XIV PRÉFACE
abstractions; il fallait, suivant mon idée, les placer immédiatement en face des faits et des observations, et leur rendre compréhensibles les questions qu'on doit se poser, ainsi que les méthodes suivies pour obtenir des réponses satisfaisantes. Je ne pouvais supposer parmi ceux auxquels je m'adressais, les connaissances indispensables en anatomie humaine, que l'étudiant en médecine doit acquérir avant d'aborder l'étude de la physiologie. Il fallait donc faire une large part à ces expositions arftitomiques et microscopiques, nécessaires pour l'intelligence des principales fonctions. Il ne s'agissait pas non plus d'embarrasser l'exposition des faits et des raisonnements basés sur ces faits par des citalions, des noms propres et par tout ce bagage d'érudition, nécessaire dans des livres de science pure, mais fastidieux dans des écrits qui s'adressent à un autre public qu'aux initiés du sanctuaire scientifique. Il importe au fond fort peu de savoir si c'est monsieur un tel qui a trouvé tel fait, ou si c'est tel autre qui a fait telle expérience. Ce qui est important, c'est de savoir si une observation est bien faite, et si les résultats obtenus sont de bon aloi. Personne n'ignore, du reste, que des poules aveugles réussissent quelquefois à trouver une perle. On peut se réjouir de l'éclat et de la belle eau de c^tte perle, sans éprouver le besoin de connaître la poule qui l'a trouvée en grattant la terre. La connaissance de la vérité suffit, quelle que soit son origine.
Carl Vogt.
Genève. 15 janvier l<>7o. '