LA VIE VÉGÉTATIVE
Le sang est le soutien de la vie. En dehors du sang il ne peut y avoir ni formations nouvelles, ni transformation de l'état de choses existant, ni métamorphose rétrograde et régulière des matières devenues inutiles. Principe fécond de la vie, le sang circule sans cesse, d'une manière constante, et pénètre jusqu'aux infimes extrémités du corps. Les voies qu'il parcourt suivant des lois déterminées lui sont partout largement ouvertes. Il rencontre dans toutes les directions des canaux par lesquels il va communiquer sa force vivifiante aux organes environnants, et échanger ses éléments avec les leurs.
La notion de la circulation et son existence évidente sont tomhées à la longue dans le domaine du bon sens populaire, qui les regarde comme des axiomes. C'est là une de ces rares vérités qui ont franchi les murs du sanctuaire de la science; on en admet l'existence sans s'enquérir des preuves ni des conséquences. La circulation soulève cependant, au point de vue scientifique, une
LETTRE PREMIEME.
foule de questions importantes. Comment se comportent les vaisseaux et les canaux dans lesquels circule le sang? Quel est le secret de cette circulation continue? Par quelle force est-elle
régie? Quels sont les éléments constituants du sang et la composition chimique qui lui est propre, et comment, en somme, peut-on expliquer le rôle que le système circulatoire joue dans l'organisme?
Nous savons par expérience que le cœur est le centre de la circulation du sang. 11 donne naissance à tout un système de canaux qui se ramifient dans toutes les parties du corps, en branches d'abord, puis eu rameaux de plus en plus petits, jusqu'à ce qu'enfin ces vaisseaux deviennent imperceptibles à l'œil nu.
Nous pouvons déjà distinguer à première vue, dans ces canaux cylindriques ou vaisseaux, deux catégories très-distinctes. Les uns sont consistants, élastiques, et même quand ils sont vides ou tranchés ils restent béants et cylindriques comme un tuyau de caoutchouc ; c'est par leur moyen que le co^ur chasse le sang vers la périphérie du corps. On nomme artères ces canaux, dans lesquels le courant sanguin a une direction centrifuge. Les autres vaisseaux ont des parois plus minces qui s'affaissent sur elles-mêmes lorsqu'on lés coupe ou qu'on les vide ; le sang y revient de la périphérie au cœur. Nous nommons veines ces vaisseaux à circulation centripète.
Fig. 1. —Le cœur avec les grands troncs vasculaires sanguins vu de face; a, ventricule droit; b, ventricule gauche; c et cl, artère pulmonaire ; e, aorte ou grande artère du corps; f, crosse de l'aorte; g, aorte descendante; h, tronc commun de l'artère sous-clavière droite (r) et de l'artère carotide droite [s] ; i, artère carotide gauclie; k, commencement de l'artère sous-clavière gauche dont on a négligé de compléter le dessin; /, oreillette droite; 7?j, oreillette gauche; ii, veine cave supérieure; g, o, veine sous-clavière commune droite; /?, veine sous-clavière commune gauche; u, pointe du cœur.
