O G-1 GO 4N «O O 'C <M <T
•9co>9QOO^r^r«aoo
Ow>0d0ï0k0)0d0i0)0)0^C>0^0)0k
«0«4t<ru90Ct^^Wdiid*d<^<t«d«0
00"rHr^eO«^«-i(M^^O)tfdO^<OOCD
a'i<MO>«Ok/d*9KQe(ao)k<9cor^aMe^i«i4
nco«C<9kAVdr^aO^«09>*^*^Oc«i
ooco«o«oaoao(ri«rir>»kAr^^OïeMct k/dr«^oo&i9'ieoootAr^i>coc'i^H
CO^«^e^«->iAO%ff<lCOOOoO*^k/d(r4
ud^cocouacocor^r^Okooo^o^o^^
»0 00 -c lO oc co
eo 00 00
U> Ji9 àQ
^^ Oii to
r^ ço u^
SOO <M -9CO
k«aeCOO<v4U^C^^EHCO0^
â^O%C09»0^^-4eQ eo<M<r*9-cîoo^^c3çp
0> — »i*-<^H — OiO>
lQ C^I «m k^ P<^
in
^ A ce q» ^^H ^ «s
% «6 *£t 0) OD ï^l <ât<»^ »^^ ^«.r .«^^ ^«.
r^o>r«c^ooG^oococo*^9><too<o^4
«091 ?1 CO ^ Vl ^ n «O «9 «O «O «O <t «O
r**aoo^o<M(M«o<t«Acor^aQOb9^
OOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOQO
es
Les cérétàes, dont le commeFce a peu d'importance d&ns les autres années, figurent pour 25 millions en 1855^ et pour H millions en 1856, ce qui explique pourquoi nos exportations dnt sauté de 48 millions à 82 et 95. Mais à part cette cirioD»tance tout exceptionnelle, on voit que nos expoftatiofis ont ftoivi nne progression considérable, et si le rapport de nos exportations en Espagne à nos exportations dant tous les autres pays n'a pas considérablement ¥arié, cela ne tient pas à ce que les premières sont restées stalionnaires, mais i ce que les unes et les autres ont augmenté dans la même proportion. De même, si le rapport des importations venant d'Espagne a diminué, cela ne tient pas à un affaiblissement sensible dans les arrivages d'Espagne, mais à uneaugraentalïon trto coQsidérable dans les importations venant des autres pays.
Eq résumé, ce tableau comparatif prouve que, malgré la guerre civile, malgré la eontrebaode anglaise, le commerce de la France avec l'Espagne n'a pas cessé de s'étendre ; et si l'on considère que, sauf les cotonnades peintes, les objets sur lesquels porte plus partiottlïàrement le oommerce de la France dans la Péninsule, n'ont que pea de riv*!'^ k craindre de l'étranger, on se convaincra q«e le tort résuituit du traité de commence avec l'Angleterre est beaucoup moins considérable que les intérêts trop faoilement alarmés le prétendent encore «BJOBnl'hai^ «t qu'«a tous ca» 6« tort ^'é^couve-
ndt une des branches de la production serait plus qne compensé par le développement de toutes les autres.
Le véritable intérêt que la France doit légitimement faire triompher dans la négociation du traité de commerce entre l'Espagne et TÂngleterre^ c'est Fintérèt des fabrications où elle excelle; c'est un moyen de simplifier la difficulté au lieu de la compliquer, et de tireravantage d'une circonstance que des intrigues, indignes du gouvernement français, pourraient bien retarder, mais que nulle puissance au monde ne saurait empêcher.
