‹ Lettres physiologiquesChapitre 66 sur 103 · LE SYSTÈME VASCULAIRE SANGUIN. G · texte numérisé non relu

LE SYSTÈME VASCULAIRE SANGUIN. G

parties; A, courant veineux venant tic la moitié supérieure du corps (veine c.ive supérieure ; /, courant veineux venant des parties inférieures; k, syslèaie caiùllaire des organes digestifs; /, veine poiie; m, système capillaire du foie; n, vt-ines hépatiques; o, veine cave intérieure; p', aorte droite; p, artère pilmonaire; ry, système cipllaire des poumons ; r, veine pulmonaire; s, conduit artériel de Botal, établi^i-ant une communication entre l'aorte droite et l'aorte gauche; t, branche allant de la vein3 ombilicale au foie; ii, conduit veineux allant de la veine ombilicale à la veine cave (conduit veineux d'Arantius'; v, veine ombilicale ; w, artère ombilicale; x, vaisseaux art'riels se portant de 1 utérus vers le placcnla; y, vaisseaux veineux ailanl du placenta à l'utérus; 3, système capillaire du placenta.

Dans le fœtus arrivé à maturité, la circulalion pulmonaire est par conséquent préparée par l'agrandissement de l'artère pulmonaire, quoique la plus grande partie du sang passe encore par le ventricule droit dans l'aorle, au moyen du conduit de Botal. La séparation des deux oreillettes est aussi considérableiTient augmentée; la circulation placenlaire de son coté est brusquement interrompue à la naissance. Les vaisseaux ombilicaux se ferment, les artères pulmonaires s'agrandissent considérablement, et le conduit de Botal est peu à peu abandonné comme le bras mort d'tine rivière. Le conduit se ferme bientôt et toute la ntasse sanguine arrive alors par le vealricule droit dans les poumons et à travers ceux-ci dans l'oreillette gauche. L'ouverture de la veine cave inférieure se place entièrement dans l'oreillette droite, dans laquelle la veine cave supérieure aboutissait dès l'origine. La fosse ovale se ferme, et c'est ainsi que s'accomplit le passage entre la circulation de l'embryon et la forme de circulation de l'adulte. En même temps, il s'établit une distinction entre les deux sortes de sang, l'artériel et le veineux. Quelquefois, par suite d'arrêts de développement, la fosse ovale de la cloison qui sépare les deux oreillettes demeure ouverte, ou bien aussi le canal de Botal restent perméables; dans ces cas les deux sangs, ai tériel et veineux, se mêlent et il résulte de cet état anormal une oxydation incomplète du sang, qui prend alors une couleur plus bleuâtre, facilement reconnaissable par transparence sous la peau. Les enfants qui présentent ce phénomène, appelé cyanose, offrent des défectuosités générales dans l'acte de la nutrition, et si l'ouverture anormale de communication ne se ferme pas, ils sont en général voués à une mort prématurée.

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En examinant les différents organes indépendamment les uns des autres, comme nous l'avons fait jusqu'à présent, on ne peut tirer de ces études une idée générale des phénomènes qui se passent dans Tembryon. Nous chercherons, par conséquent, à donner une rapide esquisse de la marche que suivent le développement de la forme d'un côté et l'apparition des phénomènes vitaux de l'autre. Ces différents rapports permettent, en effet, d'arriver à maintes conclusions importantes pour la physiologie toute entière.

Il est indubitable que chez tous les animaux qui se sont formés de cellules embryonnaires primitives, on peut reconnaître une marche de développement commune par rapport à la genèse de ces cellules. Le fractionnement de l'œuf ou plutôt du vitellus, la division qui s'opère dans sa masse et dans les sphères vitellines, qui ne présentent bientôt plus qu'une grandeur égale à celle des cellules emltryonnaires, auxquelles elles donnent naissance, ce sont là des phénomènes qu'on a reconnus comme communs à tout le règne animal. Le matériel se construit partout de la même manière, autant qu'on a pu le constater jusqu'à présent. Les recherches récentes ont probablement réussi aussi à prouver

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qu'une seconde évolution est l'apanage de tous les types ; je veux parler delà division du germe primitif en deux couches, une extérieure et une intérieure, l'ectoderme et Tentoderme ; tels sont les noms qu'on leur a donnés, noms qui correspondent aux deux feuillets germinatifs primitifs.

Si nous nous en tenons strictement aux faits élucidés jusqu'à présent, nous sommes forcé de reconnaître que depuis ce moment la communauté typique disparaît, et que le règne animal se divise en plusieurs formes différentes s'éloignant les unes des autres dans le cours de leur développement ; ces formes ne peuvent être réduites les unes dans les autres. Comme ces deux phénomènes communs, la formation de cellules et la formation de couches, peuvent se présenter dans tous les types animaux; on en déduit en même temps que les différenciations entre les formes commencent à l'instant où l'en peut distinguer le cachet particulier imprimé à la marche du développement.

Si l'on examine pourtant l'évolution ultérieure de ces formes elles-mêmes, on reconnaît bientôt qu'à coté d'une certaine variété dans les détails, s'accentuent chez elles indubitablement certains plans d'organisation communs aux grandes divisions du règne animal. Il faut se demander ici d'où vient cette communauté typique et d'où viennent ces différences.

