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Votre maréchal Schomberg^ vieux goerriw qui emploie les derniers jours de sa vie à fonder le règne de la paix et dont la gloire impose à tous les partis; votre Montagne , poète illustre et grand orateur; ce Paul Foley puritain campagnard , jurisconsulte habile et vertueux incommode ; ce jeune alderman , homme de conscience > qni re^ présente dans les communes un comté renommé par ses pâturages et qui , dans une question de ta* rifs, répond au ministre qui l'adjure de se rendre au témoignage de la raison : c Mais je ne peux pas ! je suis bestiaux !.. . «Tous ces personnages et tant d'autres que je dois renoncer à esquisser, il semble que vous les ayez pris sous nos yeux ! Ce sont des ^visages connus, dont vous avez saisi tous les tf^aits, toutes les habitudes et dont vous n'avez changé que les noms !
Je sais bien que vous conservez à chaque caractère sa noblesse^ sa dignité. Ce n'est pas aux hommes que vous faites la guerre après tout, ci^est aux faiblesses de l'époque , à ses vices.
N'importe, la témérité n'en est pas moins grande! Que d'ennemis vous allez vous faire , et dans quel but? Le plaisir de mettre en révolution tout le monde politique -vaut-il ce repos qui vous est si cher et que vous allez troubler? Il me semble qu'à votre place cette première considération suffirait pour m'arrêter.
Mais suivons votre intrigue.
Au premier acte, la scène se passe dans ub petit
heiUff BMBafachirier; k eoalitioii triomphe^ 1« parleiEeut est dissous; les élections génénleB agiotent toute rAngletcore. Lep premières scènes for* meut un tableau animé de tous les caquetages, de tout^ les perfidies, de tous les petits marchés équivoques auxquels donnent lien ces sortes de soleoQâtéa populaires. La coalition de tous les partis y ajoute un attrait piquant; tories et whigs, jacobites et presbytériens « âmes dévotes et esprits forts se donnent la main. On appuie la candidature de gêna qu'on méprise ; on recommande par des lettres pressantes ses plus acharnés persécuteurs ! Un motjustifie tout, décide de tout, ouvre et ferme à volonté toutes les consciences, c'est le fameux SézAHB, omrEE-TOiI du conte d'Ali-Boia^ ou tes Quafxmk YoUiirs/
J'aime surtout ces deux entrepreneurs d'élec^ tiens, qui, disposant chacun de la moitié des voix de ce petit bourg, qui n est pas pourri, portent naturellement le candidat de Tendroit. Il s'apprêtent à mystifier son rival, candidat de la coalition, espèce de banquier que l'on attend de Londres. Son arrivée, l'accueil qu'il reçoit , tout cela est gai, parce qu'on le croit dupe, tandis qu'il va duper ses mystificateurs. Mais là, mon cher ami, permette^moi de vous dire que vous êtes allé un peu loin. Aux encouragemens qu'on lui donne, c Moi réussir, s'écrie-t-il , Dieu me garde d'avoir une pareille pensée I je suis tellement sûr du contraire, que je parie 500 livres sterling contre 50 que je ne
aérai pas nommé I > Les meneurs qui dispo^nt des Toix nécessaires, restent stupéfaits. 500 livres! en tenant le pari, il dépend d'eux de les gagner ; il« échangent un regard, le marché est conclu, et-à la fin de racte> parieur déconfit mais candidat triomphant, le nouveau député des communes est enlevé y porté dans les bras an son des cornemuses et des faouras de la foule. Cette chute de rideau est d'un efiet certain , mais permettez-moi de le dire> c'est peu vraisemblable. Je sais bien qu'il s'agit d'un pari et que nous sommes en Angleterre ; mais tout le monde pensera à la France , votre publie An tonte chose voudra voir des allusions; et croyez-vous qu'en France, dans quelque collège électoral que ce soit, au Nord, an Midi, à Draguignan, à Brives-la- Gaillarde où à Saint-Qnentin, un pareil fait ait pu jamais avoir lieu. Non^ mon ami; consultez les hommes graves, les députés, ils vous diront que c'est une înfâmecalomnie, que jamais on pareil traité ne serait toléréila Chambre; ils tous renverront à la commission d'enquête, et trop heureux si tous n'êtes pas assigné à l'effet de rendre compte de cette criminelle insinuation ! C'est donc une scène charmante que je r^rette, que dis-je, un acte entier qu'il faut rayer de votre ouvrage f
Au début do second acte , il y a quelques détails qui manquent de vraisemblance. Vous avez un député qui passe son temps i Londres à courir chez les marchands de comestibles, chez la couturière
ie la cbdr pour faire les commissions de ses commettans et de ses commettantes. Ces détails sont de mauvais goût. Où avez vous pris qu'un membre du Parlement, dont les précieux instans sont consacrés aux affaires publiques, puisse s'abaisser à de pareilles complaisances ? Fi donc ! il n'y a pas un de nos honorables qui, dans sa stalle d'orchestre, ne levât les épaules de pitié.