Le cœur lui-même est un muscle creux, une poche de forme conique, à parois épaisses, formées de libres musculaires disposées en spirale, qui compriment la poche en se contractant et peuvent ainsi chasser le liquide qu'elle contient. Une cloison intérieure partage cette poche en deux moitiés dans le sens de sa longueur, une moitié à gauche, l'autre à droite ; chacune d'elles est sul)divisée à son tour, au moyen d'une paroi transversale, en deux loges, qui communiquent par une ouverture. La paroi longitudinale n'offre aucune ouverture qui puisse servir de communication. Il ny a aucune liaison quelconque entre la partie droite et la partie gauche du cœur; le sang de l'une ne peut jamais se mêler à celui de l'autre. Le cœur est ainsi divisé en quatre loges ; chacune d'elles communique avec des vaisseaux sanguins, les unes avec les veines qui leur amènent le sang, les autres avec les artères qui l'emmènent. Les premières sont les oreillettes ou proventricules ; elles ont, comme les veines des parois musculaires moins développées ; leur capacité est plus grande que celles des ventricules, qui se distinguent par des couches musculaires très-fortes. Chaque moitié du cœur a donc son ventricule et son oreillette qui communiquent entre eux par les orifices auriculoventriculaires percés dans la paroi transversale. On peut conclure de la structure même des vaisseaux qui arrivent au cœur
— Le co'ur av ec Ics Ironc vasculaires sanguins vus de derrière; a, veuliicule droit ; t, ventricule gauche ; c, oreillette droite ; (/, oreillellc gauche; e, auricule droit ; f, auricule gauche ; g, veinecave inléricure; h, supérieure; i, veine sous-davière commune droite; k, veine sous-clavière commune gauche; /, veine pulmonaire droite ; m, veine pulmonaire gauche; n, veine coronaire du cœur; o, artère coronaire du cœur; q, tronc commun de l'artère sous-clavière droite [p ] cl de l'artère carotide droite (r) ; s, crosse de l'aorte; t, naissance de l'artère sous-clavière gauche; ii, artère pulmonaire.
'' LETTRE PKEMIÈRE.
que le sang va des veines aux oreillettes et de là aux ventricules pour être finalement lancé dans les artères. La minceur relative des parois musculaires des oreillettes s'explique même par cette circonstance; elles n'ont d'autre rùle que de chasser
de voir la civile de loreillelle et cdic Hn HT \ \ ' '' '"""'-'• ™ 1"' P"""!
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par leur contraction, dans les ventricules le san^ qui revient de la périphérie. Cette fonction est facilitée par le peu de chemin à parcourir et par la largeur des oriûces auriculo-ventriculaires. Les ventricules au contraire ont hesoin d'une force beaucoup plus grande pour chasser le san^ à travers les étroits canaux artériels jusqu'aux régions les plus éloignées de la double route qu'ils doivent lui faire parcourir, que les artères procèdent du ventricule gauche ou du droit. La direction du courant dans le cœur est réglée par un système parfait de valvules membraneuses. C'est dans les ventricules que ce système de clapets est développé de la manière la plus remarquable. Chaque lo^^e du cœur a naturellement deux ouvertures : la première communiquant avec les vaisseaux, la seconde avec l'autre loge située du même côté de la cloison longitudinale. Sans les valvules, le sang serait indistinctement chassé par ces deux ouvertures au moment de la contraction. Les valvules sont disposées de telle façon, que suivant la direction du courant sanguin, elles s'ouNTent ou se ferment d'ellesmêmes, comme les écluses d'un réservoir à double courant. A chaque orifice auriculo-ventriculaire se trouve une valvule comparable à une voile et placée de telle façon que l'ouverture devient béante au moment de l'entrée du sang dans le ventricule, tandis qu'elle se ferme lorsque ce dernier, en se contractant, chasse le sang contre elle.