Le Darwinisme a cherché à répondre à ces deux questions. 11 considère comme appartenant à la même souche tous les êtres chez lesquels on peut reconnaître des traits communs de développement, il pense que ces traits communs ont été transmis par les ancêtres et que les différences ont été acquises peu à peu par les descendants et transmises à leur tour par ceux-ci à leur propres descendants. Les caractères Communs sont d'autant plus primitifs qu'ils sont plus généraux. Les caractères spéciaux et différenciant les types les uns des autres ont été acquis d'autant plus tard qu'ils se présentent dans un nombre plus restreint de formes. L'histoire du développement de l'individu, représente, par conséquent, par des traits plus resserrés et souvent plus ou moins effacés, Thistoire des différentes phases que le type a parcourues.

Elle répèle passagèrement des formations et des rapports dans l'organisation, qui se présentaient chez les ancêtres d'une manière durable pendant la vie. Lorsqu'il s'agit par conséquent de prouver la parenté plus ou moins grande de certains animaux en comparant leurs formes, l'embryogénie comparée a le premier rang.

Prenons un exemple : les Balanes sont des animaux sessiles, munis de coquilles calcaires à structure si particulière que depuis une dizaine d'années seulement on a cessé de les prendre pour des espèces d'escargots, c'est à-dire des mollusques ; on découvrit alors que de leur œuf sort un animal nageant librement dans l'eau et ressemblant dans les grands traits de son organisation aux petits des Cyclopes, sortes de petits crustacés habitant par millions toutes les flaques d'eau. On reconnut, en outre, que les jeunes Balanes, au lieu d'tibquérir des pattes natatoires et de se mouvoir librement dans l'eau, se fixent et se changent peu à peu en un animal de forme étrange. Par suite de ces découvertes, tous les naturalistes se sont accordés à dire que les Balanes sont des crustacés d'abord voisins des Cyclopes, et que les particularités observées chez eux ont été acquises par l'accommodation à un genre de vie sessile. L'embryogénie a, par conséquent, découvert le plan d'organisation primitif de ces animaux et a donc prouvé qu'il faut les rapporter avec les Cyclopes aune souche commune. Il s'agirait maintenant de ramener, par des recherches semblables à celles que l'on a déjà faites, non-seulement tous les crustacés, mais encore tous les articulés, à une forme fondamentale se présentant soit dans les larves, soit encore dans l'œuf, et concordant avec celle qu'on observe dans les Cyclopes et les Balanes. Dans ce cas, la descendance commune de cette forme fondamentale serait prouvée pour tous les Articulés. Cette forme fondamentale aurait alors acquis des différences dans la suite des temps par l'accommodation aux circonstances extérieures et par la transmission héréditaire. Les différences auraient été acquises à une-époque d'autant plus reculée chez les ancêtres qu'elles apparaissent plus tôt dans le

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cours du développement individuel, et les développements spéciaux du type primitif et de la forme primordiale passeraient à l'arrière plan par rapport aux accommodations acquises plus tard dans les mêmes proportions. Il existe donc , pour nous servir de Texemple choisi plus haut, des Articulés chez lesquels les trois paires de pattes primitives de la forme commune n'apparaissent que très-tôt, c'est-à-dire dans l'œuf, et ne s'y présentent dans ce cas que comme des moignons promptcment disparus, sans articulation. 11 serait absurde de vouloir prétendre que la forme primitive ait possédé ces membres sous l'aspect de moignons immobiles, sans articulations, et inutiles. S ils devaient servira l'animal primitif (et ce n'est qu'à cause de leur utilité qu'ils pouvaient être transmis aux descendants,) il fallait qu'ils fussent articulés et utiles à la locomotion. Au moyen de l'examen minutieux de différentes embryogénies dans un même type, on peut reconnaître ce qui dans un animal est formation primitive, ce qui est accomodation héréditaire, et ce qui représente le reste de la formation primitive qui a passé à l'arrière plan. C'est justement par cette série continuelle de trois facteurs agissant les uns sur les autres, que l'on reconnaît dans l'embryon un organisme en voie de formation et non pas un être fini et capable de vivre. Il possède aune certaine époque des ébauches plus ou moins développées des organes qui servaient à son ancêtre dans la lutte pour l'existence, sans qu'il lui soit possible d'utiliser ces ébauches dans le même but, car elles ne se développent pas jusqu'à pouvoir servir à un usage réel. L'embryon présente en même temps des organes qui se développent par dessus les autres, qui ont été acquis plus tard et se forment en vue d'un usage ultérieur.

Cherchons maintenant à appliquer ces principes à l'embryogénie de l'homme. L'homme est avant tout un vertébré ; il y a, par conséquent, dans le développement de l'embryon humain certains trait?^, communs à tous les embryons de vertébrés, et d'un caractère purement embryonnaire, ne se rencontrant jamais par conséquent dans l'animal adulte. L'embryon possède en outre d'autres

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traits qui poiivont se conserver dans les degrés inférieurs, mais qui disparaissent dans les vertébrés supérieurs, et il en montre d'autres enfin qui n'apparaissent que dans les dernières périodes ou même après la vie embryonnaire et se développent pendant le cours de la vie indépendante. Il serait trop long de prouver ici comment les différentes époques d'apparition des divers caractères, dans la vie embryonnaire, peuvent servir utilement de base pour l'étude du groupement de ces caractères ; on parvient ainsi même à reconnaître leur importance relative, il nous incombera d'abord d'examiner les différents points par lesquels l'embryon de l'homme et des mammifères supérieurs a des rapports plus intimes avec l'organisation des mammifères inférieurs.