Ce n*est pas tout ; ce même député, si humble envers ses électeurs, si affairé chez les marchandes de modes, vient voir un ministre , près de qui il sollicite une grâce. On s'attend à ce qu'il s'exprime avec une certaine déférence, que semble nécessiter doublement la démarche qu'il fait et la qualité de la personne à qui il s^adresse. Pas du tout ! c'est un ton tranchant. « Milord, s'écrie-t-il, je vous ai demandé trois fois la place de bibliothécaire de Saint-John's collège pour le filleul d'un cousin de la gouvernante d'un de mes électeurs. Si je n'ai pas la nomination ce soir, je ne vous vois plus. » Enfin, c'est le député qui protège et le ministre qui est protégé! Et votre ministre cède à de pareil-les injonctions ! Il signe ! Dans quel monde cette fois avez- vous pris vos modèles? Quel est l'homme d'État qui oublierait à ce point sa propre diguité? Quel est le député qui pourrait ainsi fouler aux pieds toute convenance? Si de pareils abus étaient réels, le régime parlementaire, ce serait donc Tanarchie, le monde renversé?
Mais je me bâte de quitter ces détaibi et j'aborde le fond du sujet.
I^ électioos ont été favorables à la coalition. Lord Somers a quitté le pouvoir, whigs et torfa battent des mains. On se félicite , on jure de rester éternellement unis; et déjà cependant dtts groupes se forment; la division va s'introduira dans le camp d'Agramant.
Un monologue de Seymour met le public dana la confidence de ses projets.
La fortune de Seymour a été rapide > mais le bonbeur que tout le monde lui envie est devenu pour lui un embarras. Seymour a été trop tôt président du Conseil, et il ne peut pins oceupor désormais dans un Cabinet que la première place.
Or, il a dans ses alliés deus rivaux : la dootmi: Burnett, quioe reconnaîtra jamais dans Seymour un supérieur, etlevienx maréobal Sohombei^, qui doit naturellement présider toute combinaison ministérielle dont il consent k faire partie. U faut donc écarter, l'un après l'autre, le dooteor Burnett et le maréchal Schombei^; mais sans bruit, aassédat, par des ressorts ,serarets et sans paraître même le désirer; car une fois ces deux obstacles renversés, touta'est pas fini. Seymoor,dief de l'opposition, ne poasède la majorité que grâce i l'appui d'uo petit groupe de puritains, qui s'éloigneraient de lui comme du mauvais ange, s'il trahissait dans aa oonduito la moindre perfidie, le plus petit intérêt peiscmBel, la plus innocente ambition.
Voiiâ avez peint avec un rare bonheur le rôle 4e Tavocat Foley qui représente auprès de Seymour la jfracUon des puritains. Foley^ nature apathique et réservée, ne demande rien pour personne^ pas mém^ pour lui; cette vertu n'est peut-être au fond qae nonchalance^ mais Thabitude en est prise depuis si longtemps qu'on lui en tient compte comme d'un système. Sa bonne foi^ son aveuglement, ses méprises continuelles/ tout cela est très gai, mais là justement est le danger.
Vous avez rendu comique un caractère que le public croit sérieux. Jugez^vous le public si bon prince, qu'il aille de gaité de cœur quitter sa manière de voir pour la vôtre? Non, non, quelque incommode que soit la vertu, le public veut qu'on l'honore, et qu'on lui conserve sa gravité, fût-elle unie à beaucoup d'ennui.