La valvule en forme de voile qui se trouve dans la partie droite du cœur s'appelle la valvule trknspide; celle du cœur gauche se nomme valvule bicuspide ou mïtralc. Toutes deux sont formées de fines membranes tissées de fibres tendineuses et munies du côté du ventricule de petits tendons fins et souvent entrelacés. Ces tendons, partant des parois mêmes du ventricule,
valvule; 6, trou ovale ouvert jusque la naissance et servant à faire communiquer la moitié droite avec la moitié gauche du cœur; ce trou se ferme plus tard; 7, ouverture de la veine coronaire du cœur; 8. valvule membr.-'neuse de celte veine; 9, aurieule droit; 10 et II, valvule tricuspide avec ses cordons tendineux et dans la position qu'elle occupî pendant le diaslole du ventricule au moment où le sang v entre; i-2. cavité passant derrière la valvule pour ab utir à 1 ouverture des artères pulmonaires 15 ; 14, tronc de l'aorte sortant du ventricule gauche. 'D'après Beaunis et Bouchard, yoiiveaux éléments d'anatomie descriptive, 2«édit., Paris. 1875. i
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sont en connexion avec des saillies musculeuses qui avancent dans le ventricule. Ces saillies se contractent, en même temps que les ventricules déploient au moyen de leurs tendons, comme au moyen de cordages, les voiles membraneuses, et déterminent ainsi une plus rapide fermeture de l'orifice. Alors les parois libres des valvules, en se déployant, s'appuient les unes contre les autres ; de cette façon elles ferment liermétiquement cette ouverture à la moindre pression du ventricule; elles s'ouvrent au contraire au moment oîi cette pression cède, pour laisser entrer le courant sanguin venant de l'oreillette. Les valvules qui se trouvent à la naissance des deux artères principales (pulmonaire et aorte) sont encore plus simples. Ce sont les valvules sigmoides, formées de trois soupapes en forme de poches. Elles se composent d'une membrane tendineuse assez mince dont l'un des bords est libre et en ligne droite, tandis que l'autre s'attache à l'artère suivant une courbe. La convexité de cette courbe est tournée du côté du cœur, et le bord libre vers la périphérie. Les soupapes s'appuient contre la paroi des artères comme les poches d'une voiture contre les portières. Le courant sanguin, projeté hors du ventricule, se dirige du bord attaché à la paroi vers le bord libre de la soupape ; il applique ainsi cette paroi libre contre celle de l'artère et passe sans encombre. Lors de la dilatation du ventricule, le sang, attiré par le vide, reflue en arrière; il s'engage dans le bord libre du clapet qu'il abaisse et qui vient fermer l'ouverture, puisque les bords des trois valvules coïncident exactement.
Des expériences ont prouvé qu'il suffit d'une pression trèsfaible pour fermer les soupapes, et cela si bien qu'elles ne laissent pas passer la moindre goutte de liquide. Il est facile de s'en assurer en examinant le cœur d'un animal fraîchement tué, d'un veau par exemple. Si l'on verse de l'eau dans une des grandes artères, l'impulsion, quelque faible qu'elle soit, suffit cependant pour fermer les valvules sigmoïdes, de telle façon qu'il n'entre pas une seule goutte d'eau dans le ventricule. Si, au moyen d'un tube introduit dans les artères, on verse de l'eau dans
L\ CIRCUL\TIMN. 9
le ventricule, on peut, en ouvrant les oreillettes, observer le jeu des valvules en forme de voile. Bien des maladies de cœur incurables proviennent d'une désorganisation primitive ou mala-
Fi- 4 - Surface inlerne de la moitié gauche du cœur, mise à nu par une coupe Verticale au n.oven de laquelle on a enlevé la paroi extérieure. - 1, cloison tendineuse séparant l'oreillette gauche de l'oreillette droite; 2, cloison entre le ventricule -auche et le venlricule droit avec des faisceaux musculaires en grande quantité; 5 et 4, orifices des veines pulmonaires; 5, fosse ovale fermée Joramen Zalc) 6. auricule gauche; 7, valvule mUrale dans la position qu'elle occupe au moment de l'entrée du snng dans le venlricule; 8, cavité allant par-dessous la Xle jusqu'à lorilice de faorte. (D'après Beaunis et Bouchard, ^oxa'caux déments et anatomie descriitive, 2« édit., Pans 1873.)
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dive des valvules du cœur ; l'insuffisance des valvules empêche leur jeu, rend imparfaite leur fermeture et produit ainsi des perturbations dans la circulation. Si les valvules en voile sont modifiées, une partie du sang du ventricule, au lieu de sortir par les artères, revient dans l'oreillette; si le jeu des soupapes sigmoïdes est incomplet, le sang poussé dans les artères rentre en partie dans le ventricule.