L'embryon des vertébrés possède, à sa première apparition, un corps plat, en forme de guitare, qui présente, dans la direction longitudinale, un sillon creux, le sillon primordial. On n'a pas encore trouvé d'embryon chez lequel manque ce sillon ; on en a cependant déjà examiné un grand nombre, et on a reconnu que chez tous les vertébrés, sans exception, c'est le premier organe qui se différencie. On n'a trouvé aucunorganesemblabledans les embryons des invertébrés, quoique dans les embryons des ascidiens, il existe quelque chose d'analogue, ce qui permet, par conséquent, de considérer le sillon primordial comme un signe caractéristique de tous les embryons de vertébrés sans exception. La forme primitive du cerveau et de la moelle épinière, telle qu'elle se présente avant la fermeture du tube primordial, ne se retrouve dans aucun animal adulte. Aussi, est-il probable que ce tube ouvert n'a jamais existé chez un animal développé, car nous ne pouvons nous représenter un système nerveux, mis à nu, à la surface du corps. On ne trouve, par conséquent, des analogies qu'au moment où les bords du sillon primordial ont formé une voûte, et qu'à l'intérieur du système nerveux se sont développées aussi certaines parties voûtées. On connaît, jusqu'à présent, un seul animal chez lequel, à ce qu'il semble, il n'existe pas de cellule cérélirale primitive ; on ne voit, en effet, dans l'Amphioxus adulte, (|ue des renilements fort peu importants de la moelle

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épinière cylindrique qui se termine brusquement en avant, sans qu'on puisse distinguer de cerveau. On n'a pas non plus réussi à prouver la formation de chambres cérébrales à la première apparition du système nerveux central dans Tembryon de l'Amphioxus. On reconnaît au contraire dans le développement embryonnaire des différentes parties du cerveau, des analogies frappantes avec l'état de ces mêmes parties, tel qu'il est constitué chez divers animaux adultes. Nous rappelons, par exemple, la petitesse primitive des hémisphères du cerveau proprement dit ; l'obtection graduelle, par les masses des hémisphères qui la recouvrent, de la cellule cérébrale moyenne, dont l'excavation, primitivement considérable, se remplit, peu à peu, de substance solide ; enfin, la large ouverture primitive que l'on remarque dans le cerveau postérieur, partie bientôt recouverte par le cervelet. Toutes ces différentes phases de développement du cerveau se reconnaissent dans certains animaux, on peut les suivre pas à pas, quoiqu'elles ne se présentent pas toutes ensemble, car, suivant le type de l'animal , l'une s'accentue davantage, tandis que les autres s'arrêtent dans le développement. Chez les poissons, par exemple, le cervelet devient beaucoup plus grand que chez les amphibiens, chez lesqiiels il reste h un degré tout à fait embryonnaire et ne représente qu'un petit pont mince, tandis que le cerveau, proprement dit, est beaucoup plus accompli chez les amphibiens que chez les poissons. On voit, par conséquent, se passer ici la même chose, pour les organes particuliers, que pour le développement embryogénique, en général, car on peut découvrir des analogies dans les degrés déformation des différentes parties aussi bien que dans le plan d'organisation, tandis qu'on ne peut guère en trouver pour l'organe ou pour l'embryon, par rapport à la combinaison générale de toutes les parties.

Le développement du squelette nous présente des faits entièrement analogues, et leur comparaison peut être poussée encore bien plus loin que dans le système nerveux. La chorde est, aussi bien que le sillon primitif, le caractère général de tous les

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embryons de vcrtébivs, clic ne manque chez ancnn d'entre eux, et dans le poisson le plus inférieur dont nous venons de parler, elle forme même la seule partie du squelette que l'on puisse reconnaître. Un ne trouve, chez cet animal, aucune trace de capsule cartilagineuse entourant le cerveau et la moelle épinière. Il n'y a pas trace d'anneaux autour de la chordc, pas trace de toutes les parties du squelette qui forment la tète. On retrouve, chez tous les vertébrés et tous les embryons, des formations placées au-devant de l'extrémité antérieure de la chorde dans le crâne ; ces formations n'appartiennent pas essentiellement à la cliorde et par conséquent au système vertébral. Il n'en est pas de même chez l'animal dont nous venons de parler; sa chorde se termine immédiatement à l'extrémité antérieure du corps. Il y a plus encore, cette même chorde, qui donne à l'embryon du vertébré une physionomie toute particulière, se trouve aussi dans Icj embryons des Ascidiens, et soutient dans leurs larves, qui nagent librement dans la mer, l'organe moteur, la queue. Le même observateur russe, Kowalewsky, qui eut le premier le bonheur d'étudier l'embryogénie de l'Amphioxus, au moins dans ses caractères principaux ^ a prouvé aussi qu'il existait de nombreuses ressemblances entre le développement de ce vertébré plus inférieur d'un côté, et celui des Ascidiens, de l'autre, par rapport à la formation du système nerveux, delà chorde, des intestins, des fentes branchiales, etc. C'étaient Là des rapports que les recherches subséquentes ne pouvaient que constater. Ces observations ont, il est vrai, jeté une grande lumière sur la descendance et l'origine des vertébrés, mais rien de plus, car on reconnaît non sans étonnement que, dans les Ascidiens, les parties dont l'importance est capitale pour la formation du vertébré, comme le système nerveux central et la chorde, ne jouent, chez eux, qu'un

* Dans une édition allemnnde précédente, je disais : « L'embryogénie de cet animal curieux donnerait de plus grands résultats pour la science qu'une demi-douzaine de voyages au long cours sur de rapides voiliers. C'est malheureusement une malédiction qui pèse sur les gouvernements de ne pas connaiire les besoins de la science et de dépenser inutilement les secours qu'ils lui offrent à l'endroit nn'me où ils sont le plus inutiles. » Combien j'avais alors raison !