Votre personnage de Foley, une fois en scène, choquera donc à tout instant ; mais celui de Seymour I ce sera bien pis. Ces contre-vérités, ces ingénieuses réticences , tous ces manèges adroits, cachés sous les dehors de la bonhomie, tout cela va scandaliser une foule d'honnêtes gens. Non pas que le public se fasse illusion sur les défauts, les faiblesses de tous les Seymour passés, présens et fu* turs; mais que voulez-vous? il les aime ainsi! Comme ces grandes dames d'une humeur facile, le public, en politique et en amour, ,aime les charmans scélérats I
Ah ! de grâce ! un peu de savoir-vivre ! laissez
aux grandes dames leurs £iîblâsses et ne vemei pas en jaloux brutal , eu gardien sévère d'nne équivoque vertu, critiquer ses caprices et troubler sei plaisirs.
Je poursuis. SeycDOur prend devant les whigs et les puritains indécis le parti du docteur Burnett^ et démontre avec tant de chaleur la nécessité de lui réserver dans le Cabinet un emploi considérable , qu'ils décident tous par acclamation de ne lui laisser occuper que le plus petit.
Seymour feint le désespoir et se dévoue à porter lui-même cette terrible nouvelle au docteur Burnett. Il connaît la simplicité des puritains; s'il coafiait à l'avocat Foley cette mission délicate, celui-ci pourrait faiblir, et pour conserver à la sainte ligne du bien public sa toudiante unanimité , faire d'imprudentes concessions.
Seymour se rend donc an logis modeste du docteur. Ici vous ménagez un effet assez piquant. Tandis que whigs et puritains prenaient la résolution de n'accorder à Barnett qu'un petit portefeuille, ses amis les tories exigeaient de lui le serment de n'accepter qu'un des p]us groa.
La scène des deux rivaox est donc bien posée ; et l'intérêt du puUic, s'il pouvait s'intéresser A de pareilles choses, serait fatibilement ménagé.
Pour la, première ibis vous mettez en présence > seuls, sans témoins, deux hommes qui ont été ministres enseinble; qui ont été de l'oppositioa en-
semble ; qui se sont tus par conséquent dans leurs bons et dans leurs mauvais jours. L'un a son plan tout fait; il est habile^ insinuant; l'autre n'est pas moins babile et^ déplus^ il est ardent, fier et résolu.
Que vont-ils se dire? qui des deux l'emportera? Ily a là certainement de quoi piquer la curiosité. Mais c'est justement ce qui doit vous perdre. Vous faites travailler à l'avance l'esprit du public; vous excitez son génie d'invention, et c'est pour représenter sous ses yeux tout le contraire de ce qu'il aura rêvé ; vous ne tenez aucun compte de ses convictions , vous renversez toutes ses idées I
Le public peut-il admettre que Seymour^chef de l'opposition , ait jamais parlé de l'opposition avec ce dédain , ce mépris? « Vous connaissez les wbigs, dit-il à Burnett, vous savez leurs préjugés, leur présomption, leur entêtement I C'est une race incorrigible ! Nous ravons longtemps combattue ensemble! que voulez vous? Votre entrée dans le conseil les inquiète , les épouvante ! »
Je sais bien qull y a une certaine adresse dans ce début. Du môme coup, Seymour flatte l'orgueil de Burnett, en lui disant qu'on le redoute, et son aversion pour les whîgs , cette race incorrigible ! mais c'est au prix d'une contradiction intolérable. Car enfin, de deux choses l'une: ou Seymour partage ropimon des vrhigs, ou il ne la partage pas. S'il pense comme eux , pourquoi en parle-t-il avec tant
d« mépris? a'U les merise, j[>oQrqUoi mftt*cli«r avec eux? Pourquoi se mettre k leur fét»9
Voilà ce que devrait ohserver le docteur, st cha- CUQ restait dans sou caractère. Au Heu de oe langage simple , grave , vous mettez dans sa bouche je ne sais quel persiCflage. H parle de résigoatioa > de sacrifice à l'intérêt de tous, comme de la première règle de conduite que doivent s'imposer les membres d'une coalition.
