‹ Lettres physiologiquesChapitre 62 sur 103 · LE SYSTÈME VASCULAIRE SANGCIN · texte numérisé non relu

LE SYSTÈME VASCULAIRE SANGCIN

d'arrière en avant vers le tronc commun des veines vitcllines et arrive à travers celui-ci dans le processus caidiaque; il recommence ensuite à nouveau son circuit, après avoir passé à tt avers le cœur. Si on examine un embryon de cette période couché sur le dos, avec le feuillet vasculaire étalé, le fœtus apparaît comme Taxe de deux demi-lunes qui se touchent à leurs extrémités postérieure>, mais sont séparées Tune de l'autre en avant. La péripliérie extérieure de ces demi-lunrs est formée parla veine circulaire , la périphérie interne par les veines vitellines. Ces demi-lunes sont reliées au tube cardiaque à peu près vers le milieu, par deux processus dirigés en avant, les processus cardia- €{ues. Cette première circulation est donc, par rapport à l'embryon, tout à fait extérieure. On ne retrouve des vaisseaux réticulés et correspondants aux capillaires que dans la couche hématogène et non pas dans la substance embryonnaire, car celle-ci ne présente absolument pas de vaisseaux, à l'exception de l'aorte et des deux artères vertébrales. La première circulation est par conséquent combinée dans le but de former dans le voisinage immédiat du vitellus, dans la couche hématogène, un réseau capillaire qui permette facilement l'arrivée de substances depuis le vitellus.

Nous nous éloignerions trop du but que nous poursuivons dans notre exposé, si nous voulions expliquer ici de quelle manière cette première circulation se transforme peu à peu et de quelle façon elle passe, par de nombreux changements successifs, au système circulatoire que nous retrouvons dans le fœtus déjà développé. Le tube cardiaque primitivement simple forme peu à peu une boucle, s'élargit en certaines endroits, tout en se rétrécissant à d'autres, et devient ainsi, en se cloisonnant de différentes manières, le caur de l'adulte dont nous avons appris à connaître l'aspect dans une lettre précédente. Dans le développement ultérieur des organes embryonnaires, il se développe dans leur intérieur des vaisseaux qui passent sur leur parcours par les métamorphoses les plus variées, avant d'arriver ainsi à la forme définitive de la circulation. On a souvent prétendu que les organes

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naissaient d'un dépôt partant de ces vaisseaux, on a dit qu'il se formait d'abord des arcs vasculaircs, entre lesquels se déposait et s'accumulait ensuite la substance organique. L'observation prouve au contraire que tous les organes sans exception sont formés à leur naissance de masses cellulaires compactes, dans lesquelles n'apparaissent que plus tard des vaisssaux. On peut avec une entière certitude affirmer que les vaisseaux ne se développent qu'ultérieurement dans les organes, lorsque les cellules de ces derniers commencent déjà à se différencier et à se transformer en tissus particuliers. Aussi longtemps qu'un organe ne contient que des cellules embryonnaires primitives, partout semblables entre elles, l'activité vitale de ces cellules suffit pour la nutrition et le développement de l'organe. Mais aussitôt que les cellules commencent h se cbanger en parties élémentaires spéciales, et qu'elles développent dans leur sein tantôt des fibres, tantôt des épitbeliums, des tubes nerveux ou des cylindres musculaires, il se forme aussi à des endroits déterminés des vaisseaux, dont les capillaires président à la nutrition de l'organe, en remplaçant ainsi dans ses fonctions la vie cellulaire végétative qui disparaît graduellement. Les vaisseaux se forment par conséquent sur le lieu même, de la même façon que d'autres parties élémentaires, par la différenciation des cellules primitives, et n'entrent donc pas plus dans les organes parleur accroissement qu'ils n'en sortent.