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rôle tout à fait secondaire, car la chorde, par exemple, est rejetée à la fin de l'état larvaire et ne se présente même pas du tout dans quelques espèces, tandis qu'en même temps, le système nerveux, les organes respiratoires, etc., suivent une voie de développement toute différente. Si nous voulons, par conséquent, faire dériver d'une souche commune, les Ascidiens, d'un côté, et les vertébrés de l'autre, ce qui a eu lieu récemment, nous serons forcés de reconnaître que les deux types ont poursuivi leur développement dans une direction presque diamétralement opposée, en partant d'une origine commune.

Revenons maintenant à la chorde des vertébrés, à son développement ultérieur et à sa transformation en système osseux.

Les nombreuses recherclies sur le squelette, qu'on a faites depuis le commencement de ce siècle surtout, nous permettent de retrouver, jusqu'à un certain point, chez différents animaux, toutes les phases de développement que nous connaissons dans l'embryon. Nous avons des animaux k cliorde persistante et à apophyses vertébrales ossifiées, d'autres à corps de vertèbres annulaires, à base crânienne embryonnaire, à capsule cérébrale cartilagineuse et indivise, à arcs branchiaux primitifs, à plaques de recouvrement isolées. Bref, nous avons dans des animaux toutes les modifications possibles du squelette, variées jusqu'à l'infini. Il serait trop long de répéter ici tous ces faits, car nous avons déjà, à propos du développement du squelette, dit quelques mots sur ce sujet, à différents endroits.

L'état primitif du système intestinal ne se présente chez aucun vertébré ; chez tous, sans exception, l'intestin est un tube présentant un orifice antérieur, la bouche, et un orifice postérieur, l'anus. Mais c'est dans les rapports entre la bouche et les arcs branchiaux, que l'on peut retrouver tous les états embryonnaires, aussitôt que l'on examine les vertébrés les plus inférieurs ; chez beaucoup d'entre eux, les mâchoires restent à l'état d'arcs branchiaux. Les différentes métamorphoses de ces derniers peuvent se retrouver, pas à pas, dans les animaux. 11 en est de même du système vasculaire. Toutes les différentes structures du cœur.

depuis le tube simple jusqu'à l'organe à quatre loges, toutes ces formes successives de l'organe central et toutes les transformations que subit la circulation dans l'embryon lui-même, se retrouvent à l'état permanent chez divers animaux, et forment ainsi une espèce de contrôle pour les rapports que l'on observe dans l'embryon. L'anatomie comparée, employée avec circonspection, est, par conséquent, un des secours les plus importants pour l'embryogénie, au point de vue de la forme.

Dans toutes les parties du corps il y a des fonctions et des organes reliés les uns aux autres et qui ne peuvent se concevoir les uns sans les autres. La fonction de chaque organe dépend de sa construction spécifique. Aussitôt que cette structure présente des déviations, la fonction change aussi ; il est, par conséquent, tout naturel que le développement des fonctions marche de concert avec le développement des organes dans l'embryon, et présente toujours la même relation avec les organes, pendant qu'ils acquièrent leur structure définitive. Dans la nutrition du fœtus, la végétation cellulaire commune est graduellement remplacée par le sang, et se différencie suivant les divers tissus, et l'on observe la même chose pour les fonctions de chaque organe. Primitivement confondus les uns dans les autres, les tissus se différencient toujours davantage, et les fonctions spéciales n'apparaissent que lorsque les tissus spéciaux, qui s'y rattachent, se sont développés. Pour tous les organes du corps, à Texceplion d'un seul, il n'y a jamais eu de doute à ce sujet. Il n'est jamais venu k l'idée de personne de prétendre que la faculté de sécrétion puisse exister séparément de la glande, et la contractililé séparément de la fibre musculaire. On n'a pas davantage prétendu que les muscles, les glandes et tous les autres organes se formaient et se développaient d'abord, et qu'ensuite, à un certain moment, la fonction soit venue s'insinuer chez eux et s'y implanter pour se servir ensuite des organes comme instruments. L'absurdité d'une telle idée est si évidente que l'on n'avait pas même le courage d'y réfléchir, à propos de ces organes.

Mais ce. que l'on était forcé de rejeter, comme tout à fait faux.