— L'opposition se défie de moi? eh bien [je dois me soumettre , me résigner !
— Qu'ai-je entendu! s'écrie Seymour plein de joie.
— On instant I continue Bumett, entre égaux les positions doivent être égales. Je n'entrerai pas dans le Cabinet, mais vous n'en ferez pas partie non plus ?
Nouvelle surprise, nouveau saisissement ; mais cette fois, c'est de |dépit. Seymour sent qu'il est joué.
Vous aimez ces retours soudains qui animent une scène, qui la font changer de face, mais il ne faut pas que l'effet soit acheté au prix de la vraisemblance. Et quelle vraisemblance 'qu'un savant professeur, le docteur Burnett, un homme grave se donne le plaisir malin de jouer le plus adroit de ses rivaux ! ei qu'il ait riiupertfnence de réussir encore I Non ! croyo^moi ; ceci ne serait pas toléré.
Mais ce n'est pas lont, le voile est tombé; les deux hommes d'Etat qui s'observRimt jusque là, qui
MOH^teMittllt^ dOfUnent à lèitrt plùd fleôTètôd pbn^ Êém et à leurs passiona un libre cours.
Autre 'invraisemblance! Comqlênt le publié creira**t-il «{u^il existe une situation quelconque où deux hommes politiques se parlent arec fran-^ ohiae^ftt'ilt se menacent? qu'ils se bravent? que Ton d'eux dise textuellement à Tautre :
t Songez^y , il y va de la guerre, d'une guerre •terrible î Car entre nous> c'est encore la querelle ades Têtes rondes et des Cavaliers! Seulement, on né •fait plus tomber les tètes I mais on s'arrache les •portefeuilles ! »
Non 9 mon ami , ces mouvemens du cœur peu^ lent àtre vrais , il est possible que, dans une cir* constance exceptionnelle^les choses se soient passées ainsi y mais jamais le parterre ne l'admettra. Ainsi voilà encore une scène , une des plus importantes de l'ouvrage, à la quelle il faut renoncer.
Seymour s'éloigne enfin un peu ému, mais après tout , au comble de ses vœux. En effet il est débarrassé du premier obstacle qu'il redoutait. Il ne s'est pas compromis; les puri'^ains, toujours aveugles^ n'ont pas le plus petit reproche à lui faire^
Je lusse de côté les incidens, les aventures ro-* manesquea et les physionomies gracieuses de ces deux soeurs, Anna et Mary Reynolds^ dont Tune jeune fille timide^ craintive, se complait dons la retraite et les devoirs du ménage, et par amour^pour^sauver son amant, se hasardant au mit lieu 4'ttn ^complet ^ devient plua habile^ plus in^
trépide qae les vieux con^piratsws ; UuaMs qoe m sœur si brillante, si résolve^ si fière de sa hacdiesse quand le danger était loin, treiqUe^ s'éranoait au moindre bruit et risque dans son trouble de tout compromettre.
Cecontraste^qui est bien m^nagé^ jette onç agréf ble variété dans votre ouvrage, et l'aventttre dans laquelle il se développe est habilement rattachée à votre intrigue principale. Gecon^otqui se noue dans l'ombre pendant l'interrègne ministérieV, cet esprit de révolte qui naît, fermente, éclata dans les rues, inspiré, protégé par l'anarchie des pouvoirs publics et l'usurpation du parlement, tout cela est habilement encadré dans votre 6ujet,et voue en tirez un grand parti an dénouement.
Mais nous arrivons au quatrième acte, an plus dangereux, à l'acte impossible^ bien qu'il soit l'œuvre d'un homme de courage et de talent,
Seymour à donc triomphé dp premier obstacle. Le docteur Burnett s'est retiré ; une nouvelle eombinaistm ministérielle a été formée, dont le maréchal Schombei^ est président, là est le second obstacle que doit renverser Seymour, bien décidé à ne se cimteoter que d'une combinaison où il occupera ta présidence. Quel moyen vM-ïl employer? Quel secret ressort fera-t-il jouer? U semble que tout soit fini; le ministère est composé, ses membres sont d'accord. Les voilà devant Guillaume lU, à qui le maréchal Schomfoerg, comme président, va exposer le progcamma du nouveau cabinet.