Autant sont complets ces systèmes de valvules, placées aux orifices des deux ventricules (aussi bien les sigmoïdes que celles en forme de voile) , autant le sont peu les dispositions qu'on remarque à l'entrée des veines dans les oreillettes. Il y a bien des muscles circulaires contractiles, il y a même aussi des protubérances et des replis membraneux qui peuvent resserrer plus ou moins ces orifices ; mais ce mécanisme n'est pas aussi développé que dans les artères ; il n'y a pas possibilité d'arrêter complètement le retour du sang, comme dans les ventricules, au moment de la contraction. Cependant les systèmes valvulaires à l'entrée des ouvertures de chacun des deux ventricules suffisent pour faire du cœur une sorte de presse hydrostatique aspirante et surtout foulante, munie de soupapes et capable d'imprimer au sang la direction voulue. Les forces sont calculées avec tant de précision, leur action combinée offre tant d'harmonie, qu'il suffit de la moindre défectuosité des soupapes pour amener des dérangements dans l'écoulement. Dans ce cas, en effet, la fermeture ne saurait plus être complète ; au contraire, quand les valvules sont dans leur état normal, le cœur a toujours encore assez de force, même dans ses plus faibles contractions au moment de la mort, pour entretenir le jeu des valvules et diriger le courant sanguin. Car il faut bien se dire que le cœur sans valvules ne serait qu'une machine motrice servant à chasser le sang par toutes ses ouvertures sans pouvoir lui donner une direction uniforme et déterminée. Les valvules seules, disposées suivant des lois toutes mécaniques, dirigent le sang ; elles permettent ainsi la circulation, c'est-à-dire la vie.
L'expérience a prouvé que les cavités de même nom se con-
LA CinCULATION. Il
tractent ensemble ; ainsi les deux oreillettes se contractent au moment de Ja dilatation des ventricules, et inversement. Pendant la systole ou contraction des ventricules, l'extrémité conique du cœur se relève, tourne un peu autour de son axe et vient frapper la paroi pectorale entre la cinquième et la sixième côte, un peu ta gauche de la ligne médiane. Pendant la dilatation ou diastole des ventricules et la systole des oreillettes, le cœur retombe dans sa position première. Le cœur a cette faculté de changer continuellement de position, parce qu'il n'est retenu en place que par les vaisseaux sanguins qui en partent ; il est suspendu librement dans le péricarde, sorte de grand sac à parois lisses, qui l'entoure largement de toutes parts.
Chacun des battements sensibles du cœur se compose de trois temps: 1° la diastole ou dilatation des ventricules, pendant laquelle les oreillettes se contractent; 2° la contraction ou systole des ventricules pendant laquelle les oreillettes se dilatent; o" un temps de repos pendant lequel le cœur tout entier s'affaisse. Dans la systole des ventricules, les valvules des artères s'ouvrent et celles des orifices auriculo-ventriculaires se ferment ; il en résulte que le sang chassé dans les artères ne peut rentrer dans les oreillettes. A ce moment les oreillettes se dilatent et le sang venant du dehors y fait irruption. Notre figure schématique ifuj. 5) représente ce moment de l'activité du cœ'ur. Dans la systole des oreillettes, les ouvertures des veines se forment autant que possible pour empêcher le retour du sang dans cette direction; les orifices auriculo-ventriculaires s'ouvrent largement et laissent pénétrer le sang dans les ventricules, les valvules artérielles se ferment pour résister au retour du sang dans les ventricules qui se dilatent dans le même temps.