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chez les organes dont nous venons de parler, on le trouvait tout à fait compréhensible lorsqu'il s'agissait du cerveau, par suite de spéculations philosophiques etlhéologiques. On regardait comme tout k fait naturel et on le trouve encore parfois, que le cerveau ne soit qu'un instrument dont l'àme se serve pour arriver à exprimer ce qu'elle veut. Suivant que cet instrument était plus ou moins complet, l'àme pouvait, si l'on peut s'exprimer ainsi, jouer sur lui des airs plus ou moins bien composés. C'est ainsi que l'on expliquait des différences que Ton remarque dans l'activité de l'âme chez les individus. En conservant cette opinion, on avait l'avantage de séparer cette fonction du cerveau, que Ton appelait l'àme, de l'instrument dont elle se servait, on en faisait quelque chose d'immatériel, ayant une existence propre, et l'on arrivait ainsi à affirmer que l'àme pouvait encore exister après la destruction de l'instrument. Pendant que chez tous les autres organes on considérait la fond ion comme une propriété de la matière combinée d'une certaine manière dans l'organe, on faisait une exception pour le cerveau en regardant l'àme comme une individualité séparée et immortelle ; on lui donnait encore une quantité d'autres propriétés plus impossibles les unes que les autres. Par suite de ces idées bouffonnes, on entamait des discussions singulières sur le moment où l'àme entrait dans le corps de l'embryon. Les uns pensaient que c'était à l'instant où les premiers mouvements se montraient dans le foHus. L'àme annonçait à l'organisme maternel qu'elle avait faite son entrée, et le priait ainsi de lui accorder l'hospitalité, en opérant des contractions dans les bras et les jambes de l'embryon. Beaucoup d'autres philosophes prétendaient qu'on ne pouvait se représenter comment l'àme pouvait traverser les enveloppes fermées et le liquide qui entourait l'embryon pour arriver jusqu'à ce dernier; ils soutenaient que l'àme s'introduisait avec la première inspiration du nouveau-né : l'être immatériel, suspendu dans l'air, entrait ainsi dans le corps de l'embryon ; d'autres encore faisaient arriver l'àme au moyen du sperme dans l'œuf, dans lequel elle restait à Tétnt latent jusqu'à la naissance.

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Ces différentes idées eurent, surtout en droit criminel, des npplications singulières. L'àme était le principe humain ou di\nn dans l'homme, et le corps n'était qu'un instrument passager : un attentat contre un individu ne pouvait avoir d'importance que dans le cas où l'àme se trouvait effectivement dans son corps. La destruction du fruit, après sa prise en possession par l'àme, devait être par conséquent un crime hien plus grand que la destruction du fœtus encore privé d'àme, et le législateur dut, par conséquent, s'inspirer des spéculations des philosophes et des théologiens. On distinguait entre l'avortement et l'infanticide, et l'on plaçait le moment où il fallait séparer les deux crimes, à des époques différentes, d'après les diverses opinions.

La théologie surtout, qui, de tout temps, a cherché à enrayer le progrès des sciences naturelles, implanta ces idées dans l'emhryogénie et chercha aies y maintenir, Puisque l'àme représentait son champ d'activité, elle devait s'en occuper, non pas seulement aussi longtemps qu'elle restait dans le corps, mais encore lorsqu'elle avait abandonné sa demeure terrestre, et pour ne pas voir échapper de ses mains ce qui faisait la base et l'objet de son existence, la théologie était forcée de maintenir à tout prix une àme séparée du corps, immatérielle, et vivant encore après la mort du corps.

Il n'est probablement pas nécessaire de représenter ici au lecteur des explications plus spéciales pour lui montrer de quelle façon la saine physiologie a envisagé la question. Il n'y a, par conséquent, que deux voies pour examiner la question ; ou bien la fonction de chaque tissu, de chaque organe est un être spécial et immatériel qui ne se sert de ce tissu ou de cet organe que comme d'un instrument, ou bien la fonction est une propriété de la matière, qui se présente à nous sous une forme et dans une composition déterminée. Dans ce dernier cas, les fonctions de l'àme ne seront que des fondions de la substance cérébrale, elles se développent avec cette substance, et disparaissent lorsque celle-ci est détruite. L'àme n'entre donc pîîs dans le corps du fœtus comme l'esprit malin dans le corps du possédé, mais elle est.

au contraire, un produit du développement du cerveau, de même que l'activité musculaire est un produit du développement des muscles, et la sécrétion un produit du développeinent glandulaire. Aussitôt que les substances constitutives d'un cerveau se réunissent de nouveau, sous la même forme, les fonctions qui appartiennent à ces formes et à ces combinaisons réapparaîtront, et l'activité que l'on a appelée l'àme. prendra de nouveau naissance.

La physiologie, qui ne connaît que des fonctions des organes matériels et les voit disparaître aussitôt que l'organe est détruit, a donc anéanti ces rêveries rentrées déjà trop dans le domaine de la vie commune. Nous avons vu dans les lettres sur les fonctions du système nerveux, que nous pouvons détruire Tactivité mentale en blessant le cerveau. Nous pouvons tout aussi bien reconnaître par l'observation du développement embryonnaire ou du développement de l'enfant, que les fonctions spirituelles se développent dans le même rapport que le cerveau lui-même, c'est-à-dire graduellement. On ne connaît pas d'expression de l'activité de Tàme chez le fœtus, mais on retrouve chez lui les fonctions qui appartiennent principalement au tronc cérébral, comme les mouvements réflexes et d'autres expressions de l'influence nerveuse. Après la naissance seulement, on voit se développer les fonctions mentales, et le cerveau reçoit alors, peu à peu, le développement matériel qu'il est susceptible d'acquérir. L'activité spirituelle subit aussi, dans le cours de la vie, certaines tranformaiions correspondantes, s'arrêtant complètement avec la mort de Torgane.