Mais ce que la France doit se dire avant tout, c'est que dans la difficulté du traité de commerce, comme dans celle des fueros et des ayuntamientos, l'Espagne mérité également confiance; elle possède, après tout, des hommes d'État sages , éclairés , qui ont visité les pays étrangers, qui en connaissent comme &OUS les véritables rapports et les véritables res* sources, qui, mienx que nous, peuvent étudier les besoins de leur patrie, et qui sont plus intéressés que nous à ne rien faire de ce qui pourrait compromettre sa prospérité. Ces deux objets offrent sans doute de graves complications, de nombreux embarras, mais quelque difficile que soit leur solu-tion, rappelons-nous que TEspagne a triomphé d'un danger plus grand encore; comme nous elle s su , réduite à elle seule, triompher de la guerre civile , fonder sa constitution sur l'alliance, sur Végalité du pouvoir royal et du pouvoir popnUirer
et la préserver de leurs abus et de- lenrs excès. Voilà, Monsieur le Comie, sous quel point de vue iluie semble convenable d'envisai^er désormais les rapports de la France et de l'Espagne. S'il est vrai que M. de Rayneval ail dit que l'ambassadeur de France à Madrid n'avait rien à faire qu'à regarder, il a sans doute vonla exagérer à dessoin sa peoséepourla rendre plus saîsissable; il a voala dire que là surtout, le zèle inquiet et remuant était dangerenx.:
En effet, soit que nos relations prennent un caractère plus régulier, soit qu'elles restent ce qu'elles sont, l'influence de la diplomatie française dans la Péninsule ne saurait être qu'une influence morale, indirecte, expression fidèle d'une situation qui nous commande d'agir au-defaors désormais , plus par nos exemples que par nos conseils.
Je 5ais qu'il règne dans l'opinion nne sorte d'inquiétude honorable toutes les fois que ta France ne semble pas agir directement. On Toudrait parfont des manifestations éclatantes; mais il n'est pas de pays, quelles que soient sa prospérité, sa grandeur, qui puisse agir également à toute heure, en tous lieux. Pour agir avec succès, avec dignité même, il De suffit pas d'en avoir la volonté, il faut que l'action que l'on se propose soit appelée per ï'intérôt - même du peuple sur qui l'on agit; autrement, ou se prépare d'inévitables désappoinfemens , d'autant plus cruels, que les prétentions eut eu pins de retentissement.
Oue l'exemple de TAngleterre nous serve de leçon.
L'Angleterre qui a hérité de notre influence active à Madrid, le jour où l'Espagne entrait dans la voie révolutionnaire en même temps que nous en sortions, l'Angleterre aujourd'hui voit cette influence s'affaiblir, Le rapport du sénateur Marliani^ sur les propositions relatives au traité de commerce est resté sans effet; Espartero lui-même s'est arrêté sur la pente des révolutions^ où la main de l'Angleterre le poussait; il a renoncé à ruiner Barcelone, et tout présage que^ dans les cortès qui vont s'ouvrir, l'industrie catalane ne sera pas sacrifiée. Que peut faire la France? Attendre et se confier dans le génie de TEspagne.
Il est remarquable que ce système de temporisation qui a été la source pour la Couronne de laot d'accusations injustes, et quia triomphé de tant de prophéties funestes, soit devenu, parla force des choses, le seul système possible, celui que tous les cabinets, sans exception, poursuivraient. Le Roi, tant que lj3 succès était incertain, a vu réunir contre sa personne les soupçons, les attaques, les insinuations iiialv^llantes; n'attribuera-t-on jamais à 3a sagesse le mérite de l'œuvre, si elle doit être un jour couronnée par le succès?
Nous vivons dano un t^np$ où il est difficile, je ^^sais, de louer ujiroi, même pour les qualités que tout le m^nde lui reconnaît. Un Roi déjà ^'ieilli^ sans cesse calomnié^ en butte aux sarcas-
mes, aui injures, aax compila ! Un Roi coastitutionnel, qui ne peut rien, même pour ses amis I Vous ne l'avez jamais approché, vous ne lui avez jamais parlé! N'importe, vous en dites du bien; vous le flattez !
Si vous remarquez que le Roi possèdeeo affaires deux grandes qualités , la patience et la circonspeo* tîoD, vous ne direz que ce que (ont le monde pense , et pourtant une foule d'boonétes gens seront gênés, inquiets, presque humiliés; ils admettent bien la critique, ils aiment la vérité qui fait justice da mal, ils n'aiment pas celle qui fait justice du bien; et sous ce rapport, nos mœurs sont en parfaite harmonie avec nos lois, qui châtient le crime et ne récompensent pas la vertu.
Quant à moi, Monsieur le Comte, j'aime à dire ce que je pense, et louange ou critique, quand j'éprouve une conviction, je considère le silence comme une lâcheté. Si je pense plus de bien que de mal , ce qu'on me reproche parfois ; si je suis porté à voir le bon côté des choses plutôt que leur mauvais côté, les qualités des hommes d'État plutôt que leurs défauts , c'est que probablement j'ai l'esprit fausse par toutes ces médisances, par toutes ces méchancetés qui bourdonnent incessamment à mes oreilles; aussi suis-je loin de me faire un mérite de la bienveillance, et je conviendrai, si l'on veut, qu'elle pourrait bien n'être chei moi qu'un pur esprit de contradiction.