Le langage du vieux guerrier est franc et noble. II croit sincèrement que tous les différends sont aplanis ; il félicite la royauté, le parlement, et ses collègues, de ce que TÉtat est enfin sorti dé la crise pénible ou s^agitaient toutes les ambitions, et pour montrer au Roi quel accord admirable va désormais présider aux délibérations du conseil, il passe en revue les points importans de la politique extérieure et intérieure.
L'interruption respectueuse de Seymour au sujet des difficultés soulevées par l'affront fait à sir Stanhope, ^ambassadeur anglais à Madrid, est un coup dé maître. Il semblerappeler négligemment au mare-» chai un fait convenu et qui échappe à sa mémoire; et ce fait, le seul qui n'ait pas été débattu entre les nouveaux ministres, est précisément celui sur lequel tout le monde diffère de sentiment. Aussi soulèvet-il une discussion à laquelle tout le monde prend part, qui s'anime, qui s'échauffe, qui va dégénérer en dispute, quand Guillaume III lève la séance et la renvoie au lendemain, en exprimant Tespoir que d'ici-là ses nouveaux ministres se seront mieux entendus.
Je le répète, mon cher ami, cette scène vous fait honneur, qu'elle soit de votre invention ou que rhistoire vous l'ait fournie, qu'elle ait eu 'lieu en Angleterre ou ailleurs. Mais j^admire votre illusion !
IBh quoi î Yous avez l'audace de mettre en scène un roi constitutionnel, et vous en feites un homme
nisonnable, sipiple, çimant sop pays, et chez qui le^ vicissitufles de la ■yifs et la pratique sérieuse de tous les devoir pot développé une intelligence supériieure! Et vous CKjyez que les comédiens laisseront passer cela ! Mais la censure elle-même ne le souffrjrait pas ! Ko|i, mon ami I les censeur^ draqi^liques, dont vous connaissez mïmi(. qne personne h perspicacité, les cepsenrs, voyant qu^ vous pe sacrifiez pas aux préjugés de la fouje, vont s'effrayer.
« Un auteur , diropt-ils, qui fait l'éloge d'un tfii I C'est suspect , il y là-dessous quelque piéaQ çaphé;oubien, c'est qn homme qui ne connaît pas son époque et qui va risquer le salut de la monarchie ! Biffons, biffops au plus tôt ! » yoilà ce que l^s censeurs se diront.
Ah I si votre Guillaume III eut été quelqif{S bon compère de comédie, facjle k troQiper , quelqu'Orgon , quelque Chrysalde se laissant mener par ses ministres, quand eux-mêmes ne savent pasoùil^ vont; si yûus avfqz présenté «^la ayec esprit, avec bon toD> observant certaines cq^venançes^ fq^is «le manière à faire rire de la royauté , les ceqseqr^ auraient ri et approuvé. Maiç qu'up pareil perspnnage est loin de ce|ui que vous avez t^acé i Votre toi Guillaume n'egt (lup,e de rien ! Il a pénétré toutes lesruseSftouslesmanégesl Et en voyanttant d'hommes de talent oublier les affaires publiques pour ne s'occuper que des intérêts de leur vanité , de leur fqrtuqe, de l«ur ambitipn , le noble orgueil
^ft sa race se réveille, et à travers la réserve qu'il ^ vitàpose, on voit son ame, saisie de tristesse, *^oUer entre l'indignation et la pitié.
Kon t non ! encore une fois, cet acte tout entier esi impossible.
^ous voici à la fin, nous touchons au dénoùmeni qui est original, j^en conviens ; pourquoi reposet-il sur une inconvenance tellement révoltante qu'elle sdffirait à elle seule pour compromettre le sort de l'ouvrage.
Jusqu'à présent, Seymour a vu toutes choses
iui réussir. Le docteur Burnett et ses tories sont &
i'écart. Le vieux maréchal, indigné après la scène
^a conseil , a résigné ses pouvoirs. Seymour ne
^rskijxt plus de rivaux ; il a la majorité, grâce à ses
^^iligs et au petit groupe de puritains toujours
^v^eiigleâ, n'intriguant pas, mais intrigués de voir
ÎQ^^fiiu sein de cette colaition, qui devait commencer
'ïï^i^ô ère universelle, la confusion surgit de toutes
P^ï-ts.