La physiologie est donc catégoriquement opposée à une immortalité individuelle comme aussi à toutes les idées qui se rattachent à celle d'une existence spéciale de l'àme. Elle n'a pas seulement le droit de dire son mot dans toutes ces questions, il faut encore lui reprocher de n'avoir pas plus tôt cherché à indiquer la seule bonne voie par laquelle ces questions peuvent être résolues. On a prétendu que la physiologie allait trop loin lorsqu'elle s'occupait d'autre chose que du substratum matériel, mais elle

veut, au contraire, étudier lesfonetious de ce suhstratuiu et tout ce qu'elle reconnaît comme fonction de ce genre rentre dans le cercle de ses attributions.

On a cherché à échapper aux conséquences des études physiologiques, à ce qu'on nomme leur matérialisme désespérant, en disant que les fonctions spéciales mêmes n'étaient pas immortelles, mais bien l'idée qui est à la base de leur développement. La cause fondamentale qui fait naître les organes et leurs fonctions serait éternelle, et la fonction participerait ainsi à l'immortalité de la cause de cette fonction. Je suis forcé d'avouer que ce raisonnement ne me semble pas clair le moins du monde. La matière avec les forces qui s'y rattachent est le seul principe indestructible que nous connaissions. Les sciences, basées sur ce principe, sont, il est vrai, en opposition directe avec la théologie; celle-ci nous apprend, en effet, que rien n'est plus périssable que la matière ; elle donne pour exemple le bois qui brûle dans un fourneau ou le cadavre qui pourrit dans la terre. Mais le carbone du bois est indestructible et éternel aussi bien que l'hydrogène et l'oxygène avec lesquels il était combiné dans le bois. La combinaison et la forme dans laquelle apparaissait la matière est destructible, mais la matière ne l'est jamais. Cette dernière présente une certaine quantité de forces ou de fonctions, comme l'on voudra, qui lui sont propres et en sont inséparables dès l'origine. Les fonctions de la matière se différencient dans certaines directions dépendant des différentes proportions de combinaisons des substances, ainsi que des formes que ces substances acquièrent; ce sont là des directions que nous apprenons à distinguer et à reconnaître comme des forces séparées, et comme des lois régissant ces forces. Si l'on prétend, par conséquent, que les substances composant notre corps sont indestructibles, cela est parfaitement exact, et si l'on en tire la conséquence que les fonctions de cette matière sont aussi indestruitibles, c'est là aussi une vérité indubitable. Mais les fonctions dépendant de la forme et des combinaisons des différents organes sont destructibles comme ces organes, et réapparaissent seulement quand la matière se présente

de nouveau sous la même forme et clans la même composition. Les différents phénomènes du développement embryonnaire ne peuvent être rapportés à une idée fondamentale directrice, les dirigeant d'une manière consciente ou inconsciente vers un but final; on ne peut admettre une telle théorie, pas plus qu'on ne comprend une àme isolée présidant aux phénomènes vitaux du corps. L'œuf, une fois formé, ne peut se développer que dans le sens imposé par la structure et le mélange des substances dont il est construit; changez cette composition matérielle de l'œuf, et vous transformerez aussi nécessairement son développement final. On a produit des monstruosités artificielles en faisant différentes blessures à l'œuf ou à l'embryon en voie de formation, sans que l'idée fondamentale dirigeante ait pu résister à cette déviation nnposée à son plan. On cliangeait ainsi non pas seulement la composition matérielle, mais l'idée elle-même qu'on avait ainsi en son pouvoir. Les embryologistes se sont jusqu'à présent trop peu occupés de ces questions dont l'importance ne paraissait pas assez grande vis-à-vis des recherches nécessitées par les transformations matérielles de l'embryon. Ils implantèrent sans s'en douter différentes idées médicales dans l'embryogénie et parlèrent d'une idée fondamentale d'après laquelle l'embryon se développait. Le médecin parlait de même dans le temps d'un pouvoir guérissant de la nature ou de la force vitale s'opposant d'une manière soi-disant systématique aux envahissements de la maladie. De nos jours, on trouve cette idée d'une force vitale fort grotesque; cette force se défendrait contre un refroidissement au moyen de la transpiration, d'un écoulement de mucus, d'un dépôt formé dans l'urine ou d'une diarrhée. On trouvera tout aussi ridicule, dans peu de temps, une idée fondamentale présidant au développement embryonnaire, et cherchant à se défendre contre des attaques extérieures par le développement de monstruosités de toutes sortes.

Il n'est plus besoin que de quelques indications pour présenter l'histoire de l'embryon comme un tout et pour montrer comment les différents organes se coordonnent dans leur développement. Nous allons examiner d'un autre côté, de quelle manière se comporte le fruit, dans son développement, vis-à-vis de l'organisme maternel. On peut faire ici à volonté des division?, en regardant comme particulièrement important tel ou tel moment dans le développement du fœtus. On sait que la gravidité dure en tout dix mois lunaires ou quarante semaines. Les variations dans la durée moyenne de la gravidité provienner.t surtout de l'ignorance dans laquelle on est sur le terme à donner au commencement de la gravidité. La meilleure méthode, sous ce rapport, est de compter depuis ia dernière menstruation; l'œuf s'est séparé en effet à ce moment de l'ovaire et a été fécondé.