De la contraction des ventricules et des oreillettes naissent des bruits particuliers qu'on peut entendre en appliquant Poreille à la région cardiaque d'un homme ou d'un animal. Cependant on se sert ordinairement, pour cette auscultation (ainsi s'appelle cet examen au moyen de Poreille), d'un instrument offrant une structure particulière, le stéthoscope. On entend d'abord un
bruit sourd et prolongé comme celui des eaux d'un fleuve; c'est le moment de la systole des ventricules Un autre bruit sec,
Hg. 5 - Représentation schématique de la circulnlion sanjruine. Le cœur e^t ou-
■ ZJZl 'T ^""f/Î"^'"^' i''' ""« coupe transversale à la cloison clans le but
de la.>ser voir les cav. es internes el les valvules, et ces dernières sont représenlées
dans la position qu elles occupent au commencement de la contraction ou svstole
oreiHetT^l^V ' "' '"l ^"™' ^^ ^'"'^^^^ placées entre les ventricules et les
oreillettes sont par conséquent fermées. Les valvules semi-lunaires des grandes ar-
sonore et clapotant succède immédiatement ; c'est la systole des oreillettes qui commence. Lors du premier bruit, le cœur va frapper la paroi thoracique, et, dans l'état normal, il est impossible de distinguer un intervalle entre ce choc et le premier bruit. La possibilité d'entendre ces bruits et leurs variations si diverses dans les maladies organiques du cœur, une fois reconnue, une époque nouvelle a commencé dans l'histoire de la médecine. On s'est ingénié à expliquer le lien de ces bruits avec les battements du cœur, ainsi que leur cause physique ; et il n'est aucune partie du cœur à laquelle on n'ait cherché à donner une part active dans leur production. On a voulu mettre en avant la contraction des fibres musculaires du cœur, la projection du sang dans les cavités du cœur qui lui sont ouvertes, le frôlement du courant sanguin contre les parois du cœur. Mais toutes ces hypothèses sont demeurées en grande partie sans résultats. On semble maintenant être d'accord sur ce point, (jue les bruits du cœur ont leur origine dans les mouvements des valvules, et qu'ils naissent de leurs oscillations. Leur variation
tères, au contraire, sont ouvertes. Les systèmes capillaires sont indiqués par de simples ramitications. Tous les vaisseaux allant au cœur (les veines) sont représonlcs au moyen (le lignes pointillces, tandis que tous les vaisseaux cenirifuges (les artères), sont indiques par des lignes continues. De petites flèches indiquent la direction du courant sanguin. les vaisseaux qui renferment du sang noir et sont en relation avec la moitié droite du cœur (les veines du cœ-ur et les artères pulmonaires": présentent des hachures transversales, les vaisseaux du système de la veine porte, dos hachures croisées, les vaisseaux contenant du sang clair (veines pulmonaires et artères du corps) n'ont pas été ombrés. — 1, oreillette gauche; 2, cavité du ventricule gauche présentant les tendons et les saillies musculaires qui s'attachent aux parties flottantes de la valvule en forme de voile (n" 4 ; 3, pointe du co'ur; 4, valvule mitrale; 5, valvules semi-lunaires de l'aorte; 6, cloison séparant les deux ventricules; 7, pointe du ventricule droit; 8, cavitç du ventricule droit; 9, valvule semi-lunaire de l'artère piiln)onaire; 10, valvule tricuspide; 11, oreillette droite; 12, paroi séparant les oreillettes; 15, poumons; 14, intestins; 15, foie. — a, coul'ant snnguin artériel (aorte); b, courant artériel desservant les parties supérieures du corps ; c, système capillaire de la moitié supérieure du corps; d, courant artériel desservant les parties inférieures; e, courant artériel dessen'ant les organes digestifs; f, courant artériel pour lu moitié inférieure du corps; g, système capillaire de la partie inférieure du corps; h, courant veineux venant de la moitié supérieure du corps (veine cave supérieure) ; i, courant veineux venant de la partie inférieure du corps; k, système capillaire des organes digestifs; /, veine porte; m, système capillaire du foie; n, veines hépatiques; o, veine cave inférieure; /^ artère pulmonaire; q, système capillaire des poumons; /•, veine pulmonaire.
s'explique par les ditférences de grandeur et d'arrangement de ces mêmes valvules. Le premier bruit, plus long, plus soutenu et plus sourd, provient de la fermeture des grandes valvules en forme de voile qui se trouvent aux orifices auriculo-ventriculaires. Le second bruit est engendré par la fermeture des soupapes artérielles, qui sont plus petites et en forme de poche. On entend en outre, simultanément au premier bruit, un son provenant de la contraction des épaisses parois des ventricules. Chaque muscle, en effet, donne naissance pendant sa contraction à un bruissement étouffé que l'on peut, par exemple, très-facilement entendre si l'on place le stéthoscope sur le bras pendant que r avant-bras est en mouvement.