•e quoi s'agît-il en ce moment? D'ouvrir les X de Foley ! Et quel moyen employez vous ? Le P* ^^s burlesque, le plus trivial ! Un maître d'hôtel ! ^^^ dis-je? Cn cuisinier ! C'est un cuisinier qui ^^^*Xiie une leçon de politique à un membre du T^^^^^lement, qui lui révèle qu'en temps de coalition, . ^ t>ouvoir, que personne ne peut saisir, qui brûle ^^^tes les mains , c'est une poêle sans queue. Les ^içnets sont à point , il s'agit de les retirer... .18 le feu brûle toujours.., La|)oële n'a point de
qaeaet.. Et la firiaDdiae s'envole en vapennaiféti»santes, au nez même des dîneurs affamés I
Voilà comment votre cuisinier Pattersoo définit le pouvoir ! Une poêle sans queue t Vous me direz que c'est un cuisinier d'ambassade, habitné à manier les plus hauts sujets diplomatiques. Hais l'avocat Foley est un personnage important 1 II n'admettra jamais qu'il puisse recevoir une idée de personnel.... Et l'idée de la poète saïufiMW.fûtelle vraie , c'était à lui à la découvjir. Oui, quelque peu versé qu'il soit dans la science culinaire , par un effort de génie, d'inspiration, ce mot ! il devait l'inventer ; son caractère était conservé au moins , et l'honneur était sauf ! .. .
Quoi qu'il en soit, si votre.puritain n'a pas trouvé l'idée, il en tire parti. <> Oui, se dit-il, il y a un tison d'enfer qui met tout en éhuUîtion, qui rend le pouvoir insaissable et qui prétend à lui seul le dévorer!.. Mais je le découvrirai, etjeréteindrai.i C'est dans ces dispositions qu'il arrive chez Seymour, au moment où, pour relever les esprits abattus par la retraite du maréchal Schomberg, votre héros fait appel à tous les courages, à tous les dévoûmens ; où il invite ses amis, que tout le monde abandonne , à ne pas désespérer de la situation, où il s'offre pour en supporter la plus lourde responsabilité, b' écriant avec une sorte de fierté, lui qui a été déjà président du Conseil : ■ Messieurs ! je croîs que de nous tous je suis celui qui risque le plus. » A c« mots Foley comprend tout. « 11 y
a des iwteiies mûdestes^ dit-il, qui ont plus de
prudence! Quint à moi, je ne veux rien risquer; je Mxte retire. »
Qui est atterré? C'est SeymourI ..Tous le&puritains, ^ «ffet suivent Tavocat JPoley; les whigs, insuffisans P^iir formOT la majorité, se retirent aussi; et Sey- ^oiix reste seul, seul en face de Témeute qui gron* ^M.t depuis quelques instans, qui éclate et met Lon- ^^S3 en feu. On rappelé le maréchal, et au bruit ^^ lu fusillade, Seymour , qui a retardé durant un j^'^ois entier la formation du cabinet, pour en être ^ ^lief , le voit s'établir en un instant et tout le
^^de y entrer excepté lui.
i^^oilà votre œuvre ! Je vous en ai montré tous
dangers. Maintenant, je suppose un succès!...
\^U.el en serait le résultat? Quel a été votre dessein?
et quel effet moral espérez-vous produire sur
Topinion?
Vous chercheriez en vain à vous faire illusion ou à tromper le public.
€6 n'est pas T Angleterre que vous avez peinte, c'est la France. Et la coalition que vous mettez en scène, ce n'est pas une coalition de fantaisie, ce n'est pas celle d'aujourd'hui, ni celle de demain, c'est celle d'hier, je veux dire ceUe de A 839 f Tous ces ministères morts-nés , cet interrègne d'un mois dans les plus hautes fonctions de rÉtat , ces vacances du pouvoir pendant lesquelles le» partis extrêmes, comme des écoliers en liberté, jouent à Témeute dans les rues ! ne sont-ce^'pas
deâ éVénéihéils réels que notis avons Tàs de iids yens?