On peut compter comme première période du développement de l'embryon humain le temps qui s'écoule jusqu'à la fin de la cinquième semaine. A cette époque l'embryon a atteint une longueur de trois lignes et les organes essentiels se sont déjà différenciés, le chorion forme une membrane villeuse entourant l'embryon; il n'est cependant nulle part lixé aux parois de l'utérus. L'embryon lui-même s'est cependant refermé presque complètement dans la ligne médiane, à l'exception de l'ombilic qui a la forme d'une fente. A son extrémité postérieure sort l'allantoïde. Au milieu de l'abdomen, à l'endroit où se recourbe l'intestin alors presque droit, sort la vésicule ombilicale. L'amnios vient de se former, mais représente encore un sac serré et entourant étroitement Tembryon. Les cellules cérébrales sont formées, les hémisphères du cerveau proprement dit déjà fortement développés et les yeux contiennent un dépôt de pi,£(ment noir. Les arcs branchiaux sont déjà avancés dans leur développement et ont presqu'atteint le point auquel ils commencent à se fermer. Les membres ont l'air de nageoires aplaties et sans divisions. Le corps se termine par une queue. Les parties solides du squelette ne sont représentées que par la chorde et les plaques vertébrales. Le cœur et le foie sont proportionnellement très-grands, les corps de AVolff

commencent déjà leur développement rétrograde. Les poumons, les reins et les organes génitaux viennent de se différencier.

iW. 108. — Œuf liumain âgé d'environ cinq semaines. L'amnios est enlevé, le cliorion avec ses villosités est ouvert, la vésicule ombilicale ainsi que l'embryon sont intacts. a, chorion; b, reste de l'amnios allaché au cordon ombilical c; cl, vésicule ombilicale attacbée à une tige assez longue.

Fiir. 109. — L'embryon de cet œuf plus fortement grossi. — a, prosencéphale; ^, mésencéphale; ci épencéphale; d. colonne dorsale; e, queue, fortement développée à celte époque, se rapetissant plus tard; /, œil; g, mâchoire supérieure; h, premier arc viscéral (mâchoire inférieure'; ; i. second arc viscéral ; k, extrémité antérieure; l, extrémité postérieure; n, cœur; o, abdomen, rempli surtout par le foie; p, cordon ombilical; q, courbure c'phalique; r, courbure nuchale.

Dans la seconde époque, qui va jusqu'à la tin du troisième mois lunaire ou de la douzième semaine, l'embryon tend surtout à s'unir, au moyen du placenta, avec l'utérus. L'embryon lui-même grandit considérablement, ses organes internes présentent en même temps un développement qui augmente continuellement. Les anoles du crâne se sont peu à peu émoussés et la tête ellemême a acquis une forme arrondie, elle s'est séparée aussi du cou. Les bases cartilagineuses de tous les os du crâne se sont différenciées, et Ton voit déjà en quelques endroits un commencement d'ossification. La séparation entre les cavités buccale et nasale est devenue complète parla fermeture du plafond du palais. Les paupières sont déjà formées et collées l'une à lautie. Les lèvres ferment la bouche de la même manière, tous les organes de la cavité thoracique et de la région inguinale se trouvent dans leur position relative. Quant à l'estomac, il est encore court, placé verticalement et à peine séparé de l'intestin. Les reins sont

lobulaires. Les testicules ou les ovaires sont placés immédiatement soiis les reins. Les organes générateurs externes se ressemblent énormément ; on peut pour cette raison à peine distinguer la forme extérieure des deux sexes. Les membres sont complètement développés, mais relativement encore petits, et leurs proportions ne sont pas les mêmes que chez les adultes, car les extrémités sont relativement bien plus grandes que la partie moyenne. Le placenta est complètement développé et lecliorion n'est plus floconneux.

Toute l'époque allant jusqu'au troisième mois lunaire, et jusqu'au développement complet des rapports entre la mère et l'embryon, peut être regardée comme le premier temps de la gravidité. Pendant ce temps, les signes extérieurs de la gravidité sont encore très- trompeurs et incertains, et peuvent être confondus facilement avec d'autres étals maladifs. L'état de congestion dans les parties génitales, provoqué par Tinstallation de l'œuf, se manifeste par différents phénomènes, d'ordre nerveux surtout. C'est une irritation de l'estomac, des nausées et des vomissements ayant beaucoup d'opiniâtreté et résistant à tous les remèdes. A cela viennent s'ajouter très-souvent des accidents hystériques de toute sorte. On sait que les appétits des femmes enceintes ont, de tout temps, été en butte à la satire. Aussitôt que la réunion entre la mère et le germe est devenue complète, au moyen du placenta, ces phénomènes maladifs disparaissent peu à peu ; la femme enceinte se porte mieux, par conséquent, vers le milieu et la fin que dans le commencement de sa grossesse.

