‹ Lettres physiologiquesChapitre 63 sur 103 · LE SYSTEME YASCLL.\IRE SANGUIN G · texte numérisé non relu

LE SYSTEME YASCLL.\IRE SANGUIN G

à peu, mises en mouvement par l'impulsion que leur communique le cœur ; elles sont entraînées et forment ainsi les premiers globules sanguins, qui ne se distinguent d'abord en aucune façon des cellules embryonnaires primitives ; ils sont, en effet, complètement incolores, ronds et bien plus grands que les globules aplatis de l'adulte; on constate en outre chez eux, comme dans toutes les cellules embryonnaires, des noyaux distincts et un contenu granuleux. Le contenu de ces premières cellules sanguines correspond, en effet, complètement à celui des autres cellules primitives. C'est pourquoi il est composé, chez les grenouilles, par exemple, de petites plaques vitellines plus solides, tandis qu'il est de nature granuleuse et plus fine chez les mammifères. La transformation de ces cellules en i^lobules samruins colorés, se fait de la façon, suivante : le contenu granuleux est peu à peu absorbé et disparait. La cellule, primitivement trèsgrande, diminue de volume, s'aplatit, et se divise en deux cellules plus petites par fissiparité. Ces deux cellules se remplissent alors d'hémoglobine. Cette substance est, comme l'on sait, distribuée d'une manière tout à fait uniforme dans la masse des globules sanguins. L'augmentation numérique ultérieure des cellules sanguines se fait ensuite, comme nous l'avons vu plus haut, par fissiparité.

Les résultats essentiels obtenus dans l'étude de la formation des vaisseaux et du sang nous prouvent, par conséquent, que tous les grands vaisseaux apparaissent sous forme d'espaces intercellulaires, jusqu'cà ce qu'ils deviennent, par une différenciation graduelle de leurs parois, des tubes indépendants. Les vaisseaux capillaires, au contraire, sont des lacunes intérieures des cellules qui s'ouvrent dans ces espaces intercellulaires. L'observation nous démontre, en outre, que les globules sanguins naissent, soit de cellules embryonnaires primitivement arrachées, soit aussi dans des centres de formation particuliers à l'intérieur des vaisseaux déjà formés. Le foie des mammifères représente un foyer de formations ultérieures de ce genre, et donne naissance, de cette façon, aux globules.

668 LETTRE VI>'GT-SEPTIE^1E.

Le passage de la circulaliou embryonnaire à celle qui s'établit après la naissance et chez les adultes, est une partie trop importante de riiistoire du fœtus pour que nous ne lui consacrions pas quelques lignes. Nous avons vu que chez Tadulte le cœur est partagé complètement en deux moitiés, une gauche et une droite ; que le sang est poussé, dans le corps entier par la moitié gauche du cœur, et qu'il arrive jusque dans le cœur droit, à travers les capillaires des veines du corps; de là, grâce à une nouvelle impulsion, il arrive dans les poumons, d'où il revient dans la moitié gauche du cœur. Nous avons constaté, en outre, que le sang change de composition dans les capillaires seuls, et qu'il n'y a, chez l'adulte, pas d'autre relation entre le sang artériel et le sang veineux que par le moyen des capillaires. Nous avons décrit, au commencement de cette lettre, la première circulation du sang dans l'embryon comparée à ces rapports ; nous avons vu que cette circulation présente un caractère essentiel, c'est qu'on ne peut constater aucune différence entre le sang veineux et le sang artériel. Le cœur ne représente qu'un tube simple, depuis lequel le sang suit le corps dans toute sa longueur, sans se distribuer dans la substance de ce dernier. Toute la masse saiiguine, au contraire, passe à travers les artères vitellines sur le vitellus, pour revenir ensuite, par les veines vitellines, dans le tube cardiaque simple. Il faut se demander, maintenant, comment se relient ces deux extrêmes et surtout comment se comporte la dernière circulation de l'embryon immédiatement avant la naissance.

On ne trouve, primitivement, que deux arcs aortiques qui se réunissent, sans se ramifier, sous la colonne vertébrale, et forment ainsi la grande artère du corps, l'aorte. Mais il se développe, peu à peu, depuis le cœur, autant d'arcs vasculaires que l'on co-npte de paires d'arcs branchiaux. Tous ces arcs entourent l'œsophage, et se réunissent au-dessus de lui dans l'aorte ; plusieurs de ces arcs s'atrophient bientôt, tandis que d'autres, surtout un gauche et un droit, se développent davantage. En même temps se forme la cloison intérieure des ventri-

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