Et qui vous dit que fous les autres détails , friiit de toti-e imagination, que vous croyez avoir crées, iië soient pas de l'histoire?
Est-ce à dessein que Vous êd renouvelez si tôt le spectacle devant nous? Esi-ce un enseignement terrible que vous kyéi résolu d'oiïrir, non aiix bàbiles, mais aux cœurs simples, aux dupes dé toiis les temps et de tons les pays?
Abl inott aîni, désabusèz-vous ! là cécité politique est la seule maladie dont on ne guérit jamais.
La {oi dans le régime parlementaire est la seule qui nous reste.' tïistoire, philosopliie, religion, le sceptiscismé a tont flétri ! on ne croit plus à Tamitié, plus à la vertu; oïl croit encore au parlementaire; découverte moderne, plus étonnante que la vapeur, et qui, au dire de ceux qui l'exploitent, doit produire dans le liionde plus de prodiges et plus de bienfaits !
Les inventeurs se sont dit : Puisqu'il est bon que le peuple ait des représeiitaos qiti parlent, jplus iî^ parleront, mieux cela vaudra. Arrangeons donc les choses pour qu'ils parlent toujours et partout f ils parleront dans les commissions, ils parleront à Ja tribune, ils parleront chez les ministres, ils parleront chez le Boi, malgré le boi, contre le Roi; its seront Rois.
Tel est au fond l'idéal parlementaire; telle est la doctriu e qui doit un jour sauver l'État. Le parlé-
mentaire a la prétention de tout redresser : erreurs diplomatiques^ embarras financiers^ confusion des lois, tyrannie, vénalité des offices , il pourvoit à tout, se mêle de tout. Vous me direz que c'est pour tout embrouiller; que, par lui, les négociations deviennent impossibles, qu'il multiplie les emprunts et les lois, qu'il rend la tyrannie inévitable par ses divisions, qu'il corrompt, qu'il se fait corrompre I Tout cela est vrai, mais le public ne le croit pas. Le public vit encore dans cette béate illusion que les collèges électoraux sont infaillibles dans leurs opérations, semblables à ces pierres de touche qui n'ont aucune valeur par elles-mêmes, mais qui servent à reconnaître les métaux précieux.
Lisez les journaux ! Dans la réalitéji le parlement taire est aq représentatif ce que la poudre fulminante est à la poudre à canon, un agent de destruction beaucoup plus énergique, mais d'un usage Impossible parce qu'il n'y a pas moyen de s'en rendre maître. Rien que d'y toucher, le parlementaire prend feq, et fait sauter amis et ennemis.
Çt c'est une pareille croyance que vous voulez ébranler , critique impitoyable ! Vous voulez détruire jusqu'à notre dernière illusion. Vous portez les mains sur notre idole; vous brisez le veau d'or! Imprudent ! Vous ne réussirez qu'à ameuter contre vous ses adorateurs , race d'autant plus impitoyable que vous aurez dévoilé ses faiblesses , ses intrigues , ses 'ridicules. Car , vous n'en épar-
gnez aucun. Sembable au grand maître qui poursuivait les Purgon, dans leurs discours et les Fleurant dans leurs actes secrets ; vous ridiculises impitoyablement l'opposition qui parle beaucoup et l'opposition qui ne parle pas, mais qui agit mystérieusement.
Croyez-moi, renoncez à votre dessein, laisseznous nos illusions , nos erreurs ! Respectes notre idole I Brâlez votre manuscrit !
Mais comment vous convaincre? Comment vous déterminer au sacrifice de ce qu'un poète a de plus cher, son dernier chef'd'œnvrel^Autant vaudrait demander à un amoureux de vingt ans, d'oublier sa maîtresse, à un orateur de renoncer à son discours écrit I Non, vous ne renoncerez pas à votre comédie, on la répète déjà peut-être et dans quelques jours les passans terrifiés liront sur l'affiche : LES CouussBS d'une Coàutioit.
Ainsi la prudence humaine est dédaignée des plus sages, et les conseils même d'une ami sont importuns. Je me h&te donc deles abréger, car je crainilrais de vous faire payer par un instant d'ennui lo plaisir que vous m'avez causé et je ne veux pas répondre à votre comédie par un sermon.
DIZlilMB IiBTTBB.