sur le même principe. On peut, par exemple, sur un disque que l'on fait tourner rapidement, dessiner un danseur de corde dans douze positions différentes; on le voit debout sur la première image, la seconde le représente un peu au-dessus de la corde, et ainsi de suite jusqu'à la dernière image, ce qui fait que la réunion de toutes ces images donne dans son ensemble tous les mouvements rhythmiques exécutés par le danseur. Si l'on tourne rapidement le disque, le danseur semblera exécuter des mouvements très-rapides, car chaque nouvelle image se

forme avant que Timpression de celle qui l'a précédée ait disparu. La combinaison de toutes ces imai^es produira l'impression du mouvement. Si l'on détermine la vitesse de rotation de ces appareils, on trouve que la durée d'une image sur la rétine est de '2 à 5 dixièmes de seconde. Il en résulte que toute impression qui succède à une autre dans un délai plus court que deux dixièmes de seconde , est perçue par nos sens comme si elle était combinée avec l'image précédente.

Notre œil n'est pas un instrument complètement achromatique ; il produit, en d'autres termes, des contours colorés qui viennent de ce que les différents rayons de couleur ne sont pas répartis de la même façon. Les images que ces rayons colorés produisent ne se recouvrent pas exactement. On arrive, dans les instruments d'optique, à corriger ce défaut, en employant deux substances dont l'angle de réfraciion soit différent. On prend, par exemple, du verre de fUnt et du verre de croîvn, qui font disparaître autant qu'il est possible ces défauts. L'œil ne présente pas cette combinaison, il n'est point achromatique. Ce défaut n'est, d'ailleurs, pas apparent dans la vie ordinaire, parce que, par la lumière solaire ou la lumière du jour, qui sont blanches, les rayons colorés moyens du spectre, savoir : le jaune, le vert et le bleu, dominent, par leur abondance de lumière, le rouge ou le violet, moins lumineux, et effacent, par conséquent, ces deux couleurs.

Ce défaut n'a d'ailleurs rien à faire avec la perception en ellemême des couleurs que nous connaissons dans leur pkis grand degré de pureté et de saturation sous l'apparence des couleurs du spectre. La plupart des hommes distinguent non-seulement les différentes couleurs, mais les distinguent aussi de la même façon. Il est vrai que Thabitude joue un grand rôle dans cette perception, surtout par rap|)ort aux nuances plus délicates. Les ouvriers de la fabrique des Gobelins de Paris distinguaient immédiatement des nuances que mon œil, que j'avais cru longtemps assez exercé par la peinture, confondait ericore même lorsque j'y mettais toute l'attention possible. Mais en dehors de cette finesse

de perception des nuances, il n'est pas rare de trouver des hommes qui ne peuvent distinguer certaines couleurs; le célèbre physicien Dalton était dans ce cas. Le vert clair d'un hêtre dont les feuilles s'épanouissaient au premier printemps, lui semblait delà même couleur que le rouge de l'uniforme d'un officier anglais. Cette incapacité de distinguer les couleurs ne se remarque en général que pour les colorations moins intenses. Beaucoup d'hommes sont incapables de distinguer certaines graduations et ne s'en doutent pas même. Un de mes amis découvrit chez lui ce défaut par une simple question de sa femme à laquelle il avait touj'jurs écrit sur du papier rose pendant une absence qu'il avait faite. Il croyait fermement avoir employé du papier grisâtre, tandis que son épouse voyait dans le choix de la couleur une allusion tendre et symbolique. Les nuances du jaune sont celles qui se distinguent le plus facilement; le contraire a lieu pour les différentes nuances du rouge et du vert. Quand on confond les couleurs, ce qui arrive d'ailleurs plus rarement que de confondre leurs degrés et leurs nuances, c'est alors le rouge et ses divers mélanges qui échappent le plus facilement à la perception. L'individu qui ne distingue pas une des couleurs du spectre, ne perçoit pas le rouge ; il ne perçoit cette couleur que comme une clarté plus ou moins forte. Beaucoup de personnes ne peuvent distinguer le rouge brique, le rouge de la rouille et Lolivàtre foncé; d'autres ne distinguent pas le rose, le lilas, le gris violacé et le bleu de ciel. Si l'on observe ces phénomènes avec plus d'attention, on trouve qu'en moyenne un homme sur iO ou sur :20 souffre de cette incapacité coloristique, comme on pourrait l'appeler. J'ai même trouvé parmi mes amis des peintres de paysage qui ne distinguaient pas le vert du rouge et ne reconnaissaient les nuances de ces deux couleurs qu'au moyen des nuances du gris qu'ils voyaient au lieu du vert et du rouge. Malgré cela leurs tableaux n'offraient pas de défauts considérables, soit d'harmonie, soit de ton. Des expériences récentes ont prouvé que tous les hommes sont incapables de percevoir le rouge sur les limites de leur champ de vision, et au bord extrême du champ de vi-

LETTRE «JUATÛRZIEAIE.

sion, l'œil ne perçoit même plus aucune couleur, mais seulement des différences de clarté.

Les rapports de notre œil avec les couleurs des corps ont donné lieu à un grand nombre d'expériences qui offrent pour la plupart un certain danger pour l'œil lui-même. On sait que la lumière blanche se compose d'une quantité déterminée de rayons colorés différents qui peuvent être décomposés et isolés au moyen du prisme. Les différents rayons colorés de l'arc-en-ciel sont produits par des ondulations de l'éther qui diffèrent par leur grandeur. Le rayon rouge a la plus grande longueur d'ondulations, et le rayon violet la plus petite. En dehors de ces rayons du prisme, il y en a encore d'autres que nous ne percevons plus comme lumière, mais comme rayons de chaleur non lumineux. Les différentes nuances naissent du mélange des couleurs fondamentales du prisme et le mélange de toutes ces couleurs produit la lumière blanche et incolore.

On croyait autrefois que les mi-teintes mixtes, que IJon produit au moyen de diverses substances colorantes mélangées ensemble, suivaient la même loi que le mélange des rayons colorés eux-mêmes. Pour le physicien comme pour le peintre, il n'y a en dehors du blanc et du noir, que trois couleurs fondamentales ; mais, pour le physicien, ce sont le vert, le violet et le rouge, tandis que pour le peintre, ce sont le jaune, le bleu et le rouge. Le mélange de ces trois dernières couleurs en proportions différentes, produit toutes les couleurs depuis le noir le plus foncé jusqu'aux nuances les plus variées. Le bleu et le jaune produisent le vert, le vert et le rouge le brun, etc. Des expériences récentes ont prouvé que la couleur que l'on obtient en mélangeant deux couleurs différentes ne vient pas de la réunion de deux rayons colorés, mais plutôt du passage de rayuns colores à travers le mélange. Le mélange des diverses couleurs du prisme que Ton peut produire au moyen d'un disque sur lequel on a peint les différentes couleurs et que l'on fait tourner assez rapidement pour que leurs impressions se confondent, 'nous conduit au résultat suivant : c'est qu'il faut admettre pour les mélanges prismati-

LŒIL

ques cinq couleurs iondainentales, le rouge, le jaune, le vert, le bleu et le violet, et que le mélange de ces rayons colorés donne de tout autres tons que le mélange des matières colorantes de même teinte. Tous ceux qui se sont occupés de peinture s'étonneront peut-être des différences que présentent les deux dernières colonnes du tableau suivant de mélanges :

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