Après cette profession de foi, j'ai le droit de con-
«Ion é» la politique «uivie pt ndaat ces dix der^ nièrei ao&ées vîs^^vis l'Espagae^ que les faits justifient complètement ropinioo penonoelleque l'on a tant reprochée au Boi. L'Espagnei qui « été pour lui Toccasion de soupçoos si iujurieuXi sera un jour un de ses titres de gloire. C'est grâce à sa temporisation que nous aurons en elle une alliée forte et indépendante, au lieu d'une esclave^ ne pouvant nous aider de son énergie et de sa volonté parce qu'elle aurait attendu toute énergie et toute volonté de nous.
La partie éclairée de la population espagnole commence à comprendre le sentiment de dignité nationale qui inspirait notre politique ; et elle sait gréa la France de 4850 de n'avoir imité ni l'Empire, ni la Restauration, et d'avoir respecté le vieil oi^ueil castillan.
Oui, Monsieur le Comte, les embarras de l'Espagne, plus que tout autre difficulté, ont témoigné de ces deux qualités royales que tout le monde reconnaît au fond du cœur^ et que peu de personnes ont le courage d'avouer. Mais les générations futures seront plus justes. La France n'a pas rougi de devoir à un homme, à Rousseau, l'égalité civile; elle n'a pas rougi de recevoir d'un homme, de Mirabeau, le feu sacré de la liberté; elle a laissé un houEune, Napoléon, réveiller dans ses entrailles le sentiment de Thonneur ; il viendra un jour^ où elle reconnaîtra que le fondateur de la monarchie nouvelle lui a donné Texemple d'une vertu plus
modeste, mais tout aussi nécessaire à sa gloire et à sa puissance politique, la patience! où elle loi saura gré de lui avoir appris ta seule chose pentétrequ'elleignorâtjCellequidoitlepluslui profiter, et dont certes elle n'abustfa jamais : le prix du temps I
VBWIAMB IiBTT&B.
JM
A Ifla
Mon cniR Ami ^
Je suis sous rimpression de la lecture que vous m'avez faite , et le rapport extraordioaire de votre œavre spirituelle avec la situation politique , avec les événemens qui se préparent^ m'ôte toute faculté de m'occuper d'un autre sujet.
} admire surtout cette coïncidence; tandis que les partis s'agitent , que les nuances les pljus opposées se rapprochent pour une lutte décisive^ vous itte lisez , à moi seul, une comédie intitulée : uss
CouussBs d'uhb GoAunoNl œuvre prof<Hide, malgré son titre, œuvre de conscience et de talent, car jamais peut-être vous n'aviez rassemblé dans un cadre aussi ingénieux plus d'observations fines, plus d'esprit et de méchancetés. Epigranamea, allusions mordantes, tout s'y trouve; et quand je pense que ces honnêtes gens, conspirateurs débonnaires , qui nouent bien tranquillement les fils de leur plan de campagne , qui combinent toutes les péripéties de cette grande bataille, où doit périr le Cabinet, ne se doutent pas qu'un autre conspirateur plus amusant, noue les filsd'nne autre intrigue ; qu'après avoir joué leur pièce , ils seront joués à leur tour, ils se verront en scène, qu'on pourra les reconnaître, les montrer au do^t 1 . . Vraiment je plains leur sécurité! mais en même temps je m'alarme de tant d'audace. Oui , mon cher ami, votre hardiesse m'effraie, j'e^ suis épouvanté.
Les Coulisses d'une CoalUio»/f&ÙBd'a])Ot:à,âeqjkel\e coalition parlez-vous? Est ce celle d'hier? celle d'aujourd'hui? celle de demain? VoUà ce que se demandera le public impatient avant le lever du rideau; première incertitude qui réunira peut-étN contre vous toutes les coalitions présentes, pesséefl et futures. Jamais autenrn'aiffa. eu. àjaireeoce eu à plus forte cabale.
Ensuite qu'esi-cu que ce mot de ttmliatu appli* que à une entreprise aérievMj à l'une des coôâu* Daisom lee pins graves anxqneUes m toit âcrée éê
DM yMTê Ift s^&cedetr hommes d'état? Les cottlissesl Eh! mon Dieu, les choses en sont-elles venues à ce point que la politique ne soit plus qu'un jeu ^ ua frivole imbroglio? Nos orateurs, nos journalistes sont^ls des comédiens? La tribune où Ton s'arrache le pouvoir est-elle donc un théâtre pour avoir des coulisses?