On peut cependant se demander de quelle façon naissent les vaisseaux et sous quel point de vue il faut les considérer par rapport à la théorie cellulaire. Il est indubitable maintenant que le cœur et les grands vaisseaux qui se trouvent dans la couche hématogène et dans l'embryon, se forment par l'écartement de cordons cellulaires primitivement compactes. Ce n'est pas seulement dans le cœur que l'on a directement observé ce mode de formation, on l'a reconnu aussi dans les troncs et les rameaux vasculaires qui naissent dans la couche hématogène. Les masses cellulaires qui se sont écartées les unes des autres, forment les parois de ces sillons vasculaires primitifs, et l'union de ces cel-

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lulos les unes aux autres est primitivement si IViible qu'on a observé souvent des cellules qui se détachaient de ces parois et étaient entraînées dans le courant sanguin. Les cellules limitantes des vaisseaux s'unissent bientôt plus intimement les unes aux autres, et forment alors une paroi vasculaire isolée, dans laquelle se développent ('es fibres, au moins dans la plufiart des cas. 11 est probable, d'après des observations modernes, que tous les vaisseaux qui apparaissent primitivement dans les embryons possèdent des parois nées de coucbes cellulaires multiples, et que, par conséquent, tous les vaisseaux apparaissant dans les premiers temps du développement doivent être considérés comme de véritables espaces intercellulaires qui se sont creusés entre les amas de cellules. On avait même poussé très-loin les con^équences résultant de ces observations ; on prétendait que tous les vaisseaux se creusaient par une impulsion provenant du cœur ; ce dernier injectait, pour ainsi dire, par ses contractions, le liquide qu'il contenait dans les amas lâchement réunis des cellules. On peut qualifier d'absurde une explication de ce genre, car il serait impossible de comprendre pourquoi les voies sanguines se creusent toujours au même endroit, chez des milliers et des milliers d'embryons, et comment un cœur, formé de masses cellulaires lâches, pourrait développer assez de force pour écarter, les uns des autres, des amas cellulaires au moyen du liquide qu'il met en mouvement. Indépendamment de ce raisonnement, on peut encore s'appuyer sur des observations exactes, qui prouvent que les espaces intercellulaires de ce genre se forment d'une manière tout à fait isolée les uns des autres. Ce n'est que plus tard, lorsqu'ils se sont déjà développés, que ces espaces entrent en communication avec les voies sanguines déjà existantes. Là où les faits sont en contradiction avec la théorie, toute discussion devient inutile, et la théorie doit céder le pas.

Les vaisseaux capillaires du corps se forment d'une façon toute différente de celle des troncs plus grands et de celle des vaisseaux embryonnaires qui s'étendent, par exemple, sur l'aire germinative. On aperçoit, d'abord, des cellules à noyaux transpa-

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rcnls, avec des angles arrondis placés les uns à côté des autres, donnant naissance, par la fusion des parois intermédiaires, à des tubes un peu plus larges qui viennent s'ouvrir dans les troncs plus grands. 11 se forme ensuite, par un bourgeoimement de ces cellules, de petites pointes (ixes et de jietits angles de consistance fibreuse, qui s'allongent ra})idenient, continuent à croître à travers les tissus, et s'unissent enfin pour former un réseau de caraux très-ténus. Ce réseau est si serré que le plasme seul peut y circuler ; ces canalicules s'élargissent ensuite parla pression de la colonne sanguine ; il y entre, de temps en temps, un globule sanguin qui réussit à les traverser. Ainsi se développe, peu à peu, un réseau complet, et cliaque petit vaisseau s'élargit suffisamment pour laisser passer les globules.

Le sang lui-même n'est pas (nous l'avons du rcsle explicpié plus au long dans une lettre précédente) un liquide liomogène, il est composé d'un sérum incolore et de globules sanguins colorés qui présentent, dans chaque animal, une forme et une grandeur particulières, et se distinguent^ à première vue, de tous les autres tis«us. On peut se demander, maintenant, de quelle faç^'on naissent ces éléments particuliers du sang ; on a fait les recberclies les plus variées sur ce point, et tandis qu'autrefois on n'avait devant soi que des obi^ervations contradictoires, il semble qu'on a pu arriver aujourd'hui à les réunir en un tout concordant.

Tes premières cellules sanguines, car c'est le nom qu'il faut évidemment leur donner, ne sont pas autre chose que des amas cellulaires provenant soit des organes, soit de la couche hématogène. Nous avons vu que, dans le cœur comme dans les gros vaisseaux, aussitôt que leur lacune intérieure commence à se former, des cellules intérieures isolées ou des amas cellulaires tout entiers se détachent et sont entraînés dans le courant sanguin. On observe la même action sur les masses cellulaires plus foncées de la couche hématogène, autour de laquelle se forment les sillons vasculaires. Aussitôt que ces sillons sont entrés en relation avec la cavité du cœur, les cellules plus foncées sont, peu

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