La troisième époque de la formation embryonnaire se termine à peu près au commencement du sixième mois, car, à cette époque, l'embryon est déjà capable de continuer à vivre en dehors de l'organisme de la mère. Il est facile de comprendre que tous les organes sont déjà assez développés, que la circulation pulmonaire peut commencer, ainsi que la nutrition, par l'intestin, et que les glandes sont capables d'entrer en fonction. L'épiderme, d'abord mou et couvert de mucosités, devient plus ferme et se couvre presque partout de poils laineux particuliers qui dispa-

raisseiit plus taid. Les ongles commencent à devenir cornés, quoique leur consistance soit à peine plus grande que celle du resté de la peau ; celle-ci n'est attachée que faiblement à la surface du corps, elle forme des plis et des rides; le visage de Tembryon surtout, présente ainsi l'apparence de celui d'un vieillard. Ces rides disparaissent plus tard par suite d'une accumulation de graisse sous la peau; mais cette apparence peut se conserver chez des embryons malades et mal nourris : on la considère toujours comme un signe infaillible de non-maturité ou de constitution maladive.

Pendant ce temps, l'embryon devient long de quinze pouces, à peu près, et atteint un poids d'environ deux livres ; en ce moment les signes extérieurs particuliers de la gravidité se développent, chez la mère, avec beaucoup plus d'intensité qu'auparavant. L'utérus, distendu, avance graduellement par-dessus le bord du petit bassin, et l'orifice de la matrice subit des transformations spécifiques. L'abdomen se porte de plus en plus en avant, et les intestins sont repoussés vers le haut et larrière par l'extension de l'utérus.

Dans la dernière époque de la gravidité, la masse de l'embryon, ainsi que les préparatifs pour sa séparation d'avec la mère, subissent surtout l'influence du développement, et il n'y a alors guère de changements importants à constater dans la structure des organes. Un enfant à terme pèse de six à sept livres ; sa longueur atteint de dix-huit à vingt pouces ; il est accroupi dans l'utérus, la tète en bas et la partie postérieure en haut. La tète est recourbée vers la poitrine, les bras sont croisés, les pieds ramenés vers le corps ; sa position est, en un mot, celle d'un hérisson enroulé. Les ongles de l'enfant sont durs et cornés, le menton est indiqué, les os de la tète sont tous déjà formés, quoique non encore réunis les uns aux autres. On distingue, pour cette raison, sur le crànc deux ouvertures plus considérables, qui, par leur forme différente et par leur grandeur, sont d'un grand secours pour les accoucheurs ; ceux-ci reconnaissent par leur moyen la position de l'embryon. L'ouverture

antérieure ou la grande fontanelle, a une forme rliomboïdale et est placée à l'endroit où les deux frontaux et les deux pariétaux se rencontrent, par conséquent à la hauteur du iront et un peu derrière la place où commencent les cheveux. La petite fontanelle, qui est triangulaire, est placée de même sur la ligne médiane, à l'endroit où les deux pariétaux se rencontrent.

Fig. 110. — Coupe de l'utérus contenant l'embryon développé. — a, paroi de l'utérus; h, coupe de la vessie urinaire; c, va^için; d, périné (espace entre l'utérus et le rectum); e, paroi du ventre; /"et g, caduque vraie et réfléchie; h, limite entre les villosités embryonnaires et celles provenant de l'utérus; i, placenta; k, chorion; /, amnios; m. liquide albumineux entre ces deux enveloppes; n, o, feuillet réfléchi de l'amnios couvrant le placenta sur sa face interne; p, cordon ombilical; q, cavité de l'amnios remplie par la liqueur amniotique; r, embryon.

Au moment de l'accouchement, l'embryon est expulsé de l'organisme matériel, et doit commencer une vie indépendante. Nous n'avons pas l'intention d'entrer ici dans plus de détails sur le mécanisme de cet acte. Les signes précurseurs de la naissance sont une tension continue et des douleurs vives dans l'utérus, ainsi qu'un élargissement graduel de son orifice. Lorsque ces phénomènes ont duré quelques temps, l'utérus commence à se

contracter, d'abord à longs intervalles, puis à intervalles plus courts. Les douleurs reviennent de temps en temps, et servent à pousser le fœtus vers l'ouverture de la matrice, en même temps aussi, le liquide rassemblé dans les membranes est poussé en avant vers l'orifice. Les membranes de l'œuf forment alors une vésicule fortement tendue à l'orifice de la matrice ; cette vésicule finit par crever et laisser échapper le liquide. Les douleurs augmentent de plus en plus, puis l'embryon est poussé peu à peu la tète en avant, le visage tourné en arrière, à travers l'ouverture du bassin et les parties génitales externes. Dans cet acte, la tête, fort grosse, est le plus grand obstacle à vaincre, mais comme les os du crâne ne sont pas encore complètement réunis les uns aux autres, ils glissent les uns sur les autres et diminuent ainsi le diamètre de la tête. Le corps de l'enfant suit facilement, aussitôt que la tête est sortie. Après cette expulsion arrive une période plus ou moins longue de repos suivie de nouvelles contractions, qui expulsent à leur tour le placenta qui s'est détaché. L'utérus reprend ensuite peu à peu ses din>ensions antérieures pendant les relevailles.

L'embryon lui-même commence, avec la première inspiration, sa vie indépendante. Au moment où les poumons se remplissent d'air et où le placenta s'est séparé de l'utérus, la circulation a pris une autre direction. L'enfant ne peut plus s'assimiler de substances appartenant au sang de la mère et a besoin alors d'une nutrition indépendante qui ne se fait, il est vrai, dans le commencement, qu'au rnoven d'une sécrétion particulière de In mère, le lait.

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