Prenez-y garde! vous allez trop loin! on peut critiquer les abus, on peut s'indigner des vices de son siède, mais il faut observer certaine réserve^ certains ménagemens, et à mon avis vous ne les ay«c pas gardés.
Oui, mon ami, inquiet de la voie dans laquelle YOQS entrez, je veux user du privilège d'une ancienne amitié, pour vous en signaler tous les écueils. le suis au désespoir de détruire vos illusions ; mais, franchement, votre pièce n'estpas jouable.
J'espère vous en convaincre. J'examinerai d'abord le sujet, l'époque que vous avez choisie, les caractères que vous mettez en scène , toutes choses qui fourmillent d'allusions dangereuses. Je suivrai ensuite votre intrigue dans ses principales péripéties, ef je mettrai en relief une foule d'exagérations et d'invraisemblances choquantes. Je prouverai enfin que le succès, s'il était possible, serait d'un effet moral désastreux, qu'il exercerait la plus déplorable influence sur l'opinion.
la comédie de Bertrand tt Raton avait appris au public par quels secrets ressorts un homme arrive
au pouvoir; vous avez voulu, selon toute apparence.
faire le pendant de cette comédie et montrer par quels mandes on n'y arrive pas. Bertrand ne se donne point de mouvement, il ne trahit personne, il laisse les antres s'agiter, il attend la fortune et ne court point après elle. Votre héros de coalition, au contraire, trahit amis et ennemis, se donne beaucoup de mal et n'arrive à rien.
Le sujet est franc, hardi, il est de tout les temps. C'est une leçon donnée par un homme d'esprit à tous les hommes d'esprit ou non qui, par iosoaciance ou par témérité, affronteront désormais une semblable situation. Vous voyez que je suis impartial; je ne m'effarouche pas dès le début; dans sa généralité, j'admets l'idée première, la thèse que vous vous proposez de développer.
Voyons maintenant le lieu de ta scène et les personnages. Vous transportez le spectateur en Ângleierre, mais à quelle époque? AInrs que Goillauiiie 111 , après avoir rétabli l'ordre et fondé les bases d'une nouvelle monarchie, vit se réunir contre ses ministres toutes les ambitions, toutes les nuances des partis opposés. Vous avez découvert dans cette époque célèbre, qui d'ailleurs présente tant d'analogies avec la n6tre, une coalition qui fraochement n'est bien connue que de vous seul et dans laquelle tout le monde reconnaîtra un fiait beaucoup plus récent. Vos personnages ont beau porter des noms anglais, ils ne contribueront pas peu à faire naître celte allusion.
Votre lord Somers qui, dépouillé de ses biens;
séparé de sa famille dans la tempête où disparut la royauté^ a reconquis par son seul mérite la position, le rang de ses ancêtres et qui, après une lutte courageuse, succombe noblement, écrasé, mais non vaincu par toutes les forces de la coalition, on ne peut pas s'y méprendre, c'est une physionomie connue de tout le monde^ que tout le monde respecte; mais vous la respectez aussi, et sur ce point il n'y a pas de reproche à vous faire.
De même, ce docteur Burnett^ esprit dogmatique, plein de foi dans sa doctrine et surtout en luimême, dont l'ambition tient à un sentiment profond de sa force et de sa supériorité; qui, lorsqu'il est au pouvoir, s'y cramponne avec énergie, et lorsqu'il n'y est plus renverse tout pour y monter, au grand jour, sans hésitation, sans un regret, et parce qu'il est convaincu que dans ses mains seules repose le salut de l'État! croyez-vous qu'on ne le reconnaisse pas ?
Et votre Edouard Seymour, journaliste, historien, enfant du peuple et de ses œuvres, chef de l'opposition, après avoir été chef du Cabinet; esprit aimable, aussi séduisant par sa hardiesse que par son insouciance, et plutôt ambitieux par caprice que par tempérament ; comment ne pas le reconnaître? Vous l'avez pris dans un moment d'effervescence et d'agitation, autre analogie avec ^ cette époque célèbre de notre histoire contemporaine, où le Seymour français a joué un rôle important,
.:ve
iH'