Suivons maintenant le sang dans sa circulation depuis l'oreillette gauche, d'où il sort par une ouverture que ferment derrière lui les valvules sigmoïdes. Le sang entre dans la grande artère du corps appelée aorte, et va nourrir toutes les parties du corps à travers les ramifications de cette artère.
Dans notre figure schématique (fig. y), nous avons représenté ce courant comme s'il se bifurquait, envoyant la branche b dans la partie supéiieure du corps, la branche cl dans la partie inférieure ; la première nourrissant la tête, le cou et les bras, la seconde le tronc et les extrémités inférieures. Dans la nature cette division ivest pas si tranchée ; cependant les grandes artères du cou ou carotides nourrissent surtout la tête, les sous-clavières surtout les bras, et l'aorte inférieure le reste du corps.
Les dernières ramifications des artères deviennent si ténues qu'on ne peut les voir qu'à l'aide du microscope. Elles forment alors des réseaux qui s'enchevêtrent dans tous les organes. Les portions isolées de substance organique qui se trouvent entre les réseaux des capillaires dans certains tissus (par exemple dans les poumons ou le foie), sont souvent si insignifiantes que les anciens anatomistes regardaient le tissu de ces organes comme composé exclusivement de capillaires. La disposition des capillaires varie avec celle des organes ; les réseaux capillaires des muscles diffèrent de ceux des intestins, de la peau
OU des os. Il est facile de s'en assurer en examinant les figures ci-dessous. Le schéma 6 représente les capillaires du foie, le schéma 7 la disposition du réseau des poumons, eniin le schéma 8
Fk. 0.
du luie injecté depuis les vc.uj> liépaiiques.
celle du réseau vasculaire sanguin d'une villosité intestinale, Plus la circulation est active dans un organe, plus les capil-
Fig. 7. — Réseau capil. aire des vésicules pulmonaires.
laires sont serrés et moins il y a de substance entre eux. Il n'y a que très-peu d'organes, comme par exemple l'épiderme elles
clieveux, qui soient cumplétement privés de capillaires et dans lesquels le sang ne pénètre point. Les capillaires se réunissent peu à peu en petits troncs, qui s'anastomosent entre eux pour former enfin deux troncs veineux principaux, les veines caves
supérieure et inférieure, qui aboutissent à l'oreillette droite, ramenant ainsi au cœur tout le sang chassé du ventricule gauche. Le sang revient alors dans le cœur droit. La circulation qui se fait du ventricule gauche à travers les capillaires du corps jusqu'à l'€>reillette droite, a reçu le nom de grande circulation, et comme il est facile de s'en convaincre et de le démontrer, le mouvement du sang n'y dépend que des impulsions que lui impriment les contractions du ventricule gauche. Arrivé dans l'oreillette droite, le courant sanguin reçoit par la contraction de cette dernière une nouvelle impulsion; il s'élance dans le ventricule droit, pour être chassé par celui-ci dans l'artère pulmonaire. Cette artère se distribue uniquement dans le poumon et s'y ramifie en capillaires extrêmement abondants, spacieux et serrés en même temps, qui se rassendjlent de nouveau pour former des veines et pour aboutir enfin par les gros troncs des veines pulmonaires dans l'oreillette gauche. De là, le sang est chassé dans le ventricule gauche, où il recommence sa course. On a i\p\^e\é petite circulation ou circulation pulmonaire, cette partie du cours du sang qui s'étend depuis le ventricule droit aux poumons et de là à l'oreillette gauche.
Le sang traverse donc deux fois le cœur'dans une seule révolution : une première fois après la grande circulation, à travers
Kig. 8. — Réseau capillaire d'une villoïité de l'intestin; a, artère -ombrée' ; b, veine; c, réseau capillaire à mailles assez